‹ Les sociétés secrètes et la sociétéChapitre 140 sur 151 · LOIS DE LÀ RÉVOLUTION SUR L*£NSEIONEM£NT PUBLIC · texte numérisé non relu

LOIS DE LÀ RÉVOLUTION SUR L*£NSEIONEM£NT PUBLIC

sons chargées de l'éducation publique et des établissements de charité, et ce, jusqu'à ce qu'il ait été pris un parti sur ces objets. »

Mais le séquestre et la vente des biens ecclésiastiques, surtout la constitution civile du clergé et le serment qu'on exigea des ec* clésiastiques prolesscars et appartenant aux congrégations religieuses, vinrent bientôt bouleverser ce prétendu statu quo. Moins d'un an plus tard, Talleyrand, montant à la tribune pour démon* trer l'urgence d'un décret sur l'éducation publique, sur lequel il avait quelques jours auparavant présenté un rapport, cons-« tatalt en ces mots ce fait significatif : « Partout les universités ont suspendu leurs opérations, les collèges sont sans subordination, sans professeurs, sans élèves (1). » C'était ce qu'attendait la secte, afin d'achever la destruction morale de la nationalité française par Forganisation maçonnique do renseignement. Déjà un décret, qui avait pris place dans les dispositions fondamentales garanties par la constitution, avait prononcé la destruction légale de tous les établissements d'instruction et d'éducation de l'ancienne France.

t II sera créé et organisé une Instruction publique commune à tous les citoyens, gratuite à l'égard des parties d'enseignement indispensables pour tous les hommes, et dont les établissements seront distribués graduellement dans un rapport combiné avec la division du royaume. »

C'était tout à la fois le communisme des intelligences avec la destruction de toute égalité et de toute liberté dans un monopole d'Ëtat. Le premier rapport fait sur l'organisation de ce monopole par l'un des plus hauts chefs de la Maçonnerie, l'évéque apostat d'Autun, est trop instructif, il met trop à nu l'esprit menteur de la secte, aussi bien que son esprit matérialiste, pour que nous n'en donnions pas une rapide analyse.

Le fameux rapport, comme tout ce qui sort de Vatelier maçonnique, commence par les grands mots de liberté et d'égalité con« quises, et par une déclamation aussi fausse qu'injurieuse contre l'enseignement précédent de la nation française, ou ce que l'on a, dit-il, nommé jusqu'à ce jour instruction.

« Sous l'ancien ordre de choses on ne pouvait arrêter sa pensée sur la barbarie de nos institutions, sans être effrayé d'abord de cette priva* tion TOTALE des lumières qui S'étendait sur la grande majorité des hom* mes, sans être révolté ensuite et des opinions déplorables qu'on. letsiLÏtàB.ns Tesprit de ceux qui n'étaient pas tout à fait dévoués à l'ignorance, et des préjugés de tous les genres dont on les nourrissait, et de la discordance ou plutôt de l'opposition absolue qui existait entre ce qu'un enfant était contraint d'apprendre et ce qu'un homme était tenu de faire ; en&n de cette déférence aveugle et persévérante pour des usages dès longtemps suran'* nés, qui, nous replaçant sans cesse à l'époque où tout le savoir était con*

(1) Lallemant, Choi9 de rapports d discours depuis 1789^ tome V, p. 135.

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centré dans les cloîtres, semblaient encore, après plus de dix siècles, det* tiner Vuniversalité des citoyens à habiter des. monastères.

« Toutefois ces choquantes contradictions et de plus grandes encore n'auraient pas dû surprendre: elles devaient naturellement exister là où constitutionnellement tout était hors de sa place, où tant d^intérôts se réunissaient pour tromper, pour dégrader l'espèce humaine, où la nature du gouvernement repoussait les vrais principes dans tout ce qui n'était pas destiné à flatter ses erreurs, où tout semblait faire une n^ cessité d'apprendre aux hommes dès l'enfance à composer avec des préjugés au milieu desquels ils étaient appelés à vivre et à mourir, où il fallait les accoutumer à contraindre leur pensée, puisque la loi leur disait avec menace qu'ils n'en étaient pas les maîtres, et où enfin une prudence pusillanime, qui osait se nommer vertu, s'était fait un devoir de distraire leur esprit de ce qui pouvait un jour leur rappeler des droits qu'il ne leur était pas permis d'invoquer ; et telle avait été sous ces rapports l'influence de l'opinion publique elle-même, qu'on était parvenu à pouvoir présenter à la jeunesse l'histoire des anciens peuples libres — (où les deux tiers de la population étaient esclaves}, — à échauffer son imagination par le récit de leurs héroîquesvertus, à la faire vivre en un mot au milieu de Sparte et de Rome, sans que le pouvoir le plus absolu eût rien à redouter de l'impression que devaient produire ces grands et mémorables exemples (1).

ff Cette réforme totale des écoles est sollicitée à la fois par la raison d» tous les pays, et par la constitution particulière du nôtre. Il est imposai* ble en effet de s'être pénétré de Vesprit de cette constitution, sans y reconnaitre que tous les principes invoquent Us secours d'une instruction nou*

velle.

a Les hommes sont reconnus égaux; et pourtant combien cette égalité de droits serait peu sentie, serait peu réelle, si l'instruction ne faisait sans cesse effort pour rétablir le niveau /... La constitution existerait-elle véritablement si elle n'existait que dans notre code, si de là elle ne jetait ses racines dans l'âme de tous les citoyens, si elle n'y impri* mait à jamais de nouveaux sentiments, de nouvelles moeurs, de nouvelles habitudes ?

€ Et n'est-ce pas à l'action journalière et toujours croissante de Vine» truction que ces grands changements sont réservés ?

« Tout proclame donc l'instante nécessité d'organiser l'instruction, tout nous démontre que le nouvel état de choses nécessite une création en ce genre, et la décadence rapide et presque spontanée des établisse* ments actuels, qui, dans toutes les parties du royaume, dépérissent comme des plantes sur un terrain nouveau qui les rejette, annonce clai^ rement que le moment est venu d'entreprendre ce grand ouvrage.

(1) UllMient, OMm de tapparU, l. Y, p. 337. 338. . .

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