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X. — La Fkanc-maconnerie et l'expulsion des religieux

Le 9 mai 1880, le F.-. Courdavaux, professeur à la faculté des lettres de Douai', faisait, à la loge V Étoile du Nord de Lille, une conférence sur les livres saints qui débutait ainsi :

« Les Livres saints. Je vais traiter devant vous, mes F.'., une question que je n*oserais traiter en aucun autre lieu. Tous tant que nous sommes ici, maçons, nous sommes excommuniés ; nous sommes donc disposés à tout entendre ; devant vous je puis tout dire.

c Le sujet que je vais traiter est le fond môme de toutes les questions à Tordre du jour.

€ La distinction entre le Catholicisme et le cléricalisme est purement

OFnCIBLLE, SUBTILE POUR LES BESOINS DE LA TRIBUNE ,* maiS tci, en logC,

disons-le liautement pour la vérité, le Catholicisme et le cléricalisme ne font qu'un, et, comme conclusion, ajoutons : On ne peut être à la fois catholique et républicain; c'est impossible (2). »

Ce commentaire autorisé de la parole du dictateur Gambetta a inspiré les loges pendant toute la campagne odieuse qui, commencée par les décrets du 29 mars, a abouti à l'expulsion de tous

(t) V. ÎM Chaîne d'union, année 1878.

Cité tvec l'approbation la plus complète par La Chaîne d'union, 1880, p. 199.

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les ordres religieux et a abaissé la France au niveau de la Pmsse maçonnique.

Au moment le plus critique, le 21 août 1880, le F.*. Gazot, ministre de la justice, rendait compte ainsi de sa conduite dans une loge, l'Écho du Grand-Orient^ à Nîmes :

« Suivant une formule que vous connaissez bien, nous sommes entrés dans l'ère des difficultés ; elle n'est pas encore close. Nous avons donc des luttes à soutenir^ par exemple la magistrature à réformer dans le sens républicain, afin que celle-ci ne soit ni servile, ni factieuse. Les lois à faire respecter par tous et ce, particulièrement, par ceux qui, sons le vain prétexte de défendre îa liberté religieuse dont nous sommes les fondateurs et les apôtres, dout ils sont, comme ils ont toujours été, les pires ennemis, prétendant n'obéir qu'à une souveraineté étrangère, refusent de s'incliner devant la souveraineté du pays (1). >

Les loges s'étant ainsi prononcées, comment admettre qu'elles eussent permis un recul au ministère ! Les négociations que le dictateur Gambçtta avait autorisé M . de Freycinet à nouer avec Rome n'avaient pour objet que de reculer la condamnation par le Saint-Siège d'un gouvernement impie. Quand il s'est agi de suspendre l'expulsion des religieux, M. de Freycinet a été promptement obligé d'abandonner le ministère. On connaît les péripéties ministérielles des journées des 16, 17 et 18 septembre; elles coïncidaient précisément avec les séances du grand couvent du Grand-Orient, et le Moniteur universel du 22 septembre a révélé à ce sujet le détail suivant :

« On parlait samedi à un des maçons du couvent des négociations que M. de Freycinet avait eues avec la cour du Vatican an sujet de la déclarationWes congrégations ; c Si le président du conseil a négocié avec le Pape, répond celui-ci, M. de Freycinet sortira du ministère. • Le lendemain, ainsi que le membre de la secte l'avait afûrmé, M. de Freycinet donnait sa démission. »

La Maçonnerie a triomphé depuis lors et Garibaldi a pu donner à Gambetta des témoignages de satisfaction bien capables de consolider son prestige dans le parti.

Quant aux logej, elles ont déplus en plus accentué leur action. A Marseille, le jour de l'expulsion des capucins, le F.-. Brémond, membre du Grand-Orient, surveillait lui-même l'exécution de l'at^ tentât et s'est signalé par la brutalité de ses insultes contre un des religieux (2). A Mâcon, le 27 octobre, à la réunion du Sou des écoles, le F.-. Margue demandait des poursuites contre les membres du clergé récalcitrant (3) et le 30 Mgr Cotton, évéque de Valence, était assigné en police correctionnelle!

Il) U Chaîne d:union, 1880, p. 287.

(îl ^ ^*/r^** ^^? Marseille) du 30 octobre 1880.

[3) V. l Union républicaine de MAcoa du 28 octobre 1880.

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