‹ Les sociétés secrètes et la sociétéChapitre 6 sur 151 · LB8 L06EB ET LES PARLEMENTS · texte numérisé non relu

LB8 L06EB ET LES PARLEMENTS

ont été un agent très-pnissant pour propager la Maçonnerie d^adoption et semer dans les esprits le germe des principes maçonniques d'égalité. »

c Parmi les grandes maîtresses qui ont illustré le maillet d'adoption nous citerons, dit Ragon, les illustres sœurs : duchesse de Bourbon (la protectrice de Saint-Martin, le fondateur du Martinisme, la sœur de Philippe-Égalité). Elle fut installée, en 1775, grande mattresse d$ toutes les loges de France, à la loge de St-Antoine, climat de Paris.

c Helvétius, loge des Neuf Sœurs, climat d' Autouil, en l'honneur de Franklin, 1778... »

< Des sœurs portant les plus grands noms dô France, ajoute Tinter-i prête autorisé, assistaient ces grandes maîtresses. Dans cette nombreuse liste, figurent les noms des sœurs de Genlis et Duchesnois (la Gomé« dienne). »

ce Madame de Genlis, ajoute Ragon, fut même surnommée plus tard la mère de l'église. » Nous avons nous-raème entendu attester par un attaché du Palais-Royal, qu'on y jouait, en ce temps-là, la comédie dans l'état de 7iature pure, comme avant le péché originel, état auquel la Maçonnerie, pour qui le péché originel est la propriété, la royauté et la famille, a pour but suprême de nous ramener. •

ce Pourquoi, ajoute M. de St-Albin, le digne amant de la digne sœur w^e de Véglise, n*a-l-il pas été aussi salué du titre de père de cette église-là ? Pourquoi séparer ce frère et cette scsur qui firent ensemble le voyage de Vile de la félicité (1)? d

rv. — Les loges et les parlements.

En vain les réunions aux loges furent défendues, en 1737, par le cardinal de Fleury, et la Franc-Maçonnerie condamnée, l'année suivante, par le pape Clément XII ; l'entraînement ne fut que plus fort.

Un érudit distingué, M. Ch. Gérîn, a recueilli dans les papiers du procureur général du parlement de Paris, Joly de Fleury, quelques traits fort curieux sur la propagation de la Franc-maçonnerie en France, de 1737 à 1764 :

(I) Glavel, Histoire pittoresque de la Maçonnerie, p. 3 ot sulv. — 81- Albin, Ia Franc- maçonnerie et les sociétés secrètes , p . 215.

1$ LA PROPAGATION DE LA FbANC-MACONNERIE ^ f» *

« J*y ai remarqué, dit-il, le registre d'une loge qui se tenait au fau« bourg St-Germain, rue des Boucheries, à l'enseigne de la Ville de Ton» nerre, registre commencé aujourd'hui 18 décembre 1736, le premier jour de loge régulière qui se tiendra de 15 en 15 jours. Le très- vénérable maître est un nommé Jean Goustot ; les deux surveillants sont Errembault Dudzeele et Baur. La plupart des affiliés portent des noms étrangers et appartiennent aux pays du Nord. Ils ont aussi parmi eux des italiens, dont un Jean«François Beccaria, et entre les noms français on distingue le duc de Yilleroy, le chevalier de Hastrel, Pasquier do la Haye, de Rogaucourt

a Un autre feuillet nous apprend que le parlement de Paris, déjà envahi par le Jansénisme, fournissait dès cette époque les recrues à la Franc-maçonnerie. « 7 mai 1737, le frère de Hastrel a proposé M. de Bcauclas, substitut de M. le procureur général, qui a été admis. » Et une liste du môme temps, où nous lisons les noms des abbés Pernette et des Rousseaux, un comte de Pons, colonel, et le duc de Pecquigny, à l'hôtel de Ghaulnes, porte aussi celui de M. de La Fau trière, conseiller au Parlement.

« On n'est plus étonné que le cardinal de Fleury ait été si mal secondé par les tribunaux séculiers dans ses légitimes rigueurs contre la Franc^maçonnerie naissante. Il était mort depuis un peu plus d'une année, et l'on signalait de tous côtés les progrès de cette association.

ce Une tradition de mollesse, de connivence et d'impunité s'établit peu à peu. Les magistrats de province, plus fidèles aux enseignements de l'Église et aux vieilles mœurs, importunaient souvent de leurs révélations les chefs de l'ordre judiciaire et le gouvernement ; mais les réponses qu'ils recevaient de Paris étaient peu propres à entretenir leur zèle, et on les blâmait même quelquefois des mesures les plus légitimes qu'ils prenaient pour conserver la preuve des délits. Si l'un d'eux, voulant imiter l'exemple donné de si haut, s'affiliait trop ostensiblement aux loges, on le réprimandait aussi, mais avec douceur. On cherchait encore à sauver en apparence l'honneur des principes que, dans la pratique, on sacrifiait complètement, et les dernières dépêches du procureur général que j'ai lues sur ce sujet prescrivent à des tribunaux de province de ne s'occuper des francs-maçons que s'ils troublent l'ordre matériel.

K II n'échappera à personne, ajoute M. Gérin, après avoir cité plusieurs pièces de cette correspondance, que ces lettres sont précisément du même temps où Malesherbes, premier président de la cour des aides et directeur de la librairie, ne se bornait pas à fermer les yeux sur les livres les plus hostiles à la religion, mais protégeait et facilitait personnellement leur publication et leur introduction en France. Depuis cette époque, les francs-maçons ont fait d'autres progrès et d'autres conquêtes : ils se sont assez vantés de la part qu'ils ont prise à la révolutioo

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