LES LOGES ST LS PARTI LIBERAL BELGE
iEq vous adressant \ingt-cinq exemplaires de l'arrôté n* 703, veiiil* luz, je TOUS prie, dans une de tos prochaines tenues, appeler Tattentioa sérieuse des FF.', de la loge^ur les devoirs que tout maçon a contractés mers l'ordre, le jour même de son initiation à nos mystères, devoirs foriDoIés en termes généraux à l'art. 1*', § 2 de nos statuts généraux, et ^ nul franc^maçon ne peut méconnaître en aucune circonstance de sa vie
iwçmnique et profane.
€ Par mandement :
c Le Gr,'. expert faisant fonelion$ de G.^ , tecritairet
c Henri Samuel. »
Cet arrêté du Qrand-Orient était si bien conforme à la pratique des loges, qu'aucune de celles auxquelles il était adressé ne protesta. Bien plus, un franc-maçon, qui fut soupçonné d'avoir livré à la publicité ces documents, fut solennellement exclu de Tordre par la loge des Amis philanthropes (1), et ce décret d'exclusion fut solennellement ratifié par le Grand-Orient, réuni sous la présidence du F.'. Debie, le F.'. Boniface Defré remplissant les fonctions de ministère public (2).
(1) Voici le texte de ce document grotesque :
c La royale logo des Amis philanthropes déclare le F.'. Armand Tardteu cou-* pable des révélations maçonniques insérées dans la Patrie, de Bruges, dit qu'il a mérité le blAme de ses FPF.*. ; que par suite la R.*. loge ordonne que son nom, écrit sur du papier, sera brûlé entre les deux colonnes, toutes les lum.*. éteintes; qu'il n'y aura qu'une torche funèbre pour Texéculion du jugement, après quoi elle lera rompue el jetée en lieu prof.*. ; que le nom du dit Armand Tardieu sera rayé du tableau, de l'extfait du tracé, écrit en encre rouge, adressé aux loges de la cornspondanco ; dit que l'exécution du dit jugement n'aura lien qu'un mois après sa ligaiûcation. i*
(2) Depuis vingt-cinq ans ces importants documents ont été plusieurs fois dtés dans les discussions parlementaires, et leur authenticité n'a jamais été contestée. Tout rteemmeot le F.*. Jottrand, membre de la Chambre des représentants, ex-vénérable de la loge des Amis phUarUhropet, a essayé, dans une lettre adressée au Courrier ée Bnucellet, d'en atténuer la portée en prétendant qu'en 1863 et 1876 le Grand- Orient de Belgique avait reconnu aux membres de l'ordre la liberté de leurs opinions et renoDCé à choisir dans les loges des candidats aux élections. Le F.*. Jottrand n'a pu produire aucun arrêté du Qrand-Orient retirant celui de 1856 ; les discours et ordres du jour qu'il cite par extraits ne sont nullement suffisants pour abroger na texte réglementaire aussi solennel. Ils ne signifient pas autre chose que le désir des loges de no pas encourir une responsabilité publique, qui à certains moments a pQ leur paraître compromettante. Mais de pareilles manœuvres ne changent rien au food des choses ni à la réalité de raction politique exercée par la Maçonnerie. On ft pu voir dans lo cours de cet ouvrage que ces reculs apparents étaient une tactique fort en usage dans l'ordre depuis Weishaupl (11 v. I, chap. 111, { 3}. C'est à l'abri de ces masques que la Maçonnerie a propagé le panthéisme tout en prétendant respec* tsr tous les cultes, qu'elle a posé lo principe de la subordination des devoirs civils tu aorment maçonnique (L I, p. 167, liv. I, chap. 111, | 4).
M. Arnaud Nout a victorieusement répondu au F.\ Jottrand, en montrant par les
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Non-seulement la Maçonnerie prononce des peines, mais elle donne aussi des récompenses : ainsi, en 1865, le suprême conseil du rite écossais a conféré au F.*. Bara, ministre de la justice, le vingt-neuvième degré, à titre de récompense maçonnin que.
Le 24 juin 1854, lors de la fête solsticiale nationale, le P.*. Bourlard, en présence du suprême conseil de Belgique, et de centaines de francs-maçons appartenant aux diverses loges du pays, disait, aux applaudissements de tous :
« Tontes les grandes questions de principes politiques, tout ce qai a
« trait à rorganisation, à rexistence, à la vie d'un État, oh ! cela
« oui, cela nous appartient à nous en première ligne Chacun dans
c nos localités, chacun chez nous, partout où il y a un hien à faire, par* « tout où l'occasion se présente d'être utile, il faut qu'il y ait là un tt maçon ; il faut que dans toutes les administrations de charité et de bien* « (aisance, il faut que la Maçonnerie soit là qui veille, qui combatte, s'il c le faut, pour le triomphe de la vérité. »
Et après avoir formulé cette audacieuse exigence, au milieu des frénétiques applaudissements de l'assemblée, le F.*. Bourlard parlait ce langage révolutionnaire :
< Nous avons le droit et le devoir de nous occuper de la question c religieuse des couvents, de l'attaquer de front, et il faudra bien que < le pays entier finisse par en faire justice, dût-il même employer la « force pour se guérir de cette lèpre (1). »
faits et par de nombreux exemples que V arrêté du OroiAd-Orient dé Bdgiqm de £856 avait été constamment exécuté depuis lors^ et que la prôlenduo liberté d'opi* nion revendiquée par des eénaleorsou députés freacs-maçone sur des questions dé* darées mesures de guerre par les loges était absolament illusoire. Il termine m ré» ponse par cet argument décisif : c La loi du 1*' Juillet 1879 n'est-elle pas en contradiction flagrante avec les opinions émises à diverses reprises par beaucoup de ceux qui l'ont votée ? Impossible do le nier ; la discussion Ta établie sans ooolesle. Bt d'ob vient donc leur cynique palinodie ? d'où résulte ce démenti sanglant donné à eax-mèmes T — De cette influence occulte, qui exige que le franc-maçon, en entrant dans la famille maçonnique, aliène la liberté qu'il aurait eue de rester Indifférent au travail auquel rinsiitulion se livre. ^{Bien public do Gand, 30 mars 1 880. )
Les débals du couvent de 1876, tenu à roccasion de la révision de la loi scolaire (v. p. 510j, tels qu'ils ont été publiés en 1880 par le Journal de la F,\ M. •• Bdgt^ confirment pleinement les explications do M. Noul sur la tactique des logos.
(1) A la suite de ces mesures, les grandes loges d'Angleterre et d'Allemagno rompirent leurs relations osteosiblos avec les logos belges. En 1874, les loges allô» mandée, par l'organe du P.*. Bluntchli,grand maître do la gronde loge de Bayrenthi ont pris l'initiative du rétablissement des rolatious, alors précisément que le caractère révolutioanalre ol albéo dos logos belges était devenu plus accoAlué. Ls mado |o^