‹ Les sociétés primitives de l'Afrique équatorialeChapitre 9 sur 122 · LE MILIEU · texte numérisé non relu

LE MILIEU

La structure orographique du continent africain est maintenant bien connue dans ses grandes lignes. Les massifs montagneux y sont rares. Ils se préscn-

lent en îlots disséminés et ne forment pas. comme en Europe et en Asie, de longues arêtes continues ou ramifiées.

L'Afrique se compose de vastes plateaux superposés les uns aux autres. Chaque plateau, creusé en cuvette peu profonde, présente un faible rebord à sa périphérie. Le passage d'un plateau au plateau immédiatement inférieur se fait assez brusquement par une pente fortement inclinée. C'est, si l'on veut, quand on s'avance de l'Océan vers l'intérieur, comme un gigantesque escalier, dont chaque marche aurait au-dessus de la précédente une hauteur de deux cents à trois cents mètres et une largeur variant depuis des centaines jusqu'à des milliers de kilomètres. La première marche est sous-marine et court parallèlement à la côte. La seconde forme ce ressaut désigné, selon les contrées, par les noms successifs de Monts de Cristal, Mayombé, Palabala. etc.

C'est cette particularité orographique qui a retardé si longtemps l'exploration du continent africain et y rend les voyages si difficiles et parfois si périlleux.

Or, supposons un instant que, au commencement des âges, le relief de la terre africaine ait été façonné d'un seul coup et de toutes pièces tel que je viens de le dépeindre. Remarquons, de plus, que la roche, partout très superficielle, donne au sol une imperméabilité relative. A une époque quelconque, mais très reculée, précipitons d'un ciel surchargé de nuages le torrent saisonnier des eaux pluviales. Ces eaux

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