‹ Les sociétés primitives de l'Afrique équatorialeChapitre 81 sur 122 · Pomos · texte numérisé non relu

Pomos

23o LA SOCIÉTÉ

bûche en ignition. Des administrateurs, animés d'un louable souci d'améliorer le sort de leurs sujets, ont essayé de leur faire adopter des demeures spacieuses. Lorsqu'ils ont pu l'obtenir par obéissance, on a vu les heureux propriétaires soit déserter leurs demeures somptueuses et continuer d'habiter leurs huttes basses et enfumées, soit construire à l'intérieur de leurs palais des réduits minuscules, qui les ramenaient à leurs coutumes natives. Ce petit exemple démontrerait une fois de plus, s'il était nécessaire, que tout se tient dans le progrès et qu'un perfectionnement dans les mœurs n'est possible qu'avec le concours d'une multitude d'autres perfectionnements de détail, qui, pour accessoires qu'ils paraissent, n'en sont pas moins indispensables. L'habitation humaine se montre, une fois encore, moulée sur son occupant, sur ses mœurs, son caractère, ses aptitudes physiques et intellectuelles. Si les indigènes de la côte ont adopté un mode d'architecture plus approché du nôtre, c'est qu'ils ont, du même coup, européanisé tout leur genre de vie, costume, literie, mobilier, alimentation.

2) Q/iarpente . — Les poteaux, colonnes et sablières sont formés des troncs de très jeunes arbres ou de branches bien droites. Leur diamètre n'excède guère om. loàom. i5. Les pièces intermédiaires, entrant dans la confection des murs et cloisons, sont des branchages quelconques ou des rachis de feuilles de palmier. Les moulants sont choisis fourchus ou sont

entaillés à leur extrémité supérieure pour recevoir les pièces horizontales, sablières, faîtières ou autres.

3) Assemblages . — Toutes les pièces de la construction sont assemblées avec des lianes. La liane, choisie de la grosseur du pouce environ et prise aussi longue que possible, est fendue en deux ou quatre dans le sens de la longueur. On la fait séjourner dans l'eau pour l'assouplir. Au moment de la mettre en usage, on la tortille en divers sens pour en libérer les fibres ; elle se transforme ainsi en une sorte de faisceau de filasse. Après dessiccation, ces ligatures sont d'une extrême résistance. — Les assemblages qui exigent moins de solidité se font avec des liens d'écorce verte, auxquels on fait subir la même opération du tortillement.

4) Toiture. — Les matériaux qui composent la toiture varient avec les contrées, et aussi la manière de les mettre en œuvre.

On a vu comment est façonné le haut chapeau pointu des cases coniques. La description très succincte que je vais donner de la structure des toits d^ cases quadrangulaircs y sera aisément applicable.

La charpente est constituée par une faîtière reposant sur l'extrémité de poteaux verticaux placés aux pignons et de distance en distance sur l'axe médian de l'édifice. La toiture à deux pentes repose en son milieu sur cette faîtière et, de part et d'autre, sur deux

sablières portées par des poteaux verticaux compris dans l'épaisseur des murs extérieurs. La faîtière est habituellement formée par des rachis de feuilles de palmier, dont certaines peuplades respectent même la courbure, ce qui donne à leurs toits une forme de carène de bateau renversée Point de tirant jeté d'une sablière à l'autre. L'écartem.ent des murailles et l'écrasement de l'édifice ne sont évités que par la solide implantation des poteaux en terre. La toiture est d'ailleurs composée de matériaux légers et inclinée de 4o u 45 degrés sur l'horizontale. De plus, les grands poteaux qui supportent la faîtière reçoivent du même coup la majeure partie du poids des chevrons et de la couverture.

Les chevrons, faits en rachis de feuilles de palmier, reposent sur la sablière, d'une part, et sur la faîtière, de l'autre. La structure fibreuse de la fronde du palmier permet de la replier à cheval sur la faîtière. La partie repliée est liée tant avec la faîtière qu'avec le chevron correspondant du côté opposé. Vers son extrémité inférieure, le chevron est fortement attaché à la sablière, qu'il déborde de o m. 4o, o m. 5o ou davantage. Des baguettes légères sont fixées en travers des chevrons en manière de lattes. — C'est sur cette carcasse que repose la couverture, composée soit de feuilles, soit de paille : feuilles dans les pays de forets; paille, dans les pays de plaines herbeuses.

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