‹ Les sociétés secrètes et la sociétéChapitre 103 sur 151 · L^EGHEG DE LA RESTAURATION MONARCHIQUE · texte numérisé non relu

L^EGHEG DE LA RESTAURATION MONARCHIQUE

rie (1). Les Zorilla, les Caslelar, les Py y Margall, représentaieui ses fractions les plus avancées; une fois maUres du pouvoir, ils déclarèrent une guerre ouverte à la religion. Mais l'Espagne n'était pas mûre pour la république, encore moins pour l'impiété déclarée. Les grands chefs des sociétés secrètes intervinrent alors et décidèrent l'établissement d'une monarchie constitutionnelle, proclamant la suprématie de l'État moderne et assurant toute facilité de propagation aux doctrines révolutionnaires. C'est là l'idée mère des sociétés secrètes, comme on l'a wu au début de cet ouvrage (liv. I, chap. I, S 1).

L'avènement du jeune Alphonse XII leur parut le meilleur moyen d'empêcher le rétablissement de l'ordre social chrétien en Espagne, en divisant les forces conservatrices du pays. Là où la Révolution ne peut avancer, elle garde au moins le terrain conquis.

Les chefs des sociétés secrètes n'ont pas été frustrés dans leur attente, car à peine le gouvernement d'Alphonse XII a-t-il été

I La logo maçonnique Fraternitad Jberia a étô installée à Séville. Lei nombrenseï personnes qui en font partie travaillaient depuis longtemps, avec toute la réserve possible, à détruire les gouvernements oppresseurs qui nous ont tyrannisés; noua •dressons nos félicii étions les plus cordiales à ces soutiens et propagateurs univertels à» la liberté, de l'égaliU et de la fraternité. Dans Cadix fonctionne publiqaeoenl la loge maçonnique à laquelle appartiennent, en majeure partie, nos nobles et Taillants marins qui ont donné le signal de riusurreclion, et qui, Joints à leurs frères de Tannée, aux baïonnettes rendues depuis longtemps intelligentes par les loges installées dans les régiments, ont accompli la glorieuse révolution. »

(I) On écrivait à la Correspondance de Genève du 3 février 1872, peu de temps «Tant la cLule de Don Âmedeo :

< Sagasia a dissous les Gortès et convoqué les électeurs: la Frane-maçonnerie s'en est irritée, car c'est Zorilla qui est le grand commandeur de TOrient espagnol. Les iQérili» spécianz de Zorilla sont d*avoir organisé la Franc-maçonnerie espagnole, ton ÎQsoamise : il a réuni plus de soixante loges sous sa direction.

c Mais, à côté de celle jeuhe Maçonnerie il y en a une vieille, qui s'intilule histo» fiqui et qui ne pardonné pas à Zorilla son avancement rapide : parti de rien, aidé dans tes éludes par la charité publique, il est sorti de la misère grâce à un mariage riche ; son charlatanisme et les frères maçons ont fait le reste. < Grâce à ces querelles de famille, personne ne peut compter sur une majorité. » ^Jd Monde maçonnique de mai 1879 nous apprend qu'après 1871 Zorilla a été évioci de la direction de la Maçonnerie espagnole. A la suite de longues dissensions enire les loges et de nombreuses démarches tentées en 4875 pour faire élire grand ■ftUre [e duc de Montpensier , en septembre 1876, les fonctions du Grand-Orient d'Espagne furent confiées à. Sagasta.

Gbs Indications des journaux maçonniques, rendues fort obscures à dessein, laissanl deviner le rèle que la Maçonnerie a joué dans les derniers événements d'E8« P«SQe. y, tome U, Document annexé G, et tome I, Document iU

assis qu'un projet de loi sur renseignement public, arrêté par la commission du congrès des députés d'Espagne, le 12 mai 1877, a attribué à l'État la direction de renseignement public et la réglementation de l'enseignement privée et lui a réservé le droit de déterminer la nature de l'enseignement de la morale qui sera donné dans les écoles. Ce projet a soulevé les protestations unanimes deTépiscopat espagnol (1). Il invoque justement contre lui les principes fondamentaux de la constitution espagnole, qui font de la religion catholique la première base de la vie nationale.

Un détail porté à notre connaissance personnelle a rendu pour nous bien claire l'action des hautes sociétés secrètes dans ces événements.

En septembre 1875, les journaux dévoués au roi don Carlos parlèrent beaucoup d'une lettre de félicitations au sujet de ses victoires, que lui avait adressée l'empereur de Russie, et ils en conclurent que ra])pui de la Russie était acquis à sa cause. M. David Urquhart nous écrivit à ce moment-là même pour nous avertir que quelque chose se tramait précisément contre don Carlos, et que la lettre du czar, bien à l'insu de ce souverain, se trouverait avoir eu pour effet de masquer la préparation de cette machination (2). Le coup d'État militaire qui porta an pouvoir Alphonse XII donna bientôt raison à M. Urquhart- C'est ainsi qu'il faut toujours distinguer la maison du cabinet et que les sociétés secrètes pénètrent jusqu'auprès des souverains par des instruments qu'ils sont loin de soupçonner.

Page 1