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V. — l'unité ITALIENNâ

L'établissement de Punité italienne sous la monarchie piémontaise fut le résultat d'un concours d'actions diverses se combinant sous la direction du grand chef des sociétés secrètes, Palmerston, mais non sans des luttes d'influence et des rivalités passagères, qui par moment semblent rompre la trame des événements et déconcertent l'observateur superficiel, peu habitué aux mystères des sociétés secrètes. .

Les principaux acteurs dans ce drame furent, outre Palmerston, Mazzini, Cavour et Napoléon III .

Mazzini poursuivait toujours la réalisation du plan de la Jeune- Italie : l'Italie une, républicaine et démocratique.

Cavour, héritier de la pensée des carbonari aristocrates de la Haute-Vente, voulait l'unité, mais sous la maison de Savoie et avec la monarchie constitutionnelle.

Napoléon III, imbu foncièrement des idées révolutionnaires et saint-simoniennes, dont il avait été nourri dans sa jeunesse, dominé également par ses rancunes contre l'Autriche et ses serments de carbonaro^ hésitait entre ce passé et la réunion des intérêts conservateurs qui lui avaient servi de marchepied pour le trône. Il eût bien voulu refaire la carte de l'Italie, enchaîner l'Autriche, réaliser à Rome les desseins de la Haute- Vente romaine ; mais il eût préféré, en laissant le pape au Vatican dans une servitude dorée, ne pas froisser stérilement le sentiment des catholiques fran-

(1) Voir tous ces iacidenls rapporléi looguement par Âmand Neut, La Pram^»» maçannerie, t. U, p. 226 à 250.

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çais et établir, avec un Murât sur le trône de Naples, une royauté vassale dans le midi de Tltalie.

Mazzini, obligé, par spn échec de 1848, de plier sous l'ascendant de PalmerstoD, avait accepté la monarchie piémontaise, seulement à la condition que l'Italie fût une; maisilnesubissaitqu'à son corps défendant la dictature napoléonienne. Il se réservait de lui faire une gaene sourde et de lui rappeler de temps à autre ses engagements par ses sicaires.

Napoléon, sentant bien que son rôle utile serait fini le jour où le programme de la Révolution serait pleinement réalisé, mettait des lenteurs calculées à remplir ses engagements, de façon à se rendre possible nécessaire le plus longtemps ; mais, dominé par Pahnerston, surveillé de près par le prince Napoléon, au besoin stimulé par Mazzini, il ne dévia jamais de la route qui conduisait à ce but. Toutes les fois que quelques difficultés survenaient entre les comparses de ce drame, on voyait arriver à Paris le comte Arese, grand seigneur italien, ancien ami de Napoléon, homme de confiance de Mazzini et de Cavour, et la marche de la Révolulion reprenait alors son cours (1).

C'est donc à la fois à Paris et en Italie qu'il faut suivre le travail maçonnique qui réalisa l'unité.

L'opinion publique est aujourd'hui édifiée sur les procédés qui amenèrent la destruction des gouvernements italiens et sur la prétendue spontanéité du mouvement populaire. Voici cependant unepage d'histoire qui doit trouver place ici : ce sont les révélations d'un agent de M. de Cavour, Carletti, qui ont été publiées en Italie et en France après sa mort et n'ont jamais été démenties.

c La propagande secrète des piémontais dans la Toscane et les Romagnes commençaient à produire ses fruits. Tout était prêt pour une révolution ; les comités, qui travaillaient les esprits dans ces deux provins ces, sous la direction du comte de Cavour, demandaient au ministre le signal de Faction et quelques hommes sûrs pour opérer le mouvement. Je fus chargé de cette mission^ et envoyé d'abord avec 80 carabiniers d^ guises, — Ce dernier mot est évidemment sous-entendu toutes les fois qu'il est parlé par moi d'agents et de carabiniers à Florence pour me mettre à la disposition de Buoncompagni. — Le plan du mouvement fut arrêté dans une entrevue que j'eus avec cet ambassadeur et à laquelle assistaient Ricasoli, Hidolpbi, Silvagnoli, Bianchi : mes bommes de-

(1) Sor le comte Arese v. Frost, The Secret Sœietiet, ofthe European Beeolutitmt t U, p. 170, et Le dernier de$ Napoléons, V édiU, p. 31 ai 148.

vaient se disperser par groupes dans les quartiers extrêmes de la ville ; à dix heures, commencer à produire des rassemblements en criant : Vive l'indépendance I A bas les Bourbons ! et se diriger, par un mouvement de concentration, vers le palais Pitti... Aussitôt le peuple bien lancé, nous devions courir aux caisses publiques et nous en emparer. Ricasoli se char* geait de faire occuper par ses hommes les ministères, les postes et le palais ducal. Ce plan de campagne réussit, comme on le sait, de point en point * à 4 heures du soir, Buoncompagni était installé dans le palais du souverain, auprès duquel il était accrédité, et, à la môme heure, toutes les caisses publiques étaient vides.

« Mon récit, simple comme un procès-verbal, surprendra peut-être ceux qui n*ont vu les agitations politiques qu'à travers le prisme grossisseur de la peur, ou des journaux du parti triomphant. C'est pourtant l'histoire de toutes les révolutions. Elles sont presque toujours Tœuvre de quelqttes hommes à qui deux ou trois fonctionnaires achetés ouvrent les portes, et dont le peuple, le plus souvent indifférent aux questions en jeu, devient le complice sans le savoir, en leur prêtant, par curiosité ou pour amour du bruit, l'appui imposant de ses masses.

c L'armée, dont les chefs étaient gagnés à la Révolution^ avait été éloi-

• gnée et envoyée sur les frontières du Modénais, sous le prétexte de sur*

veiller les mouvements qui pourraient s'y produire, dans le cas où les

autrichiens l'évacueraient ; mais, en réalité, pour tenir ceux-ci en res*

pect, s'ils tentaient de pénétrer en Toscane pour appuyer le grand duc.

c J'eus ordre de me rendre -immédiatement à Parme pour donner la main au comte Gantelli ; avant de partir, je dus renouveler mon personnel, dont les deux tiers avaient disparu. Gela me fut facile :Aes émigrés de Rome, de Milan et de Venise me fournirent les éléments de ma nouvelle troupe. Les choses se passèrent à Parme comme à Florence ; on n'envoya pas l'armée au dehors, mais le général Trotti prit le parti plus simple de la consigner dans la citadelle.

c Pendant que s'accomplissaient les révolutions de Florence et de Parme, François IV, duc de Modène, abandonnait ses États, laissant ainsi le champ libre aux Zini et aux Garbonnieri, tout étonnés d'un succès aussi inespéré. La conduite du duc, dans cette occasion, est incompréhensible, si l'on ne suppose pas qu'il ait été abusé sur la vérita" ble situation. Je suis convaincu, pour mon compte, qu'il suf&sait d'un coup de fusil pour faire avorter la conspiration de Modène, comme du reste celle de Florence et de Parme. Quoi qu'il en soit, le duc parti, Zini et Garbonnieri se hâtèrent de former un gouvernement provisoire et appelèrent, comme gouverneur, Farini, sujet romain émigré, alors . médecin à Turin. Je le suivis comme chef de sa police politique...

c Cependant, on préparait tout dans l'Italie centrale pour les élections des parlements provinciaux, lorsqu'arriva à Turin la note du cabinet français, qui demandait le rappel, avant le vote, des commis-

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fiaires piémontais. Le Piémont ne pouvait se soustraire à cette exigence; il s'y soumit, bien qu'à contre-cœur, pour les Romagnes, la Toscane et le duché de Parme ; il avait dans ces pays assez d'agents pour y suppléer. Mais il n'en était pas ainsi à Modène, dont les campagnes surtout donnaient beaucoup d'inquiétudes. Il fallait que Farini y restât et pour cela trouver un prétexte qui abus&t le gouvernement de France ou plutôt l'opinion ; car il m'est difficile de croire que le cabinet impérial ait pris un seul instant au sérieux la comédie de Modène, pas plus que les autres jouées en Italie. Voici à quoi nous nous arrêtâmes, dans un long entretien que j'eus avec le gouverneur à ce sujet ; ou plutôt, voici ce qui se passa» car le programme fut exactement suivi.

a Le jour fixé pour le départ de Farini, je postai sur la place du Ghâ« teau une partie de mes hommes ; j'avais fait venir, pour en grossir le Dombre, tous les carabiniers et les agents de police qui se trouvaient à Reggio : Garpi, Mirandola et Pavullo. Dès que le gouverneur parut pour monter en voiture, ils se mirent à crier, suivant la consigne qu'ils avaient reçue : R ne partira pas, notre père à tous !It Ils suivirent la voiture en continuant leurs acclamations ; je m'étais placé, avec le reste de mes agents, au dehors de la porte de Parme. Au moment où le gouverneur arriva, à mon signal mes agents se mirent à crier : Viva il dittatore î se jetèrent sur la voiture qu'ils dételèrent et la ramenèrent dans la ville aux cris de : Viva il dittatore I En arrivant au palais, où attendaient les principaux membres du gouvernement commissarial, on dressa, sans désemparer, en présence de Farini, un procès-verbal qui le nommait citoyen de Modène et dictateur. Les premières signatures qu'on y lit au bas sont celles du comte Borromeo, secrétaire général de Farini ; Carbon^ nieri, ministre de V intérieur ; Chiesa, ministre des cultes ; Riccardi, chef du cabinet et gendre de Farini ; Visoni, secrétaire attaché ; Zini, intendant à Modène ; Mayr, intendant à Ferrare. Le soir, chez Farini, on rit beaucoup de la scène bouffonne de la porte de Parme. Au moment où la voiture fut dételée, j'étais à deux pas du nouveau dictateur; je le voyais à peine garder son sérieux.

« Les élections qui eurent lieu quelques jours après ressemblèrent beaucoup à la scène que je viens de raconter. Nous nous étions fait remettre les registres des paroisses pour dresser les listes des électeurs. Nous préparâmes tous les bulletins, pour les élections des parlements locaux, comme plus tard pour le vote de l'annexion. Un petit nombre d'électeurs se présentèrent pour y prendre part ; mais au moment de la clôture des urnes, nom y jetions les bulletins, naturellement dans le sens fiimcntais, de ceux qui s'étaient abstenus ; non pas tous pourtant, cela va sans dire, nous en laissions un certain nombre suivant la population du collège. Il fallait bien sauver les apparences, du moins vis-à-vis de l'étranger, car sur les lieux on savait à quoi s'en tenjr.

c Qu'on ne se récrie pas ; je n'exagère rien, tout cela est de la plus scrupuleuse exactitude. Eh 1 mon Dieu I en France, où le peuple est habitué au fonctionnement électoral, où la formation du bureau est à peu près sérieuse, de semblables altérations du scrutin n'ont pas été rares et ne le sont pas encore. On s'explique donc sans peine la facilité avec laquelle ont pu réussir de telles manœuvres dans des pays encore neufs à l'exercice du suffrage universel, et dont l'indifférence et l'abstention servaient merveilleusement la fraude, en faisant disparaître tout contrôle. Nous nous y prenions du reste de façon à rendre parfaitement illusoires les garanties de publicité et les moyens de surveillance. Dès avant l'ouverture du vote, des carabiniers encombraient les salles du scrutin et leurs abords. C'était toujours parmi eux que se choisissaient le président du bureau et les scrutateurs. Nous n'étions donc pas gênés de ce côté-là. Dans certains collèges, cette introduction en masse, dans l'urne, des bulletins des absents — nous appelions cela compléter le vote — se fit avec si peu d'attention que le dépouillement du scrutin donna plus de vo^ts que d'électeurs inscrits. On en fut quitte pour une reo* tification au procès-verbal.

c Pour les bulletins négatifs ou hostiles au Piémont, nécessaires pour donner au vote un air de sincérité, nous nous en rapportions aux éleo^ teurs eux-mêmes.

c En ce qui concerne Modène, je puis parler savamment de tout cela» puisque cela se fit sous mes yeux et ma direction. Les choses du resta ne se passèrent pas autrement à Parme et à Florence. De son côté, le dictateur avait pris^ lors des élections, toutes les mesures pour être sûr du parlement. Il obligea les candidats à signer d'avancé deux décrets qu'il avait préparés. Le premier prononçait la déchéance de la maison d'Esté ; le second prorogeait indéfiniment les pouvoirs du diclateur. Deux hommes seulement se refusèrent à signer : le banquier Amadio Livi, et le professeur Paglia ; ils ne furent pas nommés, c'est facile à comprendre.

« Lorsque Farini annexa, par un décret, les Romagnes à son gou« vernement, qui prit alors le nom de province d'Emilie, Pepoli et Mon* tanari se débarrassèrent de Gipriani, qu'ils avaient appelé eux*mémes au gouvernement. Le père de ce Gipriani avait fait faillite à Balegna (Corse) ; son frère avait failli à Livoume, et lui-même avait fait banqueroute en Amérique : voilà l'homme appelé au gouvernement des Romagnes, à la place du légat du pape ! On prit, pour s'en débarrasser. Le prétexte d'un déficit de 20,000 francs, dont il était parfaitement innocent, mais que Pepoli, ministre des finances à Bologne, avait remis tout simplement à Montanari, ministre de l'intérieur, pour ses dépenses de police. Le but de ces annexions successives de Parme et des Romagnes au gouvernement de Farini n'a jamais été nettement expliqué. Voici en deux mots le vrai motif : le gouvernement fran^is affectait une grau-

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de répugnance à laîssser annexer les Romagnes au Piémont ; mais on sayait qu'il ne s'opposerait pas à l'annexion de l'Emilie. Question de mots l £t, pour cette annexion au Piémont de toutes ces provinces sous le nom d'Emilie, ce que j'ai dit plus haut des élections aux parlements locaux s'applique exactement à ce second appel au suffrage universel. Plus des quatre cinquièmes des payants de l'Emilie ne se sont jamais approchés de l'urne ! C'est là un fait tellement notoire dans l'Italie centrale, que j'aurais pu me dispenser de le signaler, si je n'avais écrit que pour être lu au delà des Alpes.

c Du reste, les manifestations qui précédèrent ou accompagnèrent le vote, dans les villes, furent également organisées par nous. Tous les écriteaux dont les journaux piémontais firent grand bruit, et qui por« talent, les uns : Vive l'indépendance d'Italie l d'autres : Nous voulons pour notre roi légitime Victor^Emmanuel I étaient envoyés tout imprimés de Turin, et nous les placions nous-mêmes à tous les balcons, à toutes les fenêtres ; et, malgré la liberté des suffrages, personne n'aurait osé les enlever. Pour les illuminations, on stimulait le zèle des habitants à peu près comme on faisait à Paris, en 1848, avec cette différence que les bandes n'étaient pas tirées du peuple, mais bien des agents piémontais et la plupart étrangers, payés et remplissant une consigne ; et gare aux vitres de ceux qui n'obéissaient pas assez vite aux cris impératifs de Lu* mi ! Lumi, L'archevêque de Naples en sait quelque chose.

« Après le vote de l'annexion, je suivîs à Turin Farini, qui prit le portefeuille de l'intérieur. Dès le lendemain même de mon arrivée, il me faisait partir pour Rome, avec la mission de pousser à l'action le comité révolutionnaire de cette ville ; sur mes conseils, une démonstration fut organisée pour le 19 mars à l'occasion de saint Joseph. Nous ne dissimulons pas que nous n'avions aucune chance de succès dans une lutte, les français fussent-ils restés l'arme au bras; mais nous espérions intimider le pape, en l'abusant sur notre véritable force, et l'amener peut-être à quitter Rome, ce qui aurait entraîné le départ de l'armée française et assuré le succès. Mais la cour de Rome résista, et nous n'aboutîmes qu'à une échauffourée ridicule. Malgré cet échec, mon voyage ne fut pas entièrement perdu ; j'avais amené de Turin deux agents fort adroits, Biambilla et Bondinelli, que je parvins à faire entrer dans l'armée pontificale. Au moyen d'un système cryptographique con« venu, ils devaient nous tenir au courant de ce qui se passait à Rome. Un peu plus tard et à diverses reprises, je fis entrer un certain nombre de carabiniers piémontais dans l'armée que créait alors le général de Lamori^ (^ère ; ils nous furent d'un grand secours à Castelfidardo,

c A mon retour de Rome, Farini, qui avait sans doute conservé un bon souvenir de sa fausse sortie de Modène, me chargea, en sa qualité de minÎBtre de l'intérieur, d'aller préparer la réception du roi, qui de«

vait visiter officiellement ses nouvelles provinces* Je partis quelques . jours avant la cour, avec 50 carabiniers habillés à la française; je crois fort inutile d'entrer dans les détails de ce voyage : on a pu les lire tout au long dans les journaux de l'époque, dont les récits sont à peu près exacts, si Ton tient compte de l'illusion théâtrale. Et qu'on ne s'imagi« ne pas que ces derniers mots ne fassent allusion qu'à nous-mêmes, humbles, mais utiles comparses qui figurions le peuple dans ces représentations officielles ; les principaux rôles eux-mêmes étaient parfois tenus par des personnages qui n'éaient rien moins ({\jl officiels,.. Ainsi, à Bologne, l'archevêque, Monseigneur Vialeprela, s'étant obstinément refusé à chanter le Te Deum qu'on lui demandait, et ayant pris, pour couper court aux dispositions plus modérées du chapitre, le parti éner^ gique d'en suspendre tous les membres a divinis, trois aumôniers de rè« giments et douze élèves du séminaire de la Sapienza prirent la place da clergé épiscopal, et précédés des insignes pontificaux qu'on s'était fait U» vrer par la sacristie, ils vinrent recevoir le roi sous le porche de la ca* thédrale de San Petronio.

€ Cependant, malgré tout notre zèle, nous ne pûmes empêcher qu'à Parme, quelques cris de : Vive la République ! et à Pistoja, ces cris asses persistants : i)u paên / n'arrivassent jusqu'aux; orai'i^ du rot. Ces deux manifestations intempestives amenèrent une cinquantaine d'arrestations, qui furent du reste les seuls incidents désagréables du voyage.

c Quelques jours après, je fus envoyé à Ancône pour engager d'au« très carabiniers dans l'armée du pape, où nous en avions déjà un certain nombre, ce à quoi je réussis. Les instructions qu'avaient nos agents portaient sur trois points principaux : en garnison, provoquer le plus grand nombre possible de désertions à prix d'argent ; ils avaient à cet effet, caisse ouverte chez les consuls piémontais ; en campagne et au combat crier : Sauve qui peut ! et se débarrasser des officiers pendant Tao (ton. On sait comment ils remplirent leurs instructions à Gastelfidardo 9

c D'Ancêne, je me rendis à Florence pour y organiser en comité les romains exilés à la suite de l'affaire du 19 mars. Ce comité fut installé dans l'hôtel de New^Torck, où les émigrés étaient hébergés aux frais du gouvernement de Toscane. Cette organisation se rattachait à l'envahisse» ment des Marches et de VOmbrie, qu'on préparait déjà.

c On sait quelle clameur souleva le départ pour la Sicile de Gaiibaldi. On sait que les Tuileries adressèrent au Piémont une demande d'explication. Le ministre Gavbur se défendit avec énergie d'avoir don« né les mains à Texpédition de Sicile ; il soutint qu'elle avait été orga« nisée à son insu, et que Garibaldi s'était emparé, par la force, des deux bâtiments sur lesquels il s'était embarqué. Enfin, à Tappui de ses affir* mations, il publia la fameuse lettre de Garibaldi qui se terminait par ces mots : Sire, je ne vous désobéirai plus. La France voulut bien pren*

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