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INTRIGUES DIPLOMATIQUES CONTRE LA PAPAUTE

c Soas le conyert diplomatique, on allait, comme en contrebande, permettre aux sujets d'instruire le procès du souverain. On plaçait TÉ* glise inopinément en face de certains mécontents, dont on élevait Tirritation jusqu'au sublime du patriotisme. Bon gré mal gré, on contraignait les grandes puissances à se porter caution pour des rebelles. En exagérant d'un côté les plaintes faites au pape sur son gouvernement, en répandant de l'autre parmi les masses tantôt que le saint-siége avait concédé, tantôt qu'il s'était obstiné à refuser, on semait la désaffection, on entretenait l'esprit de trouble, et on arrivait peu à peu à une situation insoluble. Seymour (le commissaire anglais) avait ordre de placer un jalon anglais en vue de soulèvements ultérieurs. Il devait offrir aux carbonari un prétexte toujours plausible d'émeute et à l'Augleterre un motif toujours quémandé d'intervention immorale, offerte aux citoyens par ses exigences contre le prince. Ce double but fut atteint, et les so« ciétés secrètes se trompèrent si peu sur l'importance de la mission anglaise que, dans l'abandon de leurs lettres intimes, elles se félicitent da succès même avant l'entreprise.

• C'était une pensée singulièrement malheureuse, en effet, que celle d'imposer à un monarque indépendant des conseils publics, des admonitions sévères, et l'art de gouverner ses peuples selon la recette que l'idée antichrétienne se chargerait de lui fournir. La dignité du prince n'avait pas plus à y gagner que le bonheur public ; mais la papauté devait Y perdre en autorité et en prestige. On affaiblissait l'un aux yeux des romains, on dénaturait l'antre en plaçant le pontificat sur la sellette, et en lui prouvant, par voie d'induction comminatoire, que lui, qui se prétend l'arbitre spirituel de toutes les consciences, ne peut môme pas parvenir à satisfaire aux vœux temporels d'uçe minime fraction d'italiens.

c Outrageante dans son principe, impolitique dans ses résultats, con« damnée d'avance à une œuvre caduque, la conférence déposait dans le patrimoine de saint Pierre un germede discorde éternelle et une semence de révolte intérieure. Ne venait-elle pas, par une' démarche inouïe dans les fastes de la diplomatie, afficher aux quatre coins de l'État l'insuffittnœ ou l'impéritie du sacerdoce dans la gestion des affaires civiles ? Ne proclamait-elle pas que les prêtres n'étaient plus aptes à- gouverner (1) ? .

Deux mille réfugiés, tous membres plus ou moins avancés des sociétés secrètes , compromis ou se vantant d'être compromis , promenaient à Paris et à Londres leurs larmes de théâtre et leur disespoir de convention. Ils se plaignaient du despotisme clérical

(1) l'ÉgUm JtomasiM, etc., t. II, p. 199 et soiv.

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et du poids des chaînes imaginaires que Tinquisîtion leur faisait porter. L'Angleterre et la France leur témoignaient une pitié officielle et soldée, qui dut exalter leur ambitieux espoir, tout en donnant satisfaction à des calculs moins élevés. Les frères et amis en chœur, dans les journaux et les brochures, prenaient partout au sérieux, mais en Piémont surtout, ces prétendues plaintes, pour en faire le texte de leurs déclamations contre le pape et le pouvoir temporel ; et la conférence, faisant écho, rédigea, comme point de départ du mémorandum, un projet d'amnistie permanente, qui était une flétrissure pour la fidélité et la justification de toutes les futures révoltes.

Des avocats, des médecins, des artistes, des étudiants, des juristes de toutes les écoles, tuileurs dans les loges maçonniques, novices à barbe grise dans les sociétés secrètes, des jeunes gens échaufliés par la fièvre du libéraUsme et du progrès, minorité infime près des masses populaires qu'elle ne pouvait exploiter sous les noms de liberté, d'égalité et de fraternité, réclamaient à grands cris une interminable série de privilèges érigée en permanence sous le nom de constitution ; et la conférence, prenant le bruit de quelques-uns, maçons ou carbonari, pour le vœu de tous, s'appliqua à en libeller les points fondamentaux dans un memoran^ dum fameux, dont l'exécution, exigée par la Maçonnerie des grandes puissances ou ses dupes, amena tous les malheurs de Pie IX.

c Ce mémorandum comprenait quatre articles. Le premier, dans Vin» iérêt général de l'Europe, demandait que le gouvernement de l'État de rËglise fût assis sur les bases solides des a7néliorations et d'une garantie ^ intérieure qui le mît à l'abri des changements inhérents û la nature de tout gouvernement électif: d'une constitution par conséquent» comme si depuis un demi-siècle la Maçonnerie n'avait pas fait et refait, changé et rechange sans cesse toutes les constitutions des pays où elle devenait maîtresse et ses propres constitutions elles-mêmes.

« Dans le deuxième article la déclaration organique de Sa Sainteté devait partir de àeuxpnncipes vitaux: i^de l'application des améliorations en question non-seulement aux provinces où la révolution a éclaté, mais aussi à celles qui soM restées fidèles et à la capitale ; 2^ de l'admissibilité générale des laïques aux fonctions administratives et judiciaires,

c Le troisième article fait connaître que les améliorations doivent avoir pour objet : dans Vordre judiciaire, l'exécution et le développement conséquent des promesses et des principes du motu proprio de 1816 ; et dans V administration locale le rétablissement et l'organisation générale des municipalités élues par la population^ et la fondation des franchises muni*

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