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IV. — Les tentatives d'asservissement de l'Eglise et

LA destruction DU POUVOIR TEMPOREL DU PAPE«

Le concordat, qui fut ToBUvre vraiment féconde et réparatrice de son règne, ne lui fut pas inspiré par un sentiment religieux, nous venons d'en avoir la preuve dans ses conversations de Sainte-Hélène. Mais, éclairé par sa remarquable pénétration d'esprit, il sentit la nécessité indispensable de donner, stir ce point essentiel, une satisfaction à la majorité catholique de la nation, qui partout déjà rouvrait les églises et ramenait les prêtres fidèles. Toutefois, en négociant le concordat, il avait toujours la pensée d'asservir l'Égliso catholique et la papauté. Quelques jours après sa signature, comme Volney, l'impie auteur des Ruines, dont il avait fait un de ses sénateurs, lui demandait : Est-ce là ce que vous aviez pro^ mis ? « Calmez-vous, lui répondit le premier consul, la religion en France a la mort dans le ventre : vous en jugerez dans dix ans (1) !» A la même époque, le tribun Ganilh lui disait qu'avec le concordat il donnait du pouvoir ^n France à un prince étranger. « Pensez-vous, répondit-il, que pour cela je me sois mis dans la dépendance du pa])e ? J^en ai agi à son égard comme avec les royalistes, qui, lorsque je suis arrivé au pouvoir, étaient partout les maîtres. C'étaient les vendéens, les chouans, qui gouvernaient la France. Eh bien 1 je leur ai fait croire que je voulais ce qu'ils voulaient eux-mêmes, et leurs chefs sont venus à Paris, kn bout d'un mois, ils étaient arrêtés I » Et, faisant une pirouette sur luimême, il ajoutait en forme de conclusion : « Voilà comment on gouverne (2) ! »

Vingt ans après, à Sainte-Hélène, repassant son règne dans la solitude, il s'excusait ainsi de ne pas avoir introduit le Protestantisme en France :

« Lorsque je saisis le timon des affaires, j'avais déjà des idées arr^ tées sur tous les grands éléments qui cohésionnent la société ; j'ayais

(1) Mémoiret du cardinal Pacea,

(2) Micliaud jeuae, Biographie uniMrtiUt, sapplémenl, t. LXV, p. 139-140.

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pesé toute Timportance de la religion^ et j'avaû résolu de la rétablir ; mais on croirait dif&cilement les résistances que j'eus à Yaiacre pour ramener le Catholicisme (1) ; on m'eût suivi bien plus volontiers si j'eusse arboré la bannière protestante.

c II est sûr qu'au désordre auquel je succédais, que snr les ruines où je me trouvais placé, je pouvais choisir entre le Catholicisme et le Pro« testantisme, et il est vrai de dire encore que les dispositions du mo-^ ment poussaient toutes à celui-ci ; mais outre que je tenais réellement à ma religion natale (?), j'avais les plus hauts motifs pour me décider. Eo proclamant le Protestantisme qu'eussé-je obtenu ? J'aurais créé en France deux grands partis à peu près égaux, lorsque je voulais qu'il n'y meûtpli^ du tout; j'aurais ramené la fureur des querelles de religion, lorsque les lumières du siècle et ma volonté avaient pour but de les faire disparaître tout à fait. Ces deux partis en se déchirant eussent annihilé la France, et l'eussent rendu l'esclave de l'Europe, lorsque j'avais Tarnbition de l'en rendre la maîtresse.

c Avec le Catholicisme j'arrivais bien plus sûrement à tous mes grands résultats ; dans l'intérieur, chez nous, le grand nombre absorbait le petit, et je me promettais de traiter celui-ci avec une telle égalité qu'il n'y aurait bientôt plus lieu à connaître la différence (2).

tt Au dehors, le Catholicisme me conservait le pape, et avec mon tnffwnee et mes forces en Italie, je ne désespérais pas tôt ou tard, par un moyen

on PAR UN AUTRE, DE FINIR PAR AVOIR A UOI LA DIRECTION DE CE PAPE, ET Dès LOBS QUELLE INFLUENCE, QUEL LEVIER d'OPINION SUR LE RESTE DU MON*

iffil... etc. »

Et il terminait en disant :

« François I" était placé véritablement pour adopter le Protestantisme à sa naissance et s'en déclarer le chef en Europe. Charles- Quint, son rival, prit vivement le parti de Rome ; c'est qu'il croyait voir là pour lui un moyen de plus d'obtenir l'asservissement de l'Europe. Cela senl ne sufQsait-il pas pour indiquer à François P* la nécessité de se charger de défendre l'indépendance de cette môme Europe ?

tt Si François P' eût embrassé le Luthéranisme, si favorable à sa su« prématie royale, il eût épargné à la France les terribles convulsions

(1) Ces réiislances n^ provenaient que dee révolu (ionnalres qnl l'avaient aidé à faire le coup d'État du 18 bramaire et dont il avait rempli le Sénat, le Tribunat et le Conseil d'État.

(t) L'égalité dans la servitude, sous le nom d'égtUe protection, éFégale liberté de km la euUei, était donc le moyen, dam êon idée, idée que son successeur appelle MpoIéoMteniM, de faire disparaître catholicisme, protestantisme et tous autres ruN tBi. Or, cette annihilation de toutes les religions positives est l'idée éminemmeot maçonnique et adoptée en Allemagne, en Suisse, en Italie, en Angleterre ea àiaériqne, par la Maçonnerie sans discordance aucune.

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religieuses amenées plut tard par les calvinistes, dont l'atteinte toute républicaine fut sur le point de renverser le trône et de dissoudre notre belle inonarchie. Malheureusement François P' ne comprit riendetont cela, car il ne saurait donner des scrupules pour excuse. Tout bonnement c'est qu'il n'y voyait pas si loin : bêtise du temps ! intelligence féodale ! François P% après tout, n^était qu'un héros dô tournois» un beau do salon, un de ces grands hommes pygmées (1) I »

Mais c'est assez élucider Vidée napoléonienne ; elle est sans ambages, quelque impie quelle apparaisse. On va doue voir les cultes rétablis, avec un principe qui aurait été, quoi qu'en ait dit Tadulation contemporaine, qui serait, quoi qu'en pense la niaiserie catbolico-libérale, l'inévitable et radicale destruction du Catholicisme en France, si la puissance miséricordieuse de Dieu qui change souvent les obstacles en moyens, si le zèle éclairé des pasteurs fidèles, si la foi de la nation française, quoi qu'on eût déjà fait pour la lui arracher, n'en eussent paralysé en partie les désastreuses conséquences.

Ce principe, un des fondements de Vidée napoléonienne y qui ressort de toutes les conversations de Bonaparte à Sainte-Hélène, de toutes ses lois, de tous ses discours, de tous ses actes, de toute sa vie, ce principe adopté par toute la Maçonnerie dite conservatrice pour détruire plus efficacement toutes les religions, c'est l'Etat ou les gouvernements protecteurs, maîtres et organisateurs SUPRÊMES DE TOUS LES CULTES ; c'cSt l'État, SOUS

le nom absurde d'égale liberté, d'égale protection, dominant tous les cultes, les administrant, les fonctionnarisant, les manipulant, les opprimant tous, comme des machines à broyer et à asservir toutes les consciences. En effet le mécanicien impérial, royal ou républicain tient dans sa dépendance les cultes, sans jamais s'y soumettre et en dépendre lui-même, dans ce qu'ils ont de plus spirituel et de plus divin, non-seulement employant lui-même Vindépendance de sa pensée et de ses mouvements^ selon l'expression napoléonienne, mais y pliant, par ruse, par fraude ou par violence, la pensée et les mouvements des peuples et, si le pouvoir leur en était donné, des ministres eux-mêmes de la religion.

Les faits historiques et les témoignages maçonniques les moins contestables, déjà cités par nous, montrent jusqu'à l'évidence qae ce principe était non-seulemenl celui de la Maçonnerie diplomati-

(1) Mémorial de SU-Bélèney t. V, p. 3S3, 388,

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que, mais aussi celai de toutes les sociétés secrètes, et partout adopté comme première base de leurs opérations révolutionnaires contre Dieu, son Christ et son Église.

II est démontré par ces témoignages de Bonaparte lui-même que, dans sa pensée, le concordat n'avait jamais été une œuvre en faveur de la religion^ mais bien pour lui-même une affaire de calcnl et d'ambition, et comme maçon, d'accord avec les intimes de la Maçonnerie, un moyen plus efficace, pour détruire le Catholicisme, que la constitution civile de la Constituante et la persécution sanglante de la Convention.

La façon dont furent conduites les négociations pour le concordat ne laisse aucun doute sur le but que poursuivait Napoléon. Les premières propositions qu'il fit faire à Monseigneur Spina, représentant du pape à Paris, par l'abbé Dernier, à qui des services récents en Vendée valaient la faveur du mat tre(l), se résumaient ainsi :

c Démission imposée k tous les évoques anciens titulaires; nouvelle dtwnscription diocésaine ; soixante sièges au lieu d« 1 58 ; composition d'un (krgé nouoeau, formé d'ecclésiastiques de tous les partis ; nomination de eeekrgê par le premier consul, institution par le pape ; promesse de son* mission au gouTernement établi ; salaire sur le budget de TÉtat ; renondation aux biens de VÉglise, et reconnaissance complète de la vente de ces ^fiens; policb des cultes néFÉRÉB a L'Auroarri civile, représentée par le Cwseil d'État ; enfin pardon de rËglise aux prêtres mariés^ et leur réunion à la communion catholique. »

Ces propositions étaient inadmissibles, dit le cardinal Gonsalvi dans ses mémoires.

Les difficultés principales roulaient sur la liberté et la publicité du culte catholicité, que Bonaparte voulait être le maître de diriger ou d'asservir, sous le prétexte de police. Pie VII ne pouvait non plQs se résoudre à destituer les évèques fidèles et bannis ou persécutés pour cette fidélité même, ce qu'exigeait impérieusem^t le prétendu restaurateur de la religion en France.

Cbtte pouce des cultes déférée à l'État était le point essentid pour Bonaparte, et c'est à lui qu'il revint toujours dans toutes les péripéties do ces négociations sur lesquelles les mémoires du cardinal Cïonsalvi ont fait une pleine lumière et où il ne craignit pas d'employer tantôt des violences inqualifiables, tantôt des four-

(1) V. sur iM MTTioet de Bernier, Stofflet et la Vendée^ par £. Stofflet. I^es plus gnv«B préwmplioDs seinblent iodiquor que Bernier livra Slofflet, comme il avait ^ éi4 rimtigaieiir du meonre de Mari^py*

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beries dignes d'un faussaire. Voici quel en fut le couronnement.

Les termes du concordât avaient été définitivement arrêtés en* tre les plénipotentiaires et le jour pris pour l'échange des souscriptions ; dans la matinée de ce jour, Napoléon faisait annoncer, dans le Moniteur^ la signature du concordat par cette note : « Le ca/rdinal Consalvi a réussi dans Vobjet qui Va amené à Paris. » Réunis chez Joseph Bonaparte, frère du premier consul, l'abbé Bernier offrit à Consalvi la copie qu'il avait tirée de son rouleau comme pour la lui faire signer sans examen, mais ce dernier y ayant jeté les yeux pour s'assurer de son exactitude, « je m'aperçus, dit-il, QUE LE CONCORDAT N'ÉTAIT PAS CELUI DONT LES COMMISSAIRES ÉTAIENT CONVENUS ENTRE EUX, DONT ÉTAIT CONVENU LE PREMIER CONSUL LUI-MÊME, MAIS UN TOUT AU- TRE ! La différence des premières lignes me fit examiner tout le reste avec le soin le plus scrupuleux, et je m'assurai que ceù exemplaire non-seulement contenait le projet qt/s le pape avait refusé d'accepter sans ses corrections et dont le refus avait été ca/use de l'ordre donné à l'envoyé français de quitter RomSj mais en outre qu'il le modifiait en plusieurs endroits ; car on y avait inséré certains points déjà rejetés comme inadmissi^' blés ava/nt que ce projet eût été envoyé à Rome. »

Interpellé par Consalvi, Bernier avoua qu'il avait commis cette supercherie par Vordre exprès de Napoléon. Il faut lire dans les Mémoires du cardinal le récit de la scène de violence à laquelle se livra le premier consul en voyant son faux découvert et l'inébranlable fermeté du cardinal.

« De nouvelles négociations reprennent cependant et surtout sur le mot depoliccy dont, disaient les commissaires du premier consul, je ne comprenais pas le vrai sens. La police, assuraient-ils, n'est pas le gouvernement en soi, mais cette unique partie de l'exercice du pouvoir gouvernemental qui se rapporte au maintien de la tranquillité publique dans les rues, ''empêche les confiits, les insultes que pourrait procurer un culte extérieur non réglementé ; c'était le sens donné dans la discussion du côté du premier consul. Cette tranquillité, ajoutaient-ils, est désirée par l'Église aussi bien que par la puissance séculière.»

Réduit à ce sens, le cardinal acceptait le mot ; mais ce sens, il voulait qu'il fût exprimé : « Ou Ton est de bonne foi en affirmant que le motif, qui force le gouvernement à exercer dans la publicité du culte la restriction de se conformer aux règlements de po-

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lice, est le maintien impérieux de la tranquillité publique, et alors le gouvernement ne peut pas et ne doit pas avoir de difficulté à ce qa'on Texprime dans l'article ; ou le gouvernement ne veut pas qu'on Texprime, et alors il n'est pas de bonne foi, et il montre par là même qu'il veut cette restriction pour assujettir V Église à ses volontés, »

Enfin on s'arrêta à la rédaction suivante : a La religion catho^ lique, apostolique, romaine^ sera librement exercée en France ; son culte sera public en se conformant aux règlements de police que le gouvernement jugera nécessaires pour la tranquillité pu-bliqtie. y>

Le lendemain, après une nuit d'anxiété, le cardinal Consalvi apprenait par Joseph que le premier consul, très-courroucé d'abord de Tarticle amendé, avait fini par l'accepter, après une longue méditation et un long silence. Il avait vu que le mot de tranquiU Uté publique interprété à sa manière lui offrait une base suffisante pour les ARTICLES ORGANIQUES.

Les articles organiques furent en effet le moyen par lequel Napoléon revînt sur la concession que la découverte de son faux et la pression de l'opinion catholique en France l'avaient obligé à faire.

Âpres la signature du concordat, il avait pressé le départ et le voyage du cardinal Consalvi, au point de ne pas lui laisser prendre un jour de repos nécessaire à sa santé, pour obtenir plutôt la ratification du concordat par le Saint-Père. Mais dix mois se passèrent avant qu'il fût ratifié à Paris.

Tout fut dévoilé, et la cause de toutes les fourberies, et le ressort secret de toutes les violences, et le nœud de toutes ces comédies, et le motif de tous ces délais. Ce n'était plus le traité en treize articles convenu à Paris et ratifié à Rome, mais un volume portant en gros caractères le titre de concordat^ et dans lequel on avait englobé, comme partie du concordat et comme approuvés par le saint-siège, 78 articles organiques du culte catholique, et, sons le nom commun de lois organiques, 44 autres articles à la snite, pour les cultes protestants. Que dire de cette nouvelle supercherie, qui présentait sous le même titre l'œuvre commune des deux parties contractantes et une addition faite par l'autre qui en était la négation sur les points essentiels ?

Le pape protesta hautement contre les articles organiques j dès

S06 tJL DICtÂTURB nÂPùdtOHTtHim

qu'ils parvinrent à sa connaissance ; les ôvôqoes ne les ont jamais reconnus ; les mœurs publiques se sont opposées à leur application sur plus d'un point. Mais TÉtat, sous les gouvernements divers qui, à travers six révolutions, se sont succédé depuis, ne les a jamais explicitemeût abandonnés ; de temps à autre, dans les mauvais jours, il s'en sert comme d'une menace, et si Dieu permet jamais que les forces vitales du pafs soient assez affaissées pour laisser libre cours aux desseins d'un gouvernement persécuteur, il trouvera toutes les voies préparées dans la législation que le prétendu restaurateur de la religion en France a inaugurée le jour même où il promulguait le concordat.

Napoléon du reste devait livrer un nouvel assaut à la puissance spirituelle du pape et chercher à retirer le concordat de 1801. Mais auparavant il fallait que le moderne Charlemagne détruisit le pouvoir temporel.

Nous ne referons pas ici, après tant d'écrivains, l'histoire de cette série de fourberies et de violences qui aboutirent, en 1809, à Toccupation de Rome et à la captivité du doux et saint Pie VU. Des protestants eux-mêmes ont écrit cette histoire et se sont charg^B de flétrir le spoliateur et le bourreau (1).

Mais ce que l'on ne saurait trop faire remarquer, c'est que Na« poléOQ cherchait moins à s'emparer de quelques provinces, sur lesquelles il étendait déjà en fait sa domination depuis plusieurs années, que de mettre le pape sous sa main et de se faire un instrument docile de ce pouvoir spirituel dont il comprenait la force sans reconnaître son caractère divin.

Lui-même a dévoilé sa pensée en racontant dans ses conversations de Ste-Hélène le but qu'il poursuivait quand il extorquait le concordat de Fontainebleau au pape prisonnieri séparé de tous ses conseillers et alTaibli par la maladie :

c J'avais bim d'autrês tnies. Ce dfylaeement ne fit qu'accroitre les sentiments et les intrigues. Jusque-là la querelle n'avait été que tem*» porelle. Les meneurs du pape, dans Tespoir de relever leurs affaires» la compliquèrent de tout le mélange spirituel. Alors il me fallut le combattre atusi sur ce point. J'eus mon conseil de conscience, mes conciles, et j'investis mes cours impériales de l'appel comme d'abus, car mes soldats ne pouvaient plus rien à tout cela. Il me fallait bien com« battre le pape avec ses propres armes. A ses érudits, à ses ergoteurs, à

(t) V. VÉgUm romaimê H k pnmkr mipirê, par 1C« d'HaanoiiTUls*

LA GR^TIOK M MOKOMLK tJNIV£RSlTAÎRfi $07

•es légistes» i aes scribes, je devais opposer les miens. L'évéqve ée Nantes, de Voisins, était parmi nos éyôques le plus ferme appui des libertés gallicanes. C'était mon oracle, mon flambeau, il avait ma confiance aveugle sur leslnatières religieuses, car dans mes querelles avec le pape j'avais pour premier soin, bien qu'en aient dit les intrigants et les brouilleurs, de ne pas toucher au dogme ; si bien que, dès que w bon et vénérable évoque de Nantes me disait : Prenez garde, vous voilà en face dn dogme, sans m'amuser à disserter avec lui, sans chercher m&ne à le comprendre, je déviais aussitôt de ma route pour y revenir par d'êtres voies ; et comme il n'avait pas mon secret, combien il aura été iUmné de mes circuits I Que j'aurai dû lui paraître bizarre, obstiné, capricieux, inconséquent ! C'est que f avais mon but, et qu*il ne le connais^ sait pas I Je fis transporter le pape à Fontainebleau, mais là devait être le terme de ses misères et la régénération de sa splendeur. Toutes mes gronda vues s'étaient accomplies sous le déguisement et le mystère ; j'avais amené les choses au point que le développement en était infaillible, sans nnl efTort et tout naturel. Aussi voit-on le pape le consacrer dans le fameax concordat de Fontainebleau, en dépit môme de mes revers de Moscou, et dès lors j'allais relever le pape outre mesure, l'entourer de pompes et d'hommages, j'en aurais fait une idole, il fût demeuré près de moi, Paris fût devenu la capitale du monde chrétien et j'aurais oirioA

LB MONDB HEUGIBPX AINSI QUB LE MONDE POLmQUB I »

Voilà le mot qui met l'unité dans toute cette vie !

Il disait encore une autre fois que « cet affranchiss&ment de la cour de Rome, cette réunion légale, la direction religieuse iam la main du souverain avaient été longtemps et toujours l'objet de ses méditations et de ses vcsitx (1). » Un pareil homme était vraiment rincarnation de la Franc-maçonnerie et de ses profonds desseins de despotisme sur les âmes.

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