LA DICTATURE NAPOL]£ONIENNS
en pour principal instmment dans cette œuvre Charles d^Âlberg, évéque de Ratisbonne et électeur de Mayence, qui était déjà inscrit sous le nom de Crescent parmi les disciples de Weishaupt. Voici ce que raconte à ce sujet un des chefs suprêmes du Carbonarisme, Jean de Witt, dans les Fragments extraits de ma vie et de l'histoire de mon temps :
« Il y avait une feuille de trèfle mystérieuse, composée des hommes d'État les plus éminents qui, pour amener Vunité et l'indépendance de l'Allemagne, aidaient le monarque étranger dans Texécution de tous les projets qu'il concevait pour l'agrandissement de la France. L^érection de royaumes étrangers en faveur de sa famille, chaque médiatisation» toutes les humiliations des princes allemands étaient conformes à leurs vœux, parce qu'ils connaissaient Tiatention formelle de l'empereur de médiatiser successivement tous les princes allemands, et, second Char* lemagne, de réunir l'Allemagne à la France. Cette association monstrueuse se serait longtemps maintenue sous Napoléon, car alors VAlle-magne n'eût formé qu'un seul tout. Si cela m'était permis, je citerais les noms des hommes éminents qui faisaient partie de cette association, appelée feuille de trèfle parce que trois honunes seulement se connaissaient. »
Voilà certes une accusation de trahison en due forme, qu^un maçon des hauts grades, carbonaro du 1^ et dernier degré, lance contre des frères. Après cela, il est peut-être facile d'expliquer, dans rhistoire de France et d'Allemagne, des événements qui étaient une énigme insoluble pour les contemporains.
Dans les Mémoires et correspondance politique de Joseph de Maistre, il est une lettre, sur la bataille d^AusterUtz, dont je ne puis pas ne pas donner ici un extrait :
« La bataille du 2 décembre nous a jetés fort loin des réjouissances. Ce malheur a été préparé, comme tous les autres, par le cabinet d'Autriche. . . Les autrichiens s'étaient emparés de la conduite de la guerre et faisaient tout à leur gré. Nous voulons tant de soldats, nous n'en vou" Ions pas davantage; nous les voulons là et pas ailleurs; nous n'en voulons pas en Italie; nous ne voulons pas de Cosaques, etc... Le premier sympt6me de la grande catastrophe se développa à Ulm, où Votre Majesté aura va ' avec le plus grand étonnement qu'il n'y avait point de général, ou qu'il y en avait deux, ce qui revient au môme. L'un avait le droit de s'en aller, l'autre celui de rester. (Et le général Mack, qui resta, rendit la place avec son armée de 33,000 hommes !)...
« Plusieurs concidérations défendaient de livrer une bataille» surtout
Lk RlévOLUTION A CHEVAL ET SES COMPLICES EN EUROPE 213
la certîtudô de recevoir, eous peu de jours, un renfort de quinze mille hommes qui n'étaient plus qu'à quelques marches. Le général Kutusof ne voulait point la bataille, mais les autrichiens la voulaient et la firent vouloir. La famine leur servit par-dessus tout à déterminer les russes : on en était au point que l'empereur de Russie partagea une oie avec mgt ofBciers, et que le soldat russe n'avait pas mangé depuis deux jours, lorsque la bataille fut résolue. Les chevaux, encore plus exténués que les hommes, refusaient le service ou n'avançaient qu'à force
de coups
t D'ailleurs, toute la valeur possible devait être inutile, dès que les iQtrichiens la contrariaient au lieu de la seconder. Presque sans résistance, on les vit s'ouvrir devant les français, céder le terrain de toutes parts, pour jeter leurs armes, et enfin tirer eux-mêmes sur les russes. Ceci parait fabuleux ; cependant il n'y a qu'une voix sur la vérité de ce bit... Personne ne doute ici que le plan de la bataille n'ait été communiqué à Bonaparte... J'ai lu, dans la lettre d'un officier étranger, bien informé et nullement suspect, ces propres paroles : On a rarement les fauves directes d'une trahison, mais il faut avoiLer que tout s'est passé pré' dsément comme s'il y en avait eu une,
< Plusieurs indices viennent à l'appui de ce jugement, parfaitement eonforme à la voix publique. Il paraît certain qu'on avait résolu du côté de l'Autriche de forcer^ par des revers, le brave empereur à faire la paix. Votre Majesté n'apprendra pas sans une extrême indignatioa qn'à la distance de quatre ou cinq lieues du champ de bataille on a trouvé des provisions en abondance pour toute l'armée qui se retirait. •
Un des moyens employés pour faciliter la marche des armées impériales avait été la création de loges militaires :
c Le gouvernement impérial avait encouragé la formation de loges
militaires, dit Glavel, et il y avait peu de régiments auxquels ne fût
ûUaché m atelier maçonniqtie. Quand les troupes françaises prenaient
possession d^une ville, leurs loges y faisaient choix d'un local, et s'appli'
^Humt à donner l'initiation à ceux des habitants qui leur paraissaient exer*
cet U plus d'influence sur la population. Ceux-ci, à leur tour, ouvraient des
loges, et les faisaient constituer par le Grand-Orient de France. Lors-
((ue ensuite ces loges devenaient assez nombreuses, elles formaient un
fiîand-Orient national, qui s'affiliait à celui de Paris et recevait de
wi l'mpdlsion. C'est ainsi que s'établirent, en 1806, le Grand-Orient
à» Bade à Manheim et, en 1811, le Grand-Orient de Westphalie à Cassel
dont le roi Jérôme Napoléon accepta la grande maîtrise. »
En 1845 le journal maçonnique V Orient y reprochant au maredial Soult d'avoir interdit les loges régimentaires, écrivait :
s 14 LA DICTATURE NAPOLÉON lENNB
c Cet homme d'État, formé à l'école impériale, pouvait- il avoir oublié tout le ' parti qu'avait tiré Napoléon I~ des ateliers régimentaires ? Il savait bien qu'à peine nos soldats s'établissaient-ils dans une ville soumise à nos armes, chaque régiment s'empressait de tenir loge, convo« quait à ses assemblées les maçons de la localité, multipliait autant qu'il pouvait les initiations, instituait des loges, et à la faveur des relatioiu intimes qu'il liait ainsi avec les adeptes, asseyait^^d'une manière stable et puissante l'influence du vainqueur sur le vaincu (1). >
Le souvenir de l'action des loges militaires s'est conservé aussi en Allemagne :
« L'entrée des loges allemandes, dit Eckert, était toujours ouverte aux maçons militaires, ce qui était un puissant moyen de surveillance et de propagande. Parfois les frères visiteurs importunaient par leur présence, récitaient des éloges pompeux, ou corrompaient des frères, au grand détriment de la patrie. En Espagne et en Portugal, où on l'avait introduite, la Maçonnerie déploya la plus grande activité pour créer un parti impérial. Elle se flattait partout de l'espoir qu'avec et par la dictature napoléonienne elle réunirait tous les peuples dans un seul royaume de frères et RÉALiSERArr ainsi tous les buts db l'ordre. Qui ne se rappelle avec étonnement l'enthousiasme subit que montra pour l'empereur
français certaine classe de la société Les défections dont à cette
époque se rendirent coupables plusieurs commandants de place prussiens eurent-elles toutes le môme fondement ? Je n'oserais l'afGrmer. Mais il est certain que plusieurs faits ne peuvent s'expliquer autrement d'une manière plausible, et c'est ainsi que s'explique l'entrée si facile des révolutionnaires en Belgique, en Savoie, à Mayence, à Trêves, à Spire, à Worms et à Francfort.
« L'Allemagne donna alors un spectacle étrange, inexplicable. Ses troupes aguerries, qui naguère encore avaient donné la preuve de leur bravoure, semblent tout à coup frappées d'impuissance, et ses généraux aveuglés. Dans toutes les rencontres avec les troupes républicaines et plus tard avec les troupes impériales, elles se montrent indignes de leur antique renommée. Les garnisons dans les forteresses mettent bas les armes, sans coup férir ; les renseignements reçus par les chefs sont faux; les décisions arrôtces dans les conseils de guerre sont aussitôt communiquées à Tennemi ; les ordres ne sont pas donnés ou sont mal exécutés ; les renforts n'arrivent pas à temps opportun ; les munitions font défaut ; la fidélité des officiers est suspecte ; le découragement est répandu dans l'armée par des bruits sinistres. Gomment expliquer ces faits
étranges ? ils ne sont dus qu'à la trahison des officiers allemaads,
sur l'ordre des chefs suprêmes de la Maçonnerie.
^1) L'Orteni, revue univeneUe de la Franc-vMçonnerie, t845, p. 226.
Napoléon abandonné par les sociétés secrètes 215
f L'ordre considérait Tempereur Napoléon P' comme un instrument destiné à renverser toutes les nationalités européennes ; après ce gigantesque déblai, il espérait réaliser plus facilement son pïan d'une république univôrselle. »
A Francfort et dans toute rAUemagne, raconte un illustre historien, les juifs l'acclamaient comme le Messie, tant ils avaient conscience du renversement de l'édifice social chrétien qui s'ac- / complissait par ses armes (1).
^I. — Napoléon abandonné par les sociétés secrètes
Tous ces faits n'ont eu lieu, ajoute Eckert, que kM*squ6 la Maçomem croyait marcher à son but par la république et par la dictature napoléonienne, et ils se renouvelleront toujours dans le même cas : c'est la conséquence de tous ses principes. La patrie, la nationalité, c*est le cosmopolitisme maçonnique. Aussi, dès que les chefs maçonniques comprirent que le despotisme impérial se concentrait tout entier dans une ambition personnelle et des intérêts de famille, et que la Maçonnerie n'avait été pour lui qu'un instrument, dès ce moment commença à bouillonner Teffervescence populaire, par le moyen du Tugendbundj œuvre des sommités maçonniques.
« La correspondance du haut maçon Stein, ministre de Prusse, avec k prince Wittgenstein, saisie par la police française et publiée par Napoléon lui-même, démontra que la conversion hostile s'étendait déjà jmqa'à la Hesse et à la Westphalie. Le conseiller Gruner, de Berlin, Itt professeurs Fichte, Pries et.Janh, non^seulement retirèrent leur appui à la dictature, mais se tournèrent contre elle avec toute la jeunesse et la Maçonnerie allemandes, et la dictature marcha à peu près de défûte en défaite jusqu'à l'ile d'Elbe et à celle de Ste-Hélène, comme elle avait auparavant marché, avec l'appui de la Maçonnerie et ses tralùsoas, de victoire en victoire.
« La défection des officiers saxons et des troupes, à Torgau et près ^Leipsick, est attribuée par des hommes instruits et compétents à des
(I) JaoveD, ZeU Mnd Ubetahilder, V^ôiL^ Herder, Priboorg, p.2S-24 .
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alliances avec la Franc-maçonnerie. La politique bien connue des loges à cette époque, et la qualité de maçons des généraux Thielemann, etc., qui commandaient à Torgau et à Leipsick, donnent à ces événements une explication -naturelle. Je n'oserais pas affirmer non plus que les défections des officiers français, après le soulèvement des loges contre Tempereur, doivent, comme celles des officiers prussiens à Tépoque où les loges lui étaient dévouées, être mises sur le compte de la Maçonnerie. On voit les mômes faits et on ne découTre que les mômes causes pour les expliquer (1). »
Voilà ce que dit un des hommes qui ont le plus approfondi le rôle néfaste joué par la Franc-maçonnerie.
Les événements d'Espagne, où' s'anéantit la grande armée et où tout le génie de Napoléon n'aboutit qu'à des désastres, eurent aussi des causes semblables. C'est au moins ce qui résulte d'une communication adressée en août 1875, par le Grand-Orient d'Espagne, au Monde maçonnique :
En 1808, le comte de Montijo succéda à Aranda comme grand maître de la Franc-maçonnerie du rit ancien (notez que ce Montre fut un des soutiens du parti joséphiste) ; mais vers cette épo« que se propagea en Espagne le rite écossais, grâce au comte de Tilly (Guzman de race et parent de celui qui joua un rôle dans la révolution de 1792), gentilhomme pauvre et voué aux aventures, qui, après avoir beaucoup voyagé en Europe, rentra en Espagne
pour y importer ce rite écossais ce II s'essaya à Séville, y réus-
« sit et parvint à former contre Napoléon une junte. Tilly déploya « de remarquables talents d'organisation, de ruse, d'énergie, pour « écraser ses compétiteurs. Dans un mois il réunit 40,000 hom- (c mes, mal armés il est vrai, mais qui formèrent à Baylen le grand « réseau qui paralysa Dupont, lorsqu'il fut attaqué par les vetoc( rans de Reding et de Costànos. Sous le titre modeste de com- « missaire de l'armée délégué par la junte, Tilly fut le directeur « de l'entreprise^ la tête de la combinaison^ et dans cette qua^ (c lité il rédigea la capitulation de Baylen. »
Ici la note contient un paragraphe, parfait chef-d'œuvre de stylo maçon, vraiment digne d'être signalé aux ministres de la jnierre qui doutent encore des périls encourus par les armées munies d'officiers francs-maçons. Qu'on en juge ;
« Si Napoléon avait su que Vhomme qui commandait ou
(l) Eckert, Ia Frane-maçonneriê^ U U, p. 155 et sulv.
Napol]£on abandonné par les sociétés secrètes 217
t camp ennemi était le chef des maçons espagnols du nouveau « rite, dont son frère Joseph était alors en France le grand maî- « tre, et qui comptait sans doute un grand nombre d'adeptes € dans les divisions réduites à capituler, il n'aurait pas manqué, « avec son caractère léger et soupçonneux (!), d'attribuer à la f trahison la défaite de^ ses armées^ quand il n'aurait fallu voir « dans cette coïncidence que des raisons pour adoucir la rigueur « de la guerre et pour soulager l'infortune {sic !!!). »
Il est curieux de constater que dans les conseils supérieurs de la Franc-maçonnerie on apprécie de la même manière son rôle his-. torique. Voici comment s'exprime récemment le F.*. Malapert,
orateur au suprême conseil du rite écossais, à la tenue solennelle
de maîtrise de la L. • . Alsace-Lorraine.
t An XYin^ siècle, la Maçonnerie étaitsi répandue dans le monde, qu'on peut dire que rien ne 8*est fait depuis cette époque sans son consenteiDent II ne me convient pas de vous parler aujourd'hui des gigantesques travaux de nos philosophes français, qui tous ont été francs-maçons. Rappele&-vous qu'il y avait en Allemagne un é(5ho pour toutes les idées généreuses. Le poète Wieland, le philosophe Kant ne sont pas les seuls francs-maçons de leur époque. Tous les hommes marquants s'y honoraient d'être initiés à ses mystères. Les loges d'Allemagne applaudirent aux premiers efforts de nos constituants. Mais quand les anglais Pitt et Burke, d'abord engagés dans la défense et la propagation de nos idées, eurent changé, les allemands restèrent fidèles à la tradition. La guerre éclata : la France marcha en avant, et grâce à nos idées nous avons partout trouvé des amis. Nous avions avec nous tous les peuples civilisés ; la Belgique, l'Italie, Mulhouse acclamaient nos ^ctoires. Les peuples étaient solidaires de nos actions, parce que nous étions les émancipateurs.
« Pois la France abdiqua son rôle; elle remit ses destinées à un soldat de fortune. Celui-ci rétablit les nobles et menaça de restaurer les anciens privilèges
« Après léna, sous la terreur inspirée par la présence de nos armes, ^ y eut grand courage à signaler les crimes des conquérants. L'honneur «n reyient à un philosophe allemand : Fichte osa monter en chaire e prêcher les idées de liberté ; c'était un des nôtres. Peu à peu le mouve- . ment s'accentua dans les loges; partout on revendiquait les droits de Iiiommeet du citoyen. Les souverains, sachant que le véritable mouvement progressiste ne pouvait pas leur profiter, favorisèrent la formation dane société anti-française, dont le seul but était de combattre nos ^êes. On l'appelait le Tugendbund. Nos malheurs de 1814 et de 1815
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furent la conséquence de cette croisade. Lesnaifs qui s'étaient laissé entraîner à la suite des souverains avaient supposé que les maîtres tiendraient leurs promesses ; la désillusion ne se fît pas attendre. Le despotisme étendit son manteau de glace sur la vallée du Rhin, comme sur le reste de la Germanie (1). »
Le changement dans la fortune de Napoléon fut si rapide, à partir de cette époque, que plusieurs historiens se sont demandé si ses facultés intellectuelles ne s'étaient pas affaiblies. M. Thiers a examiné cette question, mais a dû la résoudre négativement.
Jamais, en effet, le génie militaire de Napoléon ne fut plus fécond que dans la campagne de France ; jamais de vieilles troupes ne dépensèrent plus héroïquement leur sang pour la défense des frontières françaises ; le drapeau qu'elles portaient se couvrit d'honneur une dernière fois.
Mjaiis les lois naturelles de la guerre, qui donnent la victoire aux plus gros bataillons et aux ressources financières les plus considérables, reprirent désormais leur cours suspendu pendant vingt ans par l'action de la Maçonnerie : c'est ainsi que Napoléon fut par deux fois ramené sous les murs de Paris et obligé da renoncer à l'empire.
Seulement l'élan donné par les sociétés secrètes était de beaucoup dépassé : les peuples, longtemps comprimés, livrés enfin à eux-mêmes, revenaient partout à leurs anciennes dynasties.
En France, un immense mouvement royaliste se dessinait dès le mois de février 1814. La Franc-maçonnerie comprit qu'elle n'avait plus qu'à abandonner Napoléon et à s'empresser autour du nouveau régime, pour conserver ce qu'il serait possible de la Révolution.
Depuis Talleyrand, cette âme de la Franc-maçonnerie, comme prêtre sans foi et évèque de cour, comme citoyen et ministre du Directoire et du Consulat, comme ministre et grand feudataire, depuis Sieyès et Fouché, jusqu'à Grégoire, sénateur, jusqu'au duc d'Âlberg, neveu du premier lieutenant de Bonaparte dans la confédération du Rhin ; depuis Bernadette et Murât, jusqu'à Berthier, Marmont, Ney, Augereau et Maison, jusqu'au général Beurnonville, qui vint, comme grand maître adjoint, mettre la Maçonnerie aux pieds de Louis XVIII, en en répondant comme
(1) Reproduit dans la Chaîne d'union, 1874, p. 85.
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de lui-ifnéme ; depms le Sénat jusqu'au Corps législatif, tous se letournèreat contre la dictature qu'eux-mêmes avaient élevée et adulée pendant plus de quinze ans.