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LA FONDATION DE L'ASSOCIATION INTERNATIONALE

c PendaDt que les travailleurs parisiens se taisaient et étudiaient, les étudiants européens se réunissaient pour parler au congrès de Liège; là Tridon, Protêt, Humbert, Jaclard, Regnard, Germain Casse, Levraud, etc., et autres de même valeur, sa donnaient en spectacle à l'univers, en combattant avec fureur des opinions philosophiques contraires aux lewrs. » Entre Protêt et Humbert , M. Testut nomme aussi l'étudiant Rey , tous délégués au congrès de l'Internationale de Genève ; M. l^ribourg dit même dans son histoire qu'un programme impie, ou Association internationale des libres pensev/rs de ce même étudiant Aristide Rey, y trouva des adeptes et y eut un certain succès. Les comptes* rendus du congrès de Liège démontrent jusqu'à la dernière évidence que ces combats furieux des étudiants de l'Internationale parisienne, contre ce que M. Fribourg appelle de^ opinions philoso^ phiquss contraires aux leu/rs, n'étaient rien moins que la croyance en Dieu et à la religion catholique, sa morale et ses dogmes, et le principe des nationalités elles-mêmes, comme le fit Aristide Rey.

Au congrès de Genève, qui organisa l'Internationale, on posa la question qui devait être la pierre de touche de l'association.

Les délégués français, qui étaient des socialistes de bonne foi, voulaient faire exclure de l'association ceux'qui ne s'adonnaient pas à un travail manuel, qui n'étaient pas des ouvriers proprement dits en un mot, les parleurs qui leur avaient, dans le passé, occasionné tant de déception. Mais les allemands, qui formaient le groupe choisi de Karl Marx, firent rejeter cette proposition. L'Internationale resta- donc ouverte à tous les éléments révolutionnaires de quelque côté que ce soit : c'est ainsi que Karl Marx, un homme de lettres, son gendre Lafargue, le docteur Buchner, l'auteur de Force et matièrcj Lucraft, employé à Londres au Schoolboard, Hins, le professeur belge, le général Cluzeret et tant d'autres jacobins bourgeois purent continuer à faire partie de l'association et en fait à la diriger. Souvent la question s'est représentée depuis dans des groupes locaux, mais toujours les habiles se sont arrangés pour maintenir aux politiciens de la Révolution leur place dans l'état-majôr de l'association.

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