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I. — La guerre universelle a l'enseignement chrétien

OBUYRE DE LA FrANG-MAÇONNERIE.

Les projets lëg^islatifs présentés aux chambres françaises par les francs-maçons Ferry^ 8ée et Paul Bert, ne sont pas une conception particulière du radicalisme français : ils sont l'accomplis* sèment graduel du programme de la Franc-maçonnerie.

L'universalité de la guerre déclarée à l'enseignement chrétien, la tactique adoptée dans tous les pays pour substituer l'État aux pères de famille dans l'éducation de la jeunesse et pour en exclure les dogmes religieux sont une des preuves les plus éclatantes de l'action de la Franc-maçonnerie. Le même programme est, en eifet, suivi point par point, avec des phases identiquement les mêmes, dans tous les pays, et partout Ton y trouve l'action des loges.

Aux États-Unis, le parti radical s'est assigné la tâche de mettre l'éducation à tous les degrés aux mains de l'État et de rendre cette éducation timec^orian, c'est-à-dire d'en exclure tout principe confessionnel, en permettant seulement aux familles de donner chez elles, à moments perdus, à titre accessoire^ l'enseignement dogmatique, qui est cependant la base de la formation morale. Cette 'dée, qui a surgi aux États-Unis il y a une quarantaine d'années, était contraire à toutes les traditions des confessions protestantes. Elle a pris naissance, en 1828, dans une société secrète formée par des révolutionnaires européens qui voulaient commencer par

490 L1L Frâng-maçonnerib en Belgique

là la déchristianisation du pays. L^Uostre docteur Brownson a révélé dans son autobiographie et les agissements, les visées de cette secte, qui était ^idemment liée avec les sectes du vieux monde (1). Depuis lors cette idée a pris une telle extension quelle est à peu près universellement appliquée. Or, cette diffusion ne peut s'expliquer que parce que les loges maçonniques, si nombreuses dans ce pays (Introduction V), la propagent par tous les moyens à leur disposition. Dans ce système, en effet, l'école devient une loge anticipée : des enfants de tous les cultes — et bientôt de tous les sexes — y sont confondus ; ces cultes si divers, si opposés, sont proclamés également bons ; — le nom de Dieu, là où il est conservé, sert uniquement de décor, chaque enfant étant libre de s'en former l'idée qu'il voudra. L'on permet encore — temporairement — aux familles de donner chez elles un enseignement religieux ; mais cette religion-là doit être affaire de sentiment privé, sans influence sur la vie sociale et publique, selon la formule du libéralisme. — La morale enseignée dans ces écoles est purement humaine dans son origine et son but ; elle n'est pas autre chose que Vidée de sociabilité se suffisant à elle-même, selon la formule développée à la L.*. Clémente Amitié par le F.*. Ferry (liv. I, chap. II, § 14).

Voilà la raison pour laquelle la Maçonnerie propage partout le même système d'écoles.

Nous avons déjà vu comment elle le poursuit systématiquement depuis le XVIII* siècle (liv. II, chap. IV), comment elle s'essaie à le réaliser en Allemagne (liv. II, chap. XII, S 3), en Espagne (liv. I, chap. IV, §3etliv. II, chap. XII, S 3), et en France (liv. Il, chap. XII, §S 6, 7, 8, 9). Il en est de même en Italie. Là, dans cette terre essentiellement catholique, les populations ne sont p;;.s mûres pour l'application législative uniforme de ce système, ma s déjà la Révolution a chassé les congrégations religieuses evselgnantes et elle multiplie dans toutes les grandes villes des écoles impies, où le nom de Dieu lui-même n'est plus prononcé. Ce aa sont là que des étapes. La Franc-maçonnerie veut aller plus loin, et, en juin 1877, l'assemblée générale du Grand-Orient italien a proposé un prix pour l'auteur « qui, dans le courant de

(1) Thê eonvert cr Uavet from my own experieAce^ 1857. V. Let Étati^Unit eom» temporainê, par Claudio Jaonet (Ploo, 1879)^ 3« édit., chap. XX» (2 4^^* cliap. XXI et XX VU, 8 tO.

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