LA FONDATION DK L'ASSOCIATION INTERNATIONALE
FribouTg nous dit m eSet que V Internationale s'appnyait par^ 7 tfmt sur la Franc-maçonnerie ; que par son intermédiaire Vln^ j temationale pénétrait da/ns la Franc^maçonnerie parisienne^ \ où elle recrutait force sympathies^ et qu'enfin la Suisse^ la BeU gique et l'Amérique annor^çaient la création de groupes fran^ chement socialistes (1).
En avril 1865, plusieurs loges parisiennes, notamment Le Tem» pie des familles j La Ligne droite^ Les Hospitaliers de St-Ouen^ La loge n^ 133, La Rose du parfait silence^ L'Avenir^ La Renais^ sance^ s'unirent, à l'instigation de Fribourg, pour préparer la réunion d'un grand congrès d'ouvriers de toutes les nations. Nous ne savons pour quelles causes ce projet n'aboutit pas (2) ; mais les loges n'en continuèrent pas moins leur appui à V Internationale.
Fribourg raconte encore que son rôle actif lors des élections dePelletan et Garnier-Pagès, hauts maçons, — le premier même, vénérable de la loge de Paris, qui, la première organisa l'association des solidaires (liv. I, chap. II, § 12), — l'avait mis en rapport avec lés groupes des écoles et du faubourg St-Antoine, étudiants remuants ou ouvriers blanquistes, dont ne dédaignaient pas de se servir, tout en les méprisant, les candidats du comité des treize, tous hauts maçons.
Le fondateur et historien de l'Internationale ajoute encore :
« La connaissance faite, on se revit dans le faubourg St-Antoine, et lorsque la Rive gauche fut fondée, Fribourg fut admis dans les petits cénacles du quartier latin. Ceci explique comment des étrangers au monde du travail, tels qu'étaient Longuet, Emile Richard, Emile Maison, Robert Luzarche, Jules Ducrocq, Nauzet et Pierre Denis, furent^ dès la première hewre, adhérents de r Internationale. »
C'est dans ces circonstances que M. Jules Simon donna son adhésion et accepta, des mains de Fribourg, la carte d'affiliation portant le n° 606 (3). Assurément M. Jules Simon ne prévoyait pas à ce moment que r/n^^rna^^ona^^ prendrait part aux incendies de Paris et que lui-mémo, lui, Tennemi des armées permanentes, l'auteur de la Politique radicale^ s'associerait à la légitime mais dure répression de la Commune comme ministre de M. Thiers.
(1) Fribonrg, ÀttociatUm internalionale, p. 31, L'enquétê parlementaire ner le gftwoernemeni de la difeme nationale, de Sugny» 2* rapport, chap. 1*%
(2) Le Monde maçonnique, mai 1865.
(3) Pribottigi L'AêeoetaUon internationale, p. 15% et 172.
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Ainsi que tant d'autres gens de son parti, il était fatalement entraîné par la œmmunauté des principes premiers posés par une philosophie qui part de l'indépendance absolue de l'homme vis-àvis de toute loi divine positive (liv. I, ch. I*', Si.) L'inconscience de l'adhésion de cet homme à l'esprit naturellement bienveillant en serait une preuve à elle seule, quand même quelques mois plus tard il n'aurait pas adressé la lettre suivante au congrès de TM* temationale à Lausanne en 1867 :
« Des hommes qui se réunissent spontanément dans tons les pays du monde pour un but commun et pour un noble but; qui n*ont d'autres préoccupations que de concourir au triomphe du bon sens et delà raison; qui, dans la politique, dans le socialisme et dans la science, ne recherchent que la vérité, traitant avec un égal mépris la force brutale et la routine^ ces deux ennemis de la pensée ; une assemblée qui n*a d'autre président que celui qu'elle choisit et d'autre règlement que celui qu'elle so fait, c'est un spectacle qui console de la vérité officielle, de la justice of/i* cielle, de la liberté octroyée par le menu et de la vérité étouffée sous des myriades de restrictions et de conventions.
c Groyez-moi : quand j'ai demandé à la tribune la suppression des ar» mées permanentes, la séparation des églises et de l'État, et la liberté totale de la presse avec suppression du délit d'offense à la morale publique et reli* gieusCf ce n'est pas au Corps législatif que je parlais, c^est à votre congrès ; je lui apportais ma part par avance comme je lui envoie aojour* d'hui de loin mon adhésion et mes vœux (1). »
M. Jules Simon ne fut pas seul à donner ainsi son adhésion aux statuts de V Internationale, Un certain nombre de notabilités politiques n'hésitèrent pas à le faire aussi et M. Fribourg cite expressément « Henri Martin^ le populaire historien, Gustave Chaudey, le collaborateur actif de Proudhon, tombé victime de Raoul Rigault, Corbon, l'ancien vice-président de la Ciônstî* tuante de 1848, et bien d'autres que les événements éloignèrent plus tard du groupe fondateur (2). » Tous étaient francs-maçons, on l'a vu plus haut.
M. Fribourg constate aussi l'appoint que le groupe formé par les étudiants du congrès de Liège apporta à V Internationale :
(1) Reproduit par la Gazette du Midi du 13 août 1871 ot la plupart des jonmaiu de Paris de l'époque.
(2) Fribourg, VAuodatUm internationale, p. 31. En note, p. 15S, U die 1<m nrticlos faits par Henri Martin, dans le Siècle de 186S, on Tlionneur de I7iilcrna«* Uo/iale,