CHAPITRE X
Charlotte a trente ans, Emily, vingt-huit, et Anne, vingt-six. Au dire de l'aînée qui sert de chroniqueur à toute la famille elles n'ont encore rien fait. En effet, elles sont ignorées, non seulement du publicmais du monde entier à l'exception de trois ou quatre personnes qui connaissent leurs aspirations et les voient ronger leur frein. Nous-mêmes, spectateurs de leur vie, comment nous frappent-elles ? J'ai nommé plus haut, parce que la comparaison vient naturellement à l'esprit, Eugénie de Guérin. De quel côté vont nos sympathies? Où iront nos pensées quand elles seront laissées à elles-mêmes ? Ne sera-ce pas toujours vers la charmante sœur de toutes les âmes chrétiennes et rêveuses? Comme le Cayla est accueillant et ouvert, au regard de la cure de Haworth ! Comme la tristesse y est moins lourd» ! Comme la prose de l'existence quotidienne s'y colore au lieu de rester grise et maussade! Un charnu-
transfigure les moindres actes comme les moindres
paroles d'Eugénie. Ce qu'il est, nous n'avons pas
besoin de le demander à Matthew Arnold qui l'a
cependant bien senti : la religion catholique comme
elle s'exprime, non dans les livres glacés des savants
ni dans les déclamations des politiciens, mais dans
les prières de l'Eglise et dans la vie des saints, a un
rayonnement unique. Seul, le stoïcisme qu'Emily
impose à ses sœurs pourrait relever le terre à
terre de leurs vies étroites. Mais 'le stoïcisme ne
relève jamais rien : il n'a ni la vertu ni la contagion de la bravoure et de la résignation, il est sa récompense à lui-même, parce qu il ne fait rien que pour lui-même et qu'il n'y a pas d'amour en lui.
Nous restons donc en face des pauvres filles d'un clergyman pauvre, se défendant assez faiblement contre la mauvaise chance et s'enfermant dans un courage d où l'aigreur n'est pas absente. Si les Brontë n'eussent rien publié, elles nous paraîtraient dignes de pitié certainement, elles ne seraient guère intéressantes.
Mais nous pouvons ouvrir les quelques cahiers de poésies que Charlotte allait faire imprimer et aussitôt nous en voyons les auteurs sous un jour nouveau. Dieu se révèle dans le monde par la sainteté, la charité et l'héroïsme; il se révèle aussi par
le génie : ces filles, à travers leur existence de ménagères et d'institutrices, étaient visitées par ce que, à défaut d'autre terme, — on appelle l'inspiration poétique. Elles savaient, d'expérience fréquente, ce que c'est qu'être transporté, par la rencontre d'un son avec un sentiment ou une image, dans un monde autre que celui-ci, où tout devient charmant et facile. Cette grande fille brune, Emily, que nous voyons battre un tapis dans le jardin de la cure, ou, à genoux dans une chambre, comptant des pommes de reinette, entend des voix quand elle se promène dans les moors; la clochette des bruyères lui parle dans l'anfractuosité du roc, une musique insaisissable passe en même temps qu'elle dans la gorge isolée; Anne, la timide et silencieuse, est jetée a dans un charme de rêve par l'étoile de la montagne » ; Charlotte ne sent plus le poids de sa responsabilité et de ses échecs : de longs rythmes la bercent ou elle s'abandonne à la violence qui est le fond caché de sa nature. Qu'on lise une des faibles imitations lamartiniennes d'Eugénie de Guérin après un poème, un vrai poème d'Emily Brontt5, dont les vers s'envolent comme de beaux oiseaux sauvages, aussitôt les deux femmes changent de rang. Eugénie reste exquise, mais elle est à notre niveau, l'autre est un être à part. C'est le privilège du poète ; il peut être homme faible et lâche : certai-
nés minutes l' élèvent au-dessus de l'humanité. Ne cherchez rien de noble dans les lettres d'amour du pauvre Musset, mais relisez Y Espoir en Dieu.
Charlotte et Anne ne sont pas à la hauteur d'Emily. Charlotte fait le vers avec une rare facilité, elle a le mouvement et l'harmonie; dans une ou deux pièces, — celle intitulée Apostasy, par exemple — elle sait mettre une fougue qui rappelle Browning, mais elle est longue souvent et presque toujours elle est romantique.
Une pièce qu'elle traduit du français semblerait bien plutôt avoir été traduite de l'allemand. Une seule fois, dans une pièce intitulée : Mémoire et toute pleine de la poésie panthéiste du tombeau, familière à Emily, son idée trouve une expression digne d'elle.
La muse d'Anne est religieuse et profondément triste aussi. Le calvinisme a mis sa main de fer sur elle dès son enfance et elle ne s'est jamais dégagée de la cruelle étreinte. Comme Cowper à qui elle dédie des strophes comme s'en écriraient des compagnons d'infortune, elle aimait Dieu et le voyait terrible. Souvent une image rapide montre qu'elle aussi sentait la nature, qu'elle connaissait l'ivresse du vent d automne soufflant dans les bois ; une ou deux fois elle balbutie tout bas des vers d'amour, mais ce qui lui est trop instinctif, c'est la prière sup-
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pliante et sans espérance. La terreur de la damnation fait trembler sa pauvre petite voix innocente.
Il y quelque chose de déchirant dans le rythme dune courte pièce, Appeal, qui commence par un aveu de fatigue indicible, et dans la joie triste d'une autre poésie où elle remercie Dieu d'un jour, un seul jour heureux.
Deux fois elle se révolte. La première c'est pour apostropher l'insolente sécurité des « élus», comme s'appellent eux-mêmes les calvinistes assurés de leur salut. On n'a jamais rien écrit de plus poignant. Pas un mot où n'apparaisse toute l'âme ulcérée, sentant confusément que la doctrine est jugée par l'orgueil même de ses adeptes et n'ayant cependant pas la force de le dire à Dieu, sinon dans un sanglot pitoyable. L'autre pièce est celle à laquelle j'ai fait allusion en disant un mot de la religion des Brouté'. Elle est intitulée Prière dans le Doute et n'est que le dernier cri d'une âme trop longtemps torturée- La voici :
Eternelle puissance de la terre et du ciel ! Invisible et cependant visible en tout, Cachée mais habitant partout, Muette, mais parlant dans le moindre son :
Si jamais ton oreille s'est penchée en merci, Quand les mortels misérables t'ont invoquée ; Si vraiment ton Fils fut envoyé Pour sauver les pécheurs comme moi ;
Alors, entends-moi maintenant, tandis qu'agenouillée J'élève vers toi mon cœur et mes yeux, Tandis que toute mon âme s'exhale en prière ; Donne-moi, donne-moi la foi. Je crie.
S'il n'y avait pas une lueur en mon âme, Je ne pourrais élever cette prière fervente ; Mais, oh! donne-moi une lumière plus forte, Et laisse-la moi dans ta merci.
Tant que la foi reste avec moi, je suis heureuse : Elle change en jour ma nuit la plus sombre ; Mais quand je la serre contre moi, Souvent je la sens qui m'échappe.
Alors dans le froid et la nuit mon âme tombe, A voir fuir la lumière de ma vie ; Et tous les démons d'enfer, me semble-t-il, Exultent de mon angoisse.
Que ferai-je, si tout mon amour,
Mes espérances et mes travaux sont perdus,
S'il n'y a pas de Dieu du ciel
Pour m'entendre quand je prie ;
Si tout n'est qu'illusion,
Si la mort est un éternel sommeil,
Si personne n'entend mon appel secret
Ni ne voit mes larmes silencieuses?...
0, aide moi, Dieu ! Car toi seul Peux soulager mon âme affolée ; Ne l'abandonne pas, elle est tienne, Faible, mais demandant la foi.
Chasse, chasse ces doutes cruels,
Fais moi savoir que tu es Dieu !
Si ma foi brillait jour et nuit,
Que seraient mes fardeaux terrestres ?
Si je crois que Jésus est mort, Et que s'éveillant il remonta là-haut, Alors sûrement, chagrin, péché, orgueil, Céderont à la paix, à l'espérance, à l'amour.
Toutes les paroles bénies qu'il a dites Me donneront la force et la joie.
Mettront un bouclier sur ma tète, Un printemps de paix dans mon cœur.
On voit ce que sont ces effusions douloureuses. Il ne s'agit pas ici d'art, ni d'expression, ni de beauté. Les blessures de la pauvre àme palpitent à nu dans ces vers. Personne au monde ne s'est servi plus simplement du rythme pour dire des choses sacrées et sur lesquelles la critique n'a point de droits.
Emily est aussi robuste que sa sœur est faible. Près de cette fleurette agitée elle semble une force delà nature. Elle aussi a écrit quelques poésies religieuses. En voici une — ce sont ses derniers vers — qui montrera d'un seul coup son caractère dominateur, l'intrépidité de sa pensée et le coup d'aile de sa poésie.
Mon àme ne sait pas la peur,
Elle ne tremble pas dans la sphère orageuse du monde ;
.le vois briller les gloires du ciel,
Et ma foi brille égale, m'armant contre la crainte.
O Dieu ! Dieu dans mon cœur,
Toute puissante, toujours présente divinité,
Vie, qui as ton repos en moi,
Gomme moi, vie immortelle, ai ma puissance en toi!
Vains sont les mille Credos
Qui émeuvent les cœurs des hommes, indiciblement vains,
Impuissants comme des herbes séchées
Ou de l'écume folle sur la mer sans bornes,
A éveiller le doute en qui Se tient ferme à ton infinité, Et jette son ancre Sur le roc de l'immortalité.
D'un amour qui embrasse tout
Ton esprit anime les années éternelles,
Pénètre et réchauffe,
Change, soutient, dissout, crée et élève.
Si la terre et l'homme passaient,
Si les soleils et les mondes cessaient d'être,
Et que toi seul demeurasses,
Toute existence existerait en toi.
Il n'y a point de place pour la Mort, Sa puissance ne peut anéantir un atome, Toi, toi, tu es l'Etre et le Souffle, Et ce que tu es ne peut être détruit.
Qu'y a-t-il derrière cette théologie panthéiste infiniment éloignée du calvinisme grelottant de la malheureuse Anne ? Du scepticisme ou de la foi ? De l'orgueil ou seulement une espérance invincible ? Qui le dira ? Mais sûrement il y a une singulière possession de soi-même, un profond sentiment de sécurité dans la perception lumineuse de quelques vérités consolantes, dans la possession de sentiments simples et faciles à faire renaître et dans un entier dédain de tout le reste.
Elle dit encore :
Ai-je tort d'adorer
Où la foi ne peut douter, ni L'espérance faiblir,
Puisque c'est ma propre âme qui exauce ma prière ?
Voilà sa religion et sa morale.
Elle eststoïque, si l'on veut, parce que personne au inonde n'a su endurer plus silencieusement la douleur, mais seuls les critiques à jugements sommaires et métaphores faciles ont pu dire qu'elle est pessimiste. Quiconque aimera assez sincèrement sa poésie pour y revenir et en prendre l'esprit verra que des trois sœurs elle fut incomparablement la plus heureuse. Une de ses strophes le dit. « elle tenait les richesses en faible estime, elle se moquait de l'amour, et, quant à la gloire, elle y voyait un rêve » ; que lui aurait-il fallu pour être heureuse qu elle n'eut pas ? Rien, sinon peut-être un frère moins désolant. Elle détestait les étrangers, le nouveau, le bruit, quelqu'il fût. Elle aurait eu horreur de la notoriété qui vint plus tard à Charlotte. Ce quelle aimait, c'était l'atmosphère paisible de sa maison, la routine de sa vie indépendante, et l'immense liberté des moors. Elle en a joui autant qu'il était possible à une âme humaine. Matthew Arnold, dans ses vers sur le cimetière de Haworth, la représente se consumant elle-même et en mourant. Métaphores faciles. Emily est morte de phtisie. Avec des pou-
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moris sains, elle aurait vécu aussi longtemps qu'un Goethe et l'intensité lyrique de ses impressions aurait laissé intacte une âme de sa trempe.
On vient de voir que l'au-delà ne lui apparaît pas redoutable. Elle croit à l'immortalité, sans dire pourquoi ni comment, se contredisant parfois, appelant le triomphe du bien sur le mal, ou se contentant d aspirer vers le temps « où elle dormira sans identité ». Les vingt passages où elle évoque l'idée du tombeau sont uniformément paisibles ; l'horrible devient charmant par la grâce de ses rythmes; c'est sans effroi qu'elle voit « les racines de l'herbe se mêler à sa chevelure ensoleillée ». Croyante ou panthéiste, et probablement les deux à la fois, elle voit le plus grand des problèmes avec sérénité :
Le monde du dehors est désolant,
J'en apprécie davantage le monde du dedans.
Charlotte, toute brave qu'elle soit, ne dirait jamais cela de ce ton. Il faut se sentir bien riche et bien sur de n'avoir jamais à emprunter.
Les poètes, lorsqu'ils invoquent leur génie, ont l'air, le plus souvent, d'accomplir une formalité littéraire dont ni eux ni nous ne sommes les dupes. Emily parle à son double mystérieux comme le ferait un barde ou un Indien inspiré.
Ne fûmes-nous pas amis dès l'enfance ?
Elle cause avec lui à la fenêtre de sa chambre par dessus[un rosier en fleurs. On dirait d'un amant. Rien de la vide mélancolie romantique dans l'état d'àme où elle se sent poète : aucun appel à ce qui pourrait être et n'est pas.
Deux ou trois fois, elle semble céder à 1 influence de son temps et elle écrit, comme Charlotte, un titre romantique : le Prisonnier, la Mère abandonnée, une Scène de Mort, mais c'est pour célébrer la vie, la lumière, l'espace ouvert et la caresse de la nature. C'est là qu'elle ferait penser aux Grecs. Rien ne l'abat, presque rien ne l'attriste ; elle est la reine de sa propre vie.
De son art il y a peu de chose à dire. Les moors sont la source principale de son inspiration; les choses éternelles et rebattues auxquelles tous les poètes descriptifs ou lyriques reviennent sans cesse : le vent, le soleil, les fleurs, les oiseaux. Elle ne dit rien qui n'ait été dit mille fois. Mais elle le dit autrement. Elle n'a pas écrit une pièce où, à quelque moment, on ne sente le coup de baguette magique de la vérité apparue soudainement charmante. Charlotte fait d'aussi beaux vers, mais la brise de montagne n'y passe pas. Avec des mots simples, Emily atteint à chaque instant l'effet rare. Rare, est le mot qu'on se répète tout bas, en sentant que cette fille extraordinaire a gardé la puissance de regarder
face à face la réalité près de laquelle nous passons sans la voir. Elle, comme Keats, a dû savoir, qu'après sa mort, elle serait parmi les poètes.
On ne le lui dit guère pendant sa vie. Les cahiers que Charlotte voulait faire imprimer finirent par l'être, mais les vers d'Emily n'eurent pas la vertu que son aînée leur attribuait. On verra qu'ils n'eurent en aucune façon, ce qu'on appelle le succès.
Charlotte essaya d abord de trouver un éditeur qui acceptât de prendre le volume à sa charge. Son inexpérience et celle de ses sœurs était absolue. Elle frappa à neuf ou dix portes sans obtenir même un mot de réponse. Branwell qui ne s'était pas encore, à cette époque, complètement exclu de la vie commune, lui conseilla de joindre un timbre poste à sa lettre et elle eut enfin la joie de recevoir de M. Robert Chambers, l'éditeur d'Edimbourg, non certes une acceptation mais quelques conseils.
Ces conseils n'étaient vraisemblablement pas très encourageants, car à la tentative suivante, Charlotte se contenta de demander au libraire, quelle sommeil exigerait pour imprimer son livre et se charger de la vente. Elle s'adressait cette fois à la maison Aylott and Jones, de Londres, qui adopta le volume contre versement de trente et une livres sterling. Grâce à une économie plus que sévère et au petit héritage de leur tante, les sœurs Brontë avaient
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chacune une action du chemin de fer de Liverpool, et elles recoururent probablement à cette réserve. Charlotte voulut que le livre eût une apparence convenable : elle insista pour avoir un papier à son goût et un beau caractère. Bientôt des épreuves arrivèrent et ce dut être un événement. Une difficulté survint aussi. Les trois sœurs tenaient à leur incognito; elles y tinrent énergiquement aussi longtemps qu'il ne leur fut pas impossible ; elles avaient pris des pseudonymes (Currer, Ellis, et Acton Bell) qui respectaient leurs initiales et ne disaient pas leur sexe, mais il fallait tromper le facteur du village et cela paraissait difficile. Il est surprenant qu'en se faisant adresser ses épreuves au nom de Currer Bell, sous le couvert de Miss Brontë, Charlotte soit restée inconnue si longtemps.
Le volume parut au commencament de mai 1846, sous le titre nu de « Poèmes par Currer, Ellis et Acton Bell ». C'était un in-16 de 165 pages. Charlotte refusa de dépenser pour plus de cinquante francs d'annonces et ne fit envoyer le livre qu'à une dizaine de revues et journaux. Quelques critiques le signalèrent dans ces articles où ils entassent vingt-cinq ou trente auteurs et débarrassent d autant leur table de travail. h'Athenœum du 4 juillet fut le premier à parler de ces Bell, deux fois anonymes. L'article ne manquait pas de pénétration.
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Le critique donnait la palme à Ellis qu'il appelait a fine, quaint spirit, mots intraduisibles mais qui révèlent une perception vive encore que confuse de l'originalité d'Emily. Le Dublin University Magazine publia aussi une appréciation indulgente. Charlotte, au nom des deux autres, écrivit au directeur une lettre où l'on voit à quel point ces débutantes infiniment obscures étaient de pures artistes. Elle remerciait brièvement de la mention obligeante qu'on avait faite de leurs poèmes et consacrait tout le reste de sa lettre au plaisir que lui avaient causé des considérations sur la poésie moderne, où elle trouvait condensé « l'esprit même de la vérité et de la beauté. » Les Brontë virent toujours 1 abîme qui sépare le pur plaisir de l'intelligence des satisfactions de la vanité.
Dans le courant du même mois de juillet, un M. Enoch, de Warwick, écrivit aux Brontë, ou plutôt aux Bell, pour avoir leurs autographes. Ce fut tout. Il ne s'était trouvé qu'un seul autre amateur de poésie à acheter le petit volume, et il n'y en eut jamais davantage. Un an après, les comptes de Aylott et Jones indiquaient toujours à l'avoir des Messieurs Bell, deux volumes vendus. A cette époque, Charlotte, avant d'abandonner l'édition aux « faiseurs de malles » envoya des exemplaires à de Quineey, à Tennyson et à quelques autres écrivains en
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renom, avec une lettre de bonne humeur, où bien entendu, elle se gardait de demander quoique ce fût (1). Elle a donné, — dans sa notice biographique sur ses sœurs — son verdict final sur cette première production. « Le livre fut imprimé; on le connaît à peine et tout ce qui mérite d'être connu est l'œuvre d'Ellis. La ferme conviction que j'ai de la valeur de ces poèmes n'a pas été ratifiée par la critique, mais je la garde. »
(1) Un certain nombre d'exemplaires furent revendus plus tard à la maison Smith et Elder. Il en passe parfois dans les ventes: leur prix est rarement inférieur à quatre à cinq cents francs.