‹ Les sociétés secrètes et la sociétéChapitre 88 sur 151 · L^UNITÉ ITALIENNE · texte numérisé non relu

L^UNITÉ ITALIENNE

dre au sérieux ces explications. Fut-elle yralment dupe ? Je l'ignore. Mais bref... veut-on la réalité des choses ?

c Les deux bâtiments à vapeur ne furent pas enlevés de force, mais bien achetés par Garibaldi. Voici dans quelles conditions : Médici avait négocié l'affaire avec le propriétaire Rubattino. On était tombé d'accord fur le prix, mais Rubattino, à qui on n'avait pas caché la destination des vapeurs, se refusait à les livrer, sans paiement, sur la seule signa* tare de Garibaldi. L'acte de vente fut dressé chez le notaire royal Ba<« digni, nie du Pâ, à Turin, et signé par le général Médici pour Garibal* di, Saint-Frond pour le roi de Piémont, Riccardi pour le ministre de l'intérieur Farini ; et, comme on manquait de munitions de guerre, on fit voile pour Talamore où le gouverneur du fort remit poudre, carton* ches et armes, sur un ordre écrit du ministre de la guerre Fanti. Enfin, lorsqu'arriva la note Thouvenel, on manda en toute hâte Riccardi, chef de cabinet et gendre de Farini, auprès de Garibaldi pour le prier de se déclarer indépendant, ce qu'il fit par la lettre à Victor-Emmanuel dont nous venons de parler et qui fut pendant plusieurs jours le sujet

des commentaires inspirés des journaux piémontais Je me borne à

raconter.

c Garibaldi, alors maître de la Sicile (1), avait dirigé sur Livourne un certain nombre d'hommes saiA aveu, que la révolution sicilienne avait fait apparaître, et qu'il ne pouvait parvenir à plier à aucune discipline; le cabinet piémontais les campa à Ponte-d'Era (Toscane), et mit à la disposition de Nicotera, prêtre apostat qui les commandait, plusieurs officiers pour les instruire. Ce camp parut menaçant pour la tranquillité du pape; la France en demanda la dissolution. Que fit-on ? Quelques jours après, on voyait arriver à Livourne par le chemin de fer, Nicotera en tête, un régiment revêtu de l'uniforme garibaldien, qu'escortait la garde nationale ; on l'embarqua immédiatement pour Palcrme. C'était encore une mystification ; les Tuileries étaient satisfaites;., pas un homme n'avait quitté le camp de Ponte-d'Era. C'était bel et bien un régiment de l'armée régulière que l'on venait d'expédier en Sicile, sous les couleurs garibaldiennes (2). Nicotera avait reçu le brevet de colonel et 30,000 francs pour se taire, au lieu de 40,000 qui lui avaient été promis. Aussi ne se tut-il pas, et l'on n'a pas oublié les scènes scandaleuses du parlement de Turin.

t Pendant que, sous la casaque rougê, un régiment piémontais portait un puissant secours à l'expédition, le camp de Ponte-d'Era continuait à s'organiser, et, sitôt que tout fut prêt, les hommes qui le for-

(t) OrAee à la main de l'Angleterre et de nouvelles trahisons à prix d'argent. (2) Ce D'était pas du gouveraeineat français qu'on se Jouait, c'était ou compère, nuis des peuples d'Italie et de Fiaace.

maient pénétraient sur le territoire pontifical, ayant à leur tête le comité romain de Florence. Ils s'avancèrent en trois colonnes : la première^ sous les ordres de Sant-Angeli et Silvestrelli, sur Pérouse ; l'autre, sur Urbino, avec Martricola et Richetti pour chefs ; la troisième sur Pesa^ ro, sous les ordres de Silvani et Tittoni.

c D'après le plan primitivement arrêté , les piémontais devaient attendre que les hommes qu'ils lançaient en avant eussent révolutionné les Marches et l'Ombrie, et les appellassent pour y rétablir l'ordre. * Mais la situation de Garibaldi devenant inquiétante, la nécessité d'une prompte diversion fit mettre de côté des ménagements qu'on n'avait gardés jusqu'alors que pour satisfaire l'empereur, désireux de ne pas froisser trop violemment l'opinion publique. L'armée piémontaise passa immé* diatement la frontière.

c Le cabinet de Turin n'avait pas du reste, est-il nécessaire de le dire, pris une résolution aussi grave, sans s'être assuré que le gouverne» ment français continuerait de le couvrir du principe de non intervention. La mission que Farini et Gialdini venaient de remplir à Ghambéry avait eu pour objet cette délicate négociation. Napoléon III, il est vrai, n'avait pas caché, en accordant une réponse favorable, que, pour décliner toute solidarité, il pourrait se voir dans la nécessité de rompre diplomatiquement avec Victor-Emmanuel, mais cette éventualité n'inquiétait guère Turin ; et à peine était-il rassuré du côté des Alpes que, le jour même oi l'armée pénétrait dans les Marches, la Gazette officielle -publiait des décrets nommant Pepoli et Valerio commissaires royaux des Marches et de rOmbrie, Sant-Angeli général de la garde nationale, Silvestrelli intendant à Rieti, Mastricula sous-commissaire à Ancône, Silvani sous-commissaire à Orvieto, Richetti commissaire à Pérouse, Tittoni à Pesaro, les six derniers expulsés des États pontificaux après l'affaire da 19 mars.

c Je n'ai pas à faire Thistoire de cette courte campa^e des Marches, dont l'issue ne pouvait être douteuse avec la supériorité de nos forces et les éléments de décomposition que nous avions glissés dans Tarméc pontificale. Je me borne à mettre au grand jour un fait connu de quelquesuns, soupçonné de quelques autres, complètement ignoré du plus grand nombre : Oui, le général de Pimodan est mort assassiné. Au moment où il s'élançait, à la tête de quelques hommes qu'il avait ralliés, pour charger une colonne piémontaise, un soldat, placé derrière lui, lui tira à bout portant un coup de fusil qui ^atteignit dans le dos. Ge soldat était ce Biambiila, que j'avais, quelques mois avant, fait engager k Rome. Il fut, arrivé au camp piémontais, nommé maréchal des logis dans les carabiniers, et il est aujourd'hui en garnison à Milan. Il n'avait fait du reste que suivre les instructions de ses chefs.

f Quelques semaines avant l'entrée des piémontais dans les Marches,

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j'avais été envoyé à Naples. Le cabinet de Tarin commençait à cono»- Toir une méfiance sourde à l'égard de Garibaldi. On savait que les maabziaiens se donnaient beaucoup de mouvement à Naples, où se trouvaient réunis leur principaux chefs : Mazzini, SalB, Mordini et Mario. On craignait que Garibaldi, sans intelligence politique et plus que médiocre administratenr, ne se laissât circonvenir par les menées des républicains, et qu'enfin cette révolution napolitaine, dont les rapides résultats, il faut bien le dire, étaient moins dus aux armes de l'aventureux général, qu'à l'argent du Piémont (aux mains des carbonari et maçons), ne tournât à la confusion de Turin. Bref, le ministère voyait déjà le fantôme de l'Italie méridionale constituée en République, sous la présidence de Garibaldi. Ces craintes furent, autant au moins que la position embarrassée dé l'armée méridionale devant Gapoue, les raisons déterminantes de la brusque invasion des Marches. Ma mission était donc de m'assurer du véritable état des choses et de combattre les influences qui pourraient détourner Garibaldi des intérêts piémontais.

c Je trouvai Naples dans le plus incroyable désordre, le camp de Gaserte dans un désordre plus incroyable encore. L'armée regorgeait de femmes : Milady Withe et i'amirale Ëmilo en étaient les héroïnes ; les nuits se passaient en orgies... Garibaldi n'était plus reconnaissable quand il ne satisfaisait pas sa passion de popularité en se faisant acclamer dans les rues de Naples ; il partageait son temps entre Milady et Alexandre Dumas qui le suivaient partout. Il ne voyait rien, ne s'occupait de rien, et laissait les choses aller à vau-l'eau. A la faveur de cette insouciance, Naples était l'objet d'une exploitation en règle de la part des Gonforti, des Sciazola, des Gardona, des Imbriani, des Tefano, etc. ; je n'entrerai pas ici dans des détails, on les trouvera dans la brochure tpiciale que je prépare sur les affaires de Naples (1).

c Au point de vue politique, la situation du royaume de Naples était de nature à inspirer au gouvernement du Piémont de graves inquiétudes : les bourbonniens, un moment étourdis par la brusque et inexplicable apparition de Garibaldi, commençaient à envisager les événements avec plus de sang-froid et à se compter ; on sentait les premiers mouvements des Abruzzes prêtes à se soulever contre les nouveaux venus. D'un autre côté, les mazziniens travaillaient l'esprit faible de Garibaldi, autour de qui ils comptaient de nombreux partisans.

< Des piémontais, il n'en était pas question. Il suffisait d'un mot de Garibaldi, ou d'un avantage de l'armée de François II, pour renverser de fond en comble les espérances des piémontais. Devant cette situation que j'exposai longuement au ministère, il ne pouvait hésiter, sans man*

(1) Celte brochuro n'a pas paru, arrôtée probablement par roenaees ou à prix d'argeuL

â66 LA DESTBUCTION DÛ POUVOIR TEMPOREL t)tJ PAPE

quer à son programme à'unité italienne, qu'il savait au fond avoir payée de son argent : aussi' n'hésita-t-il pas. J'étais encore à Naples, lorsque Farini y arriva avec le titre de lieutenant du roi ; je fus attaché à son administration comme chef de la police politique. L'ancien gouverneur de rÉmilie arrivait à Naples plein de foi dans son habileté et dans Tavenir ; au bout de peu de mois, il partait désillusionné et profondément découragé. Après lui, furent bientôt usés et le prince de Garignan, et Nigra, et Ponza di San Martine, et Victor-Emmanuel lui-même, quoique présenté par Garibaldi, et Gialdini, malgré l'appui des mazziniens eux-mêmes.

« J'ai quitté Naples avec Ponza di San Martine ; en arrivant à Turin, ma démission m'a rendu ma liberté... L'expérience que j'avais acquise avait singulièrement modifié mes idées. Ayant touché les choses du doigt et connaissant mieux les besoins et les aspirations de l'Italie, je com« mençais à douter grandement du couronnement de l'édifice, dont lee bases, jetées à Plombières, avaient été si démesurément élargies. Je voyais le Piémont accepté avec répugnance et comme une transition par la Lombardie, s'imposant par la surprise et par des marueuvres à Parme, à Modène et dans l'Italie centrale, et se maintenant à grand peine et à force de sang dans le royaume de Naplos que quelques hommes venaient de lui vendre» Je n'avais aperçu nulle part cet enthousiasme pour l'unité italienne, qu'imbu des idées piémontaises, je m'étais attendu à voir éclater de tous côtés ; j'avais au contraire retrouvé partout, dans toute sa vivacité, l'instinct de Vindépendance locale. Partout enfin le Piémont était regardé comme un étranger et un usurpateur. En face de pareils sentiments^ j'étais bien obligé de reconnaître que le véritable drapeaa du mouvement italien n'avait pas cessé d'être Vindépendance et n'avait jamais été l'unité... (1) »

Si à ces hauts faits de corsaires et de héros de grands chemins courant sus aux nationalités italiennes, il fallait joindre le résumé des crimes, incendies, assassinats, spoliations et violences de tous genres employés par eux pour empêcher les peuples de prolester et leur imposer le silence de la servitude et de la mort, il nous suffirait de rapporter ici un extrait du rapport officiel du marquis d'UUoa, envoyé à toutes les cours et nulle part démenti.

(1) Bêvêlatiom d^un agent du comte de Cavour, p. 6 à 21. Ces Rêvélationt soot d'une autheDticilô inconlestable. M. Etienne San Pol, rédacteur en chef du Coiiteiiiporaneo de Florence, les a réimprimées en grande partie, et dans leurs détail! las plus infamants, dans ses Quarante vérités dites à la cour de T^irin, tradaitea et imprimées à Paris, chez Bmnet, et il les fait précéder de ces lignes : c Ce n'est pas moi, Sire, qui raconte rien id. Je vous dévoile, en citoyen honnête, oo que CorletU s'est chargé de dévoiler A V Italie et à V Europe. Il s'agit d'un livre qui a lait la tour du monde. Imprimé à l'étranger, il a été reproduit à Naples, A Rome, àBologna^ à Fiorsnc^i et psasoma m l'a démenti, i

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c Les généraux traîtres et étrangers, les Pinelli, les Nerin, les Galateri, les Fnmele, etc., en enyahissant les États napolitains, annoncèrent' une guerre ^extermination dans laquelle la piété était un crime. Gialdini, qui peut se glorifier d'avoir ordonné plus de fusillades pendant la courte durée de sa lieutenance, que tous les pouvoirs antérieurs, adressait, le 28 octobre, à tous les officiers sous ses ordres, cette proclamation : Faites publier que je fusille tous les paysans armés que je prends ; j'ai déjà commencé, et partout où les insurgés (défendant leur patrie et leur natio« nalité) sont tombés entre les mains des piémontais, ils ont été fusillés, fom« mairement et sans miséricorde. On a vu des sacrifices humains de 40 ou 50 prisonniers à la fois. A Monteciffiane par exemple, sur 80 prisonniers, 47 furent passés par les armes ; à Montefialcone, 50 hommes, ré* fagiésdansla maison môme de Dieu, y furent égorgés ; à Montecoglioso» un capitaine fit enfermer dans une chaumière dix ou douze laboureurs, qui ne l'avaient pas bien renseigné sur la marche des insui^és et les brûla en présence de leurs familles. Du temps de Garibaldi, des populations entières ont assisté aux massacres d'Ariano, de Trasso, de Padoli^ de Montemiletto, de Terrecuso, de Panepisi, de Sant-Antimo^ d*Isemia, de Gastellacia, de Gastelsarraceno, de Carbone, de Lutronico, pacifiques asiles de l'agriculture et de l'industrie. Sous la conquête, on a vu la destruction de San-Marco-in-lunis, de Viesti, de Gotronei, de 8pinello^ de Rignano, de Barrile, de Yico-di-Palma, de Gampo-di-Mia« no, de Guarda-Regia, à la suite d'ignobles scènes de pillages, de viols et de sacrilèges... Qui enfin n'a pas entendu l'affreux récit de la destruc* Mon et de l'incendie de Pontelondolfo et de Gusalduni ?.,. Que dire des assassinats de Rome, de Naples, de Parme, de Ferrare, de Bologne f Bt, pour que le monde entier ne pût douter de cette confraternité d'incendie et de meurtres, la chambre des députés de Florence, le ministre Menabrea à sa tête, ne vient-elle pas, en en faisant l'apothéose, d'acclamer, comme ses frères et des fils de la glorieuse Italie, les ignobles assassins Monti et Tagnetti, exécutés à Rome, selon toutes les lois, pour avoir fait sauter en guet-apens la caserne de Serristori à Rome, et y avoir fait périr 25 zouaves, blessé une quantité d'autres personnes, parmi lesquels des femmes et des enfants.

c D'après les chiffres officiels conmiuniqués par le ministère de l'intérieur de Turin, bien au-dessous de la réalité sans aucun doute, et Apportés par le Portofoglio Maltese, il y aurait trente mille italiens, mendiant leur pain sur la terre étrangère, quatre-vingt mille privés de lear position à l'intérieur, et réduits à la misère ; le nombre des fusillés oa massacrés s'élèverait à plus de dix-huit mille, et les napolitains emprisonnés en une seule année dépasseraient quatorze mille. »

Pendant que œs événements s'accomplissaient en Italie, le complot maçonuique se déroulait aussi à Paris. A la fin de 1859 pa-

36Ô LA DESTRUCTION Î)V POUVOIR TKIÉPORBL DU PÂPit

rut une brochure, le Pape et le Congrès^ écrite sous les yeox même de l'empereur par M. de La Ouéronnière et qui fut imrnôdiatement signalée par les journaux officieux comme l'expression de la pensée du maître. Elle rééditait toutes les vieilles calomnies contre le pouvoir temporel et concluait à laisser s'achever l'œuvre de l'unité italienne et à réduire le pape au Vatican et à son jardin.

Ce programme ainsi arrêté par Napoléon III et ce gage donné par lui aux sectes en leurs représentants Cavour et Palmerston, les événements se précipitèrent.

Le pape avait réuni une petite armée de catholiques fidèles qui, sous la conduite de l'illustre général Lamoricière, le vainqueur d'Âbdel-Kader, était parfaitement en état de réprimer les mouvements insurrectionnels qu'une poignée de sectaires avaient artificiellement provoqués dans les Romagnes.

Le gouvernement français avait fait tout ce qui dépendait de hl pour empêcher la formation de cette armée. L'élan des catholiques l'obligea à ne pas prendre ostensiblement des mesures contraires ; mais quand elle fut formée et se prépara à réprimer l'insurrection des Romagnes et à rétablir dans ces provinces Taatorité du pape, Napoléon III y opposa son veto absolu.

Ce fait si grave a été constaté officiellement dans une dépêche écrite peu de temps après à Castelfidardo par le cardinal Antonelli à Mgr Meglia, nonce à Paris. Le secrétaire d'État, dans cette dépêche, réfutait l'accusation d'impuissance élevée-contre le gouvernement pontifical par une brochure anonyme et offideose : La France j Rome et l'Italie écrite par la même main que Le Pape et le Congrès.

Ce cardinal Ântonelli s'exprime dans dans cette dépêche en ces termes bien significatifs, malgré le style diplomatique qui les enveloppe :

€ Je m'abstiens ici à dessein de toutes recherches sur les circonstances qui empêchaient de rétablir l'autorité du pape dans les Romagnes. Je dirai seulement qu'on ne comprend pas comment la France ne devait pas le faire, après qu'elle avait pris en main la protection du pouvoir temporel du saint-siège, comme la brochure en convient Si d'aillenn cette protection comportait la présence de ses troupes à Rome» on ne voit pas pourquoi elle ne le comporterait pas à Bologne.

c J'ajouterai enfin que le souverain pontife le pouvait, ayant déjà one année suffisante pour reprendre les Romagnes ; et, s'il ne l'a pas fait, l'auteur de la brochure doit le savoir mieux que personne, c'est

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Mais il ne suffisait pas aux complices d'empêcher le pape de reprendre les Romagnes. Sa vaillante armée empêchait les comédies qui s'étaient jouées à Parme, à Modène, à Bologne, avec le concours de quelques carabiniers piémontais déguisés, de se re« produire dans TOmbrie. Une tentative d'insurrection à Pérouse avait été réprimée immédiatement par les troupes pontificales aux applaudissements de rinunense majorité de la population.

Napoléon III et Cavour résolurent d'en finir, et l'hypocrisie ne suffisant plus, ils recoururent à la force, à l'emploi de l'armée régulière piémontaise pour détruire la petite armée pontificale.

C'était un an après la publication de la brochure-programme LB Pape et le Congrès.

Napoléon III s'était rendu à Chambéry pour recevoir les félicitations des nouveaux sujets que M. de Cavour venait de lui céder par le traité de Turin, en compensation des Romchgnes et de la lettre au pape^ comme il l'avait dit expressément au parlement de Turin. Il y avait reçu les hommages que le gala^tuomo lui avait envoyés par Cialdini et Farini . Que se passa-t-il dans cette entrevue ? Le Moniteur ne l'a pas dit ; mais l'histoire rapporte qu'à la suite, et à peine revenu à la tête de son armée, Cialdini attaqua la petite arinée du pape, et sans déclaration de guerre aucune il envahit en guet-apens le territoire pontifical, et au milieu de trahisons sans nom dans aucune langue, et dix contre un, ils s'emparèrent des Marches et de TOmbrie, Légations qui restaient encore au pape.

M. de Becdelièvre, ancien colonel de zouaves pontificaux, raconte que, dans le séjour qu'il fit après la capitulation de Lorette à Ricanati, il eut la conversation suivante avec le général Cugia:

t Ne craignez-vous pas, lui demandait-il» que la France ne vous arrête ? N'avez- vous pas lu la dépôche du duc de Grammont, disant au consul d'Ancône que l'empereur s'opposera par la force à vos envahissements?— Oh I me dit Gugîa en riant, nous en savons plus long que votre duc, Vendredi dernier, notre général en chef, Cialdini, déjeunait à Chambéry, où, après avoir demandé des conseils sur ce qu'il avait à faire, a lui fut répondu : Entres, et faites mU î — Vous le voyez, nous aUoQs vite (1). 9

{i)9fmenirs deParmée porUifealê, p. 84, — OiuetU dé ttanee. Il ocC. 1877, ^ OtisHlêdu Midi, 17 oct. 1867.

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