‹ Les sociétés secrètes et la sociétéChapitre 95 sur 151 · EN ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

EN ALLEMAGNE

Après les grands succès de la Prusse, un habile personnage a dit que « c'étaient les maîtres d'école prussiens qui avaient gagné la bataille de Sadowa ! » Comme toutes les phrases à effet, colle-là a été répétée partout, surtout en France. Rien n'est plus faux, si l'on veut y voir la preuve du développement de la puissance des peuples par l'instruction primaire. Les pays que la Prusse a vaincus en 1866, la Saxe, le Hanovre notamment, étaient beaucoup plus avancés qu'elle sous ce rapport ; mais le mot est parfaitement vrai, si l'on entend par là que les maîtres d'école et les professeurs des universités allemandes, presque tous francsmaçons, ont par leui*s enseignements beaucoup plus contribué que M. de Moltke aux victoires de la Prusse.

Il y a longtemps que la secte réalise en Allemagne le mol d'ordre qu'elle tient des illuminés: corrompre pour arriver à dominer. Le terrain lui était particulièrement préparé par le protestantisme, qui aboutit logiquement au naturalisme, et par le socinianisme qui a envahi sourdement toutes les confessions protestantes. Au commencement de ce siècle Mongelas, un disciple de Weishaupt, avait déjà introduit en Bavière renseignement obligatoire [Document J) cl vers 1825, l'auteur du livre des Sociétés secrètes en Allemagne pouvait tracer ce triste tableau des universités de ce pays :

(I) Pacbtler, Der Gœlze dtr ButnanUcU, p. 667.

LA Franc-maçonnerie maîtresse de l'enseionembnt 407

c II suit de cet exposé que 8»200 étudiants suivaient en 1818 les cours des vingt-une universités, dont six catholiques, une mi-partie et quatorze protestantes; que la population allemande, étantde 27,500,000 âmes, donne pour chaque million à peu près 288 étudiants, dont 150 au moins sont affiliés à rilluminisme, ou aux sociétés secrètes, sous le nom de Tugendbund, francs-maçons, Bursehenschafts, bande noire, etc. ; et qu'enfin plus de la moitié de la génération qui va prendre part aux affaires publiques en Allemagne est imbue des principes de la secte. Qu'on nous réponde avec d'autres chiffres, si Ton peut. »

Un homme cependant a marqué entre tous dans cette œnvre de corruption des jeunes générations, c'est le ministre de Prusse, le haut maçon d'Âlskentein sous le règne de Frédéric-Guillaume IV.

Laissons Tarchevéque de Cologne, TÂthanase de TÂlIemagne, résumer, dans son livre de la paix entre V Église e$ les États, toute la marche de cette tactique infernale :

t G*est sur le terrain des écoles, écrit-il, que le ministre d'Alskentein «^efforçait principalement d*attaquer dans son principe vital, de dissoudre et d'extirper le Catholicisme plus spécialement, mais en môme temps aussi le Christianisme tout entier.

c II s'était peu à peu rendu maître, non pas seulement des univers sites, mais encore de tous les gymnases, de toutes les écoles se* condaires et enfin môme des écoles primaires dans les villes et les campagnes. Pour la moindre école de village, il avait déterminé et prescrit le plan des études, les lixyres scolaires et jusqu'à ceux qui ne devaient servir qu'à de simples lectures. Il avait apporté le soin le plus minutieux à ce que tous ces livres fussent propres à insinuer et à propager, sous des formes artificieuses et légèrement voilées, toutes les doctrines et les tendances anti-catholiques, bien qu'il n'y tolérât rien de ce qui aurait pu ressembler à une attaque ouvex'te contre l'Église catholique ou contre le Christianisme. C'est surtout envers les catholiques que Ton redou* blait de précaution ; à chacun l'on donnait la nourriture qu'il était capable de supporter.

c Dans les provinces rhénanes et en Westphalie, où le Catholicisme tô présentait sous une forme plus concentrée et par conséquent moins maniable, l'action gouvernementale était infiniment moins sensible. Les évêqaes étaient consultés, le plan d'enseignement leur était communi* qaé,ranti-caiholicismenese manifestait et ne se propageait que sous des nuances mondaines. En Silésie et dans la Prusse orientale Ion marchait plus à visage découvert : l'influence de l'Ëglise sur l'enseignement Q y était plus aucunement tolérée. L'on ne touchait pas sans doute aux formes catholiques, mais l'on introduisait, coomie en contrebandOi une

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multitude de livres rédigés dans un sens purement déiste et propres è miner sourdement les pratiques et les doctrines catholiques.

« Une disposition plus importante encore du ministre fut rezclusion complète de toute influence ecclésiastique sur les séminaires pédagogiques (écoles normales). C'est là que s'établissent en forces toutes les tendances anti-catholiques ; c'est de là que, sous forme d'instructions morales, ou d'habiles commentaires d'ouyrages souvent innocents et exempts de tout reproche d'hétérodoxie, ces tendances se répandent dans toutes les veines du peuple catholique. Là tout contrôle devenait à peu près impossible, et, il faut l'avouer à la honte de quelques évoques et de leur clergé, ce contrôle ne fut pas même tenté par eux. Malheu* rcusement ils ne s'occupaient guère de la nomination des maîtres d'école, chez la plupart desquels l'émancipation de toute influence ecclésiastique avait pris le caractère d'une idée fixe. Dans les provinces orientales de Prusse, le curé et le maître d'école, lorsqu'ils ne sont pas tous deux imbus de sympathies rationalistes, se trouvent dans une situation meilleure ; chez eux les choses sont les mômes et depuis longtemps engagées dans ces voies.

c Laissez-nous les écoles, disait le ministre d'AIskentein, et nous vous laisserons volontiers les pompes de votre culte, les splendeurs de votre hiérarchie, vos évoques et vos chapitres ; nous les honorerons mémo à l'extérieur, et nous les protégerons ; car ils nous servent, pour un temps encore, de manteau pour couvrir nos vues et nos mesures, et par leur moyen nous tenons les catholiques en repos. Mais lorsqu'une fois ce qui est essentiel au Catholicisme sera effacé du cœur de votre peuple, lors* que la chaîne de vos traditions sera rompue, votre hiérarchie tombera d'elle-môme comme un vieux chifl'on ; elle ira se confondre dans les ordures que le balai jette dehors ; elle sera foulée aux pieds de chacun, à moins que nous ne voulions bien la sauver, en la classant parmi les autres fonctionnaires de l'État. »

Pour compléter cette page d'histoire par des faits plus récents, il faut lire dans l'ouvrage de Pachtler, Der Gœtze der Humaniiœt^ le chapitre sur la propagande maçonnique dans les écoles. Au fond de toutes ces méthodes si vantées, de ces leçons de choses, système Frœbel, au milieu de ces institutions philanthropiques , comme les Kindergarteny l'on retrouve la propagation persévérante, dès le plus bas âge, des principes du pur naturalisme. S'emparer de réducation des femmes pour les déchristianiser et les démoraliser, est en ce moment un des principaux objectifs de la politique d'État et des efforts de la Maçonnerie en Allemagne (1). Le père Pachtler

(I) Toal lo plan maçoonique à ce lujet ost exposé dans uo dlwoars da P.*. Pis. cber, tenu Ueu uooiéance d'adopUon à Frihourg, lo 31 décembre 1872^ al publié

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