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LES LOOES ET LE PARTI LIBÉRAL BELGE

Le F.-. Berge, grand maître du Grand-Orient ne faisait que développer cette politique, quand il disait, le 23 août 1875| lors de son installation :

« L'organisation des forces libérales n'est possible que par la Maçon* nerie.

< Rien ne peut se faire sans elle ni contre elle. Elle sera le trait d'union de toutes nos forces disséminées ; elle sera à la fois cet asile où viendront s'apaiser les dissentiments de ceux qu'inspirent des prin* cipes communs et l'arsenal préparant les armes du combat ; elle relèvera les colonnes qui ont fléchi, stimulera le zèle de ceux qui, jugeant les choses à la surface, ont cédé à un trop prompt découragement. Mais il est essentiel quelle dirige cette CBuvre et en prenne la responsabilité. Que ceux qui l'ont méconnue viennent lui rendre hommage et que ceux qui De veulent point la servir la respectent,

« Il faut qu'on ne la juge point comme compromettante, mais comme un appui, comme une autorité tutélaire.

« Au moment actuel, déjà elle tient les rênes de ces organisations encore isolées, imparfaites, mais qui attestent sous des formes diverses le réveil de Fesprit maçonnique ; plusieurs ateliers se sont imposé de lourdes charges pour les besoins de la lutte et ont eu la consolation de constater que les soldats, nombreux et ardents, n'attendant que le signal de chefs qui ont l'honneur de marcher à leur tête, sauront joindre les témoignages d'un libéralisme sans reproche et sans indécision.

c La dignité de la Maçonnerie exige que la situation soit ainsi réglée; agir autrement, ce serait presque le suicide, et ce n'est pas quand de sourds frémissements agitent le pays, quand le fanatisme de nos ennemis menace la sécurité de la patrie, quand de toutes parts des amis, des frères viennent faire amende honorable, reprendre leurs rangs, qu'il saurait être question de déchéance. »

d'Àogloterre a également renoué bob relations peu après. On est donc en droit de rendre la FraDomaçonnerie de tons les paya solidaire de la conduite actuelle de celle do Belgique, et le F.'. Berge était parfaitement en droit deulire à la tenue du Grand- Orient, le 23 août 1875 : c Nos relations avec elles sont complètement rétablies. ha préjugés qui avaient fait rompre ces relations ont fait place à un sentiment plus juste, à une appréciation plus exacte de notre conduite. Il en résulte poux 0008 une satisfaction d'autant plus vive, que non-seulement les grandes Logea d'Allemagne nous ont absous, mais qu'elles ont reconnu la néceuiti d'entrer elles* 9imt dans la voie que nous avons prise dès i85à. Que l'on compare les paroles pionoaoées à cette époque dans notre Or.', par le F.'. Bourlard et celles dont le F/. Blontschli s'est servi à Berlin ; les argumeuts identiques des deux parts ; il a est avantage pour nous que, dès i85i, nous en reconnaissons la justesse, tandis fue %os FFP,\ d^ Allemagne ont attendu jusqu'en I87â pour les adopter. Nos bonnes relations avec l'Italie et la France existent depuis longtemps; elles conliniioat ^sas d'eiOBUents tennis, i (Cité par le Courrier de Bruxdles, 13 août !87'j].

&0d LA FrANC-MAOONKJËîRIË en ËELOrQtJÉ

Il serait trop long de relater les innombrables manœuvres des loges, et leur intervention quotidienne dans les luttes politiques. Signalons seulement quelques teivues des loges de Bruxelles :

Le 1 2 octobre 1874, les Amis philanthropes mettent à leur ordre du jour celte question : « Quelles sont les armes dont l'État drfmocratique peut se servir contre Vultramontanisme? »

Le 11 janvier 1875, ils discutent la proposition du F.*. Ooblet d'Âviella sur les moyens à employer pour populariser dans le corps électoral l'idée ds la séparation <ibsolue de l'Église et de l'État.

En 1876, toutes les loges de la capitale se réunissent pour dis* cuter la question suivante :

« Quels çont les moyens à employer pour étouffer la réaction ultn^ c montaine et spécialement pour refréner les audaces des feuilles réao c tionnaires? >

Après une longue discussion^ la réunion s'est arrêtée aux moyens suivants :

c Intenter aux journaux catholiques des procès civils pour diflkma^ tion ou calomnie ; poursuivre en dommages-intérêts les prédicateurs coupables d'avoir conseillé publiquement le désabonnement aux feuilles de la secte ; enfin, engager autant que possible les procès devant les tri* bunaux dans lesquels les vénérables frères sont assurés de la majorité.»

Les comptes rendus des travaux des loges, publiés dans le rapport annuel du Grand-Orient, nous montrent que depuis 1870 les loges se doublent chacune d'un cercle libéral et d'une association libérale^ dont les affiliés ont la direction eflective et dans lesquels ils groupent un nombre considérable d'adhérents. Ceux-ci deviennent bien vite des instruments inconscients au profit des habiles cachés dans l'arrière-sanctuaire.

Il est à noter que vers celte époque, en 1873 jet en 1874, des relations très-étroites ont été nouées entre le G.-.O.*. de Belgique et les puissances maçonniques de l'Allemagne, grâce à l'intervention active de Bluntschli, l'un des confidents de M. de Bismarck. La coïncidence de ces rapports avec certains projets du grand chancelier sur l'annexion de la Hollande et d'Anvers à l'empire germanique, est d'autant plus à remarquer que Vinitiative de cet démarches est venue des loges allemandes^ comme le cooslato

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