INTRIGUES DIPLOMATIQUBS CONTRE LÀ PAPAUTÉ
réponda à Tambassadeur de Lonis-Philippe, d'abord que la gc^ rantie française paraissait très-^écieuse au saint-siège, mais (jue k pape croyait impossible de l'acheter pa/r des mesures qui seraient une véritable abdication de Vindépendance pontificat le; puis aux autres, que la garantie des cours est acquise do droit au saint-siège, mais que ce siège romain, en apparence si fai* ble, ne consentira jamais à sanctionner des réformes qui lui seraient dictées impérieusement et à jour fixe ; qu'il se réserve sa liberté d'action et son entière indépendance ; qu'il a depuis long* temps d'ailleurs prouvé par sa conduite l'empressement qu'il met à chercher et à réaliser toutes les améliorations désirables et comi patibles avec la sécurité publique.
Bientôt en eiTet quelques-unes des mesures demandées étaient prises ; le territoire pontifical était évacué par les troupes autrichiennes ; l'amnistie et la non confiscation des biens des chefs de l'insurrection étaient proclamées ; un motu proprio appelait dans les consultes et dans les administrations publiques les libéraux les moins hostiles. Vaines concessions I à peine étaient-elles ac« compiles, comme pour démontrer aux moins clairvoyants que leur stipulation n'avait été qu'un prétexte, les sociétés secrètes levaient de nouveau l'étendard de la révolte, proclamaient la déchéance du pape, et refoulées d'un côté par le cardinal Âlbani à la tète des pontificaux, elles acclamaient de l'autre, sur l'ordre de la Carbonara, les autrichiens rentrant l'arme au bras dans les Légations, comme pour faire croire que le gouvernement pontifical leur était plus odieux encore que le leur. Elles étaient bien aises aussi de manifester par cet enthousiasme de comédie leur reconnaissance pour les efforts tentés constamment par l'Autriche, depuis Joseph II et son ministre Kaunitz jusqu'à Metternich, pour isoler les Légations et les Romagnes de Rome et en faire comme un Etat à part se rapprochant du régime allemand avec les principaux articles du mem,orandum érigés en pragmatique (1).
C'était à rendre jaloux les maçons conservateurs de France et les déterminer à l'expédition d'Ancône.
« C'est en pleine paix, dans la nuit, écrivait à son frère, qui revenait de combattre en Pologne, le commandant Galais, qu'elle s'est opérée en escaladant le rempart y et brisant une des portes de la tncmne. Il faisait beau voir ton frère, à trois heu/res du
0) L'È^lim romafoe en face de la RioolfUion, t. II, p. 215, 22).
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fnatin, allant j avec une compagnie de grenadiers^ prendre dans son Ut le légat du pape en le priant^ du reste^ d'excuser la lu berté grande. Le désarmement des postes de la ville s'est fait sans résistance, et pas une amorce n'a été brûlée. La forteresse a été prise par capitulation. Le secrel a été si bien gardés que nous étions à cinq lieues d'Âncône que personne ne savait encore où nous allions. Le ministre du pape Bernetti s'écria en l'apprenant : « Non, depuis les sa/rrasins^ rien de semblable n'avait été tenté cwttre le saint^ère ! »
Palmerston de son côté adressait son dernier mot au saint-siège. Il y faisait l'éloge des insurgés passés et y donnait une assurance de protection aux insurgés futurs. Et pour leur fournir un perpétuel aliment de révolte, il demandait au pape, comme un grandmattre de l'Orient des Orients sait demander, des institutions représentatives complètes, la liberté illimitée de la presse et la garde nationale. Le cardinal Bernetti répondit verbalement et textuellement de la part du souverain pontife : « Que le Saint- Père prenait en très-grave considération les demandes du cabinet anglais, mais qu'il regardait des institutions représentatives et la liberté illimitée de la presse moins comme un danger pour l'Église que comme une impossibilité pour toute espèce de gouvernement sérieux. La Révolution a seule intérêt à faire prévaloir de pareilles utopies, qu'elle se hâte de supprimer aussitôt qu'elle triomphe.
ce Quant à la garde nationale, Sa Sainteté n'est pas complètement édifiée sur les avantages ou les inconvénients qu'offre cette institution civico-militaire. Le bien et le mal se balancent ; et lorsque le gouvernement anglais en aura fait lui-même l'expérience à Londres pendant quinze ou vingt jannées , le saint-père alors pourra adopter une mesure que la Grande-Bretagne propose toujours aux autres et ne semble jamais vouloir accepter pour ellemême. »
Cette réponse était péremptoire. Il était démontré que le mémorandumj qui n'était qu'un prétexte pour les sociétés secrètes et les adversaires de TÉglise, était devenu par l'autorité diplomatique un bélier qui n'allait cesser de battre le pontificat royaL En vain la Prusse désavoua son commissaire ; en vain la Russie intima à son envoyé de répudier ce que le mémorandum pouvait renfermer d'impérieux, l'Angleterre unie à la France s'efforça d'en faire entre les mains des maçons et des carbonari le levier le plus re*
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doutable pour le saint-siège, et sir Hamilton Seymour en retouroant à Florence laissa au cardinal Bernetti ce réquisitoire, que les loges et les ventes firent connaître bientôt à toute l'Italie :
« Le soussigné a Thonneur d'informer Votre Excellence qu'il a reçu l'ordre de sa cour de quitter Rome et de retourner à son poste à Florence. Le soussigné a l'ordre aussi d'expliquer brièvement à Votre Excellence les motifs qui ont amené le gouyernement anglais à l'envoyer à Rome, ainsi qne ceux pour lesquels il va maintenant quitter cette ville.
c Le gouvernement anglais n'a pas d'intérêt direct dans les affaires des États romains et n'a jamais songé à y intervenir. Il fut dans le principe iNviré par les cabinets de France et d'Autricbe à prendre part aux négociations de Rome, et il céda aux instances de ces deux cabinets, dans l'espoir que ses bons offices, unis aux leurs, pourraient contribuer à produire la solution amiable des discussions entre le pape et ses sujets.
« Le gouvernement papal n'ayant rien fait de ce qu'il fallait faire ponr calmer le mécontentement, il n'a fait que s'accroître, grossi par la déception des espérances qu'avaient fait naître les négociations entamées à Rome.
« Les efforts faits depuis plus d'un an par les cinq puissances pour rétablir la tranquillité dans les États romains ont été vains ; l'espoir de voir la population volontairement soumise au pouvoir du souverain n'est pas pins assuré qu'il ne l'était au commencement des négociations.
c Dans ces circonstances le soussigné a reçu l'ordre de déclarer que la pwsemgm/ent anglais n'a plus aucun espoir de succès, et que, la présence du soussigné à Rome devenant sans objet. Tordre lui«a été intimé d'aller reprendre son poste à Florence. Le soussigné a déplus mission d'exprimer le regret, dont sa cour est pénétrée, de n'avoir pu pendant une année et demie rien faire pour le rétablissement de la tranquillité en Italie. Le gouvernement anglais prévoit que, si l'on persévère dans la marche actuelle, de nouveaux troubles éclateront dans les États romains idvne nature plus sérieuse, et dont les conséquences multipliées peuvent à la longue devenir dangereuses pour la paix de TEurope. Si ces prévv* fions se réalisaient par malheur, l'Angleterre au moins sera pure de tonte responsabilité pour les malheurs qu'occasionnera la résistance à\a sages et pressants conseils émis par le cabinet anglais. »
C'était le programme de l'avenir italien rédigé, dirigé par l'Orient des Orients, préparé et exécuté bientôt à Rome même par uie des plus brillantes étoiles du grand maître, par Lord Minto,
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