‹ Les sociétés secrètes et la sociétéChapitre 51 sur 151 · LA. RÉVOLUTION EN FRANCE ET EN EUROPB · texte numérisé non relu

LA. RÉVOLUTION EN FRANCE ET EN EUROPB

Tait devenir un décret d'assassinat contre les généraux patriotes ci con« t^e les membres de T Assemblée (1). ».

Les lâches assassins se dédommagèrent bientdt en assassinant, sans courir aucun risque, l'innocent, l'infortuné Louis XVI, sa sœur madame Elisabeth, Louis XVII, et la reine sa mère.

La lâcheté des conventionnels empêcha donc seule la formation de cette légion. Mais les loges n'avaient pas attendu ce projet pour pratiquer l'assassinat vis-à-vis des souverains, sur ceux surtout qui s'étaient engagés par les serments maçonniques. L'empereur d'Allemagne, Joseph II, après avoir si longtemps et si efficacement protégé la Franc-maçonnerie et avoir combattu avec elle la religion, avait fini par être désabusé et était mort après avoir pris quelques mesures impuissantes contre les sociétés secrètes (2). Son successeur Léopold, qui dirigeait la coalition monarchique contre la Révolution (3), mourut empoisonné le l**" mars 1792 par le bouillon de Naples qu'avaient préparé des cuisiniers italiens, et quinze jours après, Gustave III, roi de Suède, qui avait pen* dant longtemps eu la manie de s'occuper de sociétés secrètes et d'ordres maçonniques (4), tombait sous les coups d'un domestique d'Ânkastroém, l'un des membres de la secte des illiiminés,

(1) Choix de rapporU, etc., t. ÎXI, table, p. 92 et 10, p. 233. — Bertrand de MolQville, Histoire de la Révolution, t. IX, p. 230 et 231.

(2) < Joflepb n et les illumioôs se sont naturellement trompés dans leur attente », écrit Mirabeau, en 1788» dans la MÔJUirehie fMTtuiienne,

(3) Initié comme son frère Joseph II, Léopold, étant grand duc de Toscane, avait commencé la spoliation des ordres religieux et la guerre au pape et à sa juridiction. Ce fut même à Pistoie, dans un conciliabule appuyé de toute l'autorilô. qu'on eolreprit de donner pour bases à l'Église et au monde la Uberti et Végalité maçonniques. La liberté, c'était d'abord raffranchissement des évéquoa de l'autorité du SaInU Siège; et l'égalité, celle des curés, des prêtres et des évéques, dont ils sont les frères puînés et les coopérateura, et en qui réâide tout entière la puissance légialatiFe suusla suprématie des princes ou souverains. Plus tard, éclairé par les événements, Léopold avait interdit toutes les réunions maçonniques dans ses Élats.

(4} Voici quelle était la généalogie pbilosophioo*maçonnique de ce malheureux roi de Suède. Voltaire avait initié la reine Dirique de Brandebourg, et Ulrique avait initié son fils Gustave. Mais, d'un autre côté, Voltaire initiait Ck>rdorcet, et Condor^ cet, siégeant au club des Jacobins, initia Ankastroëm. Élôvo do Voltaire, Ulrique appranait à son fils à se jouer des mystères et des autels du Christ ; élève de Vol- Ulre, Gondorcet apprit à Ankastroëm à se jouer du trône et de la vie de rois. Au moment où les nouvelles publiques annonoôrenl que Gustave III devait comman-* der en chef les armées liguées contre la révolution française, Gondorcet et Ankastroëm appartenaient au club, et ce grand club retentissait du vœu de délivrer la terre de ses rois, Gustave fut marqué pour être la première victime, et Ankaairoom s'offrit pour être le premier bourreau, il part de Paris et Gustave tombe sous ses

Page 1