VI. — Philippe-Égalité
Le chef de cette coDspiration^ oa au moins celui au nom de qui le mot d'ordre 6tait donné partout, était le duc d'Orléans, le grand maître de la plupart des rites maçonniques, comme nous Tavons vu dans le chapitre précédent. C'est lui que Mirabeau désignait dans la conversation avec Chamfort que nous venons de rapporter. Depuis lors la lumière s'est faite pleinement sur la participation de ce malheureux prince à tous les crimes de l'époque. Une lettre de lui à Laclos, en date du 10 mars 1790, raconte la part qu'il a prise dans les émeutes de Marseille et celles de Paris. Il Y prononce déjà le mot de régicide au milieu de ses menaces contre Louis XVI et la reme !!!
Une phrase est particulièrement significative :
« Georges (le roi d'Angleterre) n'est pas loin d'avoir des rechutes ; s'il tombe tout à fait, vous savez ce que Fox et Grenville m'ont promis, tout irait bien alors (I). »
Mais les girondins et les jacobins, qui s'étaient servis du grand maître du Grand-Orient pour renverser Louis XVI, n'entendaient pas servir son ambition. La république fut proclamée, et le 22 février 1793 le malheureux Philippe-Egalité adressait sa démission de grand maître, disant « qu'il pensait qu'il ne devait plus' y avoir ancun mystère, aucune assemblée secrète dans une république. »
Auss' bien la plupart des loges avaient suspendu leurs travaux et s'étaient transformées sur toute la surface de la France en clubs de jacobins avec la coiffure de Yépopte illuminé, le bonnet phrygien. >;ous sommes tous francs-maçons, disait avec exaltation un révolutionnaire de cette époque, et il aurait pu dire avec plus de justesse encore : Nous sommes tous illuminés, selon la remarque \ d'un toivain anglais, grand admirateur de toutes les sectes révo- ,' Intionnaires (2).
« A tous les moments des massacres, disent les Mémoires pour «nnr à l'histoire du Jacobinisme, soit à l'hôtel de ville, soit aux
(1) Publiée d'abord dans la Revuê du Lyontiais, cette lettre a été reproduite par j M. Amand Neot, La Franc-maçonAerie êoumite au grand jour, t. I, p. 6S, 2* édit. > (t) TiMMuas Fnwt, Sêoret todetiet, t. I, p. 64.