III. — LA Franc-maçonnerie en Portugal
Nous reproduisons sans commentaires Textrait suivant d*uno communication adressée parle F.*. Ghabirand, lieutenant de vaisseau, à la Chaîne cP Union et publiée dans ce journal années 1872-1873, p. 581 â 584. Il confirme tout ce que nous avons vu cidessus relativement à l'Espagne et peut être considéré comme complétant le récit tronqué du Grand-Orient espagnol *
« L'origine de la Franc-maçonnerie en Portugal date seulement du commencement du XIX' siècle. Elle fut alors inaugurée presqu'cn môme temps par les loges anglaises et des loges françaises.
c Jusqu'à la chute du premier empire français, les ateliers purent travailler avec succès à Lisbonne et à Porto. Ils furent du reste ouvertement protégés soit par l'autorité française soit par l'autorité anglaise, qui gouvernèrent successivement le pays à cette époque.
c Mais après 1815, sous Jean YI, roi de Portugal, la Maçonnerie fut en butte à l'une des persécutions les plus violentes dont l'histoire fasse mention. Plusieurs franc-maçons furent condamnés à mort pour leurs opinions et exécutés à Lisbonne, à Porto et à Terceira.
LA Frang-màgonnkrix xn Portugal 679
c Le Grand*-Orient Insitanien aTait alors ponr grand-maltre rilloa» tre Pr.-. Gomez Freire d*Andrade, braye officier général, qai avait glo* rieusement commandé une division dans l'armée française pendant la campagne de Rassie. Les services militaires de Tillustre Fr. *. d'An* drade ne le mirent pas à Tabri des vengeances du parti politique qui poursuivait la Franc*maçonnerie en Portugal. Condamné à mort, il fut pendu ignominieusement le 17 octobre 1817, avec plusieurs membres de son obédience.
c Cette exécution porta un coup fatal à la Maçonnerie. Les loges se fermèrent et ne recommencèrent à s'ouvrir de nouveau que vers 18i4, à la suite des tendances libérales manifestées par l'assemblée des Certes.
c Jean YI mourut en 1826, laissant pour successeur son fils don Pedro, empereur du Brésil. Don Pedro vint en Portugal, céda la cou* ronne à sa fille dona Maria, alors âgée de sept ans, sous la régence de don Miguel, deuxième fils de Jean VI, et, donnant au Portugal la cé« lèbre constitution connue sous le nom de Charte portugaise^ retourna au Brésil.
Don Miguel aussitôt après son départ usurpa le trône, rétablit le régime absolu et inaugura son avènement par une nouvelle persécu* tion contre la Franc-maçonnerie.
c Le règne de l'usurpateur don Miguel fut heureusement de pea de durée.
« Après une guerre civile, qui dura quelques années, don Pedro chassa don Miguel et rétablit sa fille sur le trône ; en 1834 il donna an Portugal une nouvelle constitution, qui assurait les libertés du pays, et rentra lui-même dans l'obscurité, se contentant de la satisfaction d'avoir inauguré chez les peuples de race lusitanienne le règne de la liberté.
« La Franc^maçonnerie avait joué un grand rôle dans la révolution, qui amena finalement l'acte de 1834. Elle devait en garder le souvenir pendant longtemps. Un grand nombre^de maçons portuguais n'envisageant que les résultats politiques, qui n'avaient été en réalité que la conséquence d'un immense mouvement libéral dans le pays, en attribueront tout l'honneur à l'influence de la Franc-maçonnerie.
c Ils voulurent continuer à faire de l'ordre un instrument politique. Cette tendance funeste ne pouvait manquer de déterminer la fondation d'autant d'Orients, qu'il y avait en Portugal de partis politiques.
c En 1840 on comptait jusqu'à neuf autorités maçonniques : trop souvent en effet, il faut le dire, la Maçonnerie fut appelée à jouer un rôle de premier ordre dans le triomphe d'un parti.
c Les divisions intestines s^apaisant à la longue, grâce aux fruits que devait porter tôt ou tard la sage constitution de 1834, la Maçonnerie elle-même finit par se ressentir de cette salutoire influence.
« En 1859 le Grand-Orient lusitenien, qui était au fond Tau toritn
inagonniqae la plus ancienne et à ce titre la plas légitime, et qui avait rhonneur de compter parmi ses grands maîtres le glorieux martyr Gomez Freire d'Andrade, s'affirma sar de nouvelles bases et choisissant pour grand-maître l'illustre Fr.*., comte de Paraty, parvint à réunir sous son obédience la plus grande partie des ateliers.
c II existait à cette époque quatre autorités maçonniques difiêrantes à Lisbonne» en dehors du Grand-Orient lusitanien :
c 1® Le Grand-Orient de Portugal;
c 2° La confédération maçonnique portugaise dont le grand maître, le marquis de Loulé, avait pu, à plusieurs reprises, entretenir des rela* tiens fraternelles avec le Grand-Orient de France ;
c 3^ Un suprême conseil écossais ;
c 4® Une grande loge provinciale, d'Islande, autorité étrangère rél6> vaut de la grande loge de Dublin.
En 1863, le Grand-Orient de France reconnut officiellement le Grand- Orient lusitanien, après s'ôtre mûrement renseigné et avoir acquis la certitude que le F.*, de Loulé n'appartenait plus à aucune des obédien* ces existant alors en Portugal.
Sn 1867, le Grand-Orient de Portugal et la confédération maçomii« que portugaise opérèrent leur jonction et constituèrent le Grand-Orient portugais, l'illustre F.*. Mondes Leal fut élu grand maître.
Cette nouvelle autorité ne fut que transitoire. Gr&ce aux efforts réu* nis des FF.*. Mondes Leal et de Paraty, le Grand-Orient portugais se réunit au Grand-Orient lusitanien le 10, août 1869. La puissance ma« çonnique, qui se constitua ainsi par la fusion de toute la famille portu* gaise, prit le nom de Grand-Orient lusitanien-uni. Le comte de Paraty fut élu grand maître^ et le fière Mondes Leal fut déclaré grand maitre honoraire ad vitam.
Le Suprême Comeil Écossais est en voie de se réunir au Grand-Orient Le Grand-Orient lusitanien ooAptait en 1870, sous son obédience» cinquanie-aix loges, dont vingt en Espagne.
Doctu&ent â
IlKLAtlONS PB M. DE BiSMARGK AYSG LES SOCIALISTES
Voici en substance les déclarations que le député socialiste Bebel a fait au Reichstag, le 26 septembre 1878, lors des débats sur la loi contre les socialistes ; elles complètent ce que nous avons
dit (liv. II, chap. 11,1 2, p. 405) :
« Le mouvement ouvrier commença en 1862 à Leipzig, où s'établit dès lors un comité directeur. Un nommé Eichler se présenta à ce comité, se disant envoyé par le gouvernement prussien, et offrant l'appui môme matériel du gouvernement, si Ton consentait à combattre les progressistes. Une première somme de 60 à 80 mille thalers devait être donnée pour concourir à la fondation d'une société de production. »
Bebel donna en outre des renseignements détaillés sur les en^ trevues de M. de Bismarck et du socialiste Lassalle pendant Tbi . ver 1863-64. Un jour, l'ambassadeur de Bavière dut attendre à la porte de M. de Bismarck, qui était en conférence avec Lassalle.
« Dans ces conférences, iJ était principalement question d« suffrage universel et d'une subvention de l'État pour l'établissement de sociétés de production. Le prince de Bismarck s'était entièrement rallié au plan de Lassalle ; il refusa seulement d'accorder le suffrage universel immédiatement, comme l'exigeait Lassalle ; il croyait que cela ne serait pas possible avant la fin de la guerre du Scblesv^ig-Holstein.Ge dissentiment en amena d'au* très. Ce n'est pas M. de Bismarck, mais bien Lassalle, qui interrompit les négociations. » ^
Bebel alla plus loin dans ses révélations :
t Le chef du pa^ti socialiste après Lassalle, le docteur Dammer, recommanda à son successeur Fritsche, que dans les réunions qui auraient lieu dans le royaume de Saxe, on ne devait pas négliger, tout en affirmant les revendications socialistes, de demanr der l'unité de l'Allemagne sous la domination de la Prusse. Fritsche devait rendre compte À M. de Bismarck personnellement des ré«
sultato obtenus dans ces réunions. D'après Bebel, Fritsche aurait refusé, mais son successeur, M. de Schweitzer, aurait accepté, en 4866, de faire de l'agitation en faveur de l'unité allemande, de concert avec le gouvernement.
Le socialiste Liebknechty député au Reichstag, prétendit de son côté avoir été en butté à des sollicitations officieuses ; on lui au* rait offert de traiter à son point de vue les questions sociales dans la Norddeustche allgemeine Zeitung ; on lui aurait donné carte blancbe sur ce point.
DoctuttLent I
L^LLUMINÉ MONTGELAS ET l'eNSEIGNEKENT OBUGATOIRB