POMBAL ET LA DSSTRGTION DES JÉSUITES
l'État avec un sceptre de fer; jamais le monde ne vit une façon de gou« Ycrner si lourde et si cruelle. >
C'en est assez pour démontrer que le premier exécuteur des jésuites était digne de la secte des grands philosophes maçons qui Vont proclamé leur adepte. Les procédés dont il usa était également digne des loges.
L'assassinat juridique du duc d'Âveiro et de toute sa famille fut le premier acte du drame.
A peine la sentence de la commission de V Inconfidence, espèce de comité de salut public présidé par Pombal et composé de ses créatures, accusateurs, témoins et juges, fut-elle rendue qu'on en hâta l'exécution. Dans la nuit du 12 au 13 janvier 1759, un échafaud de 18 pieds de haut avait été élevé sur la place de Belem, en face duTage, raconte M. de Saînt-Priest. Dcshnoint du jour, cette place était encombrée de troupes, de peu] le, et le fleuve même était chargé de spectateurs. Les domestiques au duc d'Aveiro parurent les premiers sur l'échafaud et furent attachés à l'un des angles pour être brûlés vifs. La marquise de Tavora arriva ensuite, la corde au cou, le crucifix à la main ; quelques vêtements déchirés Tenveloppaient à peine, mais tout en elle était empreint de force et de dignité. La courageuse femme se mit sur le billot et reçut le coup de la mort. Son mari, ses fils, dont le plus jeune n'avait que vingt ans, son gendre et plusieurs serviteurs périrent après elle dans d'affreux tourments. Le duc d'Aveiro fut amené le dernier, on l'attacha sur la roue, le corps couvert de haillons, les bras nus, les cuisses découvertes ; rompu vif, il n'expira qu'après de longues tortures, faisant retentir la place et le fleuve de ses cris. Ensuite on mit le feu à la machine ; en un moment, roue, échafaud, cadavres, tout fut brûlé et jeté dans le Tage. Les palais des condamnés furent rasés, on sema du sel sur la place où ils s'élevaient.
c Le jour môme de l'arrestation des Tavora, les maisons des jésuites furent cernées par les troupes ; on y consigna les pères, on jeta leurs che& dans les prisons, et trois d'entre eux, dont le P. Malagrida, restèrent sous Taccusation formelle d'avoir fomenté la conjuration, tandis que tous les autres étaient déclarés complices, attendu leur obéissance aveugle et leur uniformité de doctrine et de conduite, dit l'arrôt. Ge De' fut qu'après trois ans d'emprisonnement dans les cachots du Tage» que Malagrida fut livré à l'Inquisition, présidée par le frère de Pombal