‹ Les Soeurs de Charité en OrientChapitre 17 sur 30 · HT LE CHOLERA · texte numérisé non relu

HT LE CHOLERA

est connue , mais près du soldat l'efficacité de son intervention est encore bien plus sensible. C'est elle qui prépare toute la besogne à l'aumônier; elle aplanit les voies, prédispose les incertains , affermit les chancelants , attire les timides et signale ceux qui sont dans un danger pressant, a Plusieurs fois, » disait un des prêtres du camp de Varna, parcou- » rant le camp des malades, assisté de quatre Sœurs » qui exploraient les tentes en prenant leurs notes , » je me comparais à un chasseur spirituel que se- » condent d'ardents et de fidèles limiers, et j'offrais » cette chasse fructueuse des âmes en compensation » de celle qui avait autrefois trop occupé le temps » de ma frivole jeunesse. »

» Les deux sentiments qui agissent sur le soldat à la vue de la Sœur infirmière , sont l'admiration et le respect religieux pour son dévouement : a Quoi! vous venez de si loin nous soigner, lui disait un zouave blessé , et , comme nous , vous ne craignez point de quitter la patrie ?» La Sœur entre-t-elle dans la salle , les visages tristes s'épanoujssent , les conversations déplacées cessent , et les attitudes mêmes deviennent plus dignes. Un soldat se croitil traité injustement par son major, soit en étant

mis à la diète ou astreint à prendre une médecine désagréable , un mot de la Soeur le persuade et le calme. Ce soldat à la longue moustache, qui annonce un caractère rude, fier et ne pliant jamais, devient tout à coup docile et souple comme un petit enfant. Ayant plusieurs fois eu occasion de demander à une Sœur comment elle se tirait d'affaire avec ses cent malades , « Oh ! monsieur, répondit-elle , ils sont plus faciles à mener que mes petites filles de la classe que j'ai quittées pour les venir soigner. »

On connaît les ravages que le choléra, le typhus, les fièvres pestilentielles firent éprouver à notre armée en Turquie, en Grèce, en Bulgarie, épreuves douloureuses qui retentirent au cœur de la patrie et qui font adorer les justices et les miséricordes du Seigneur. Les Sœurs de la Charité furent à la hauteur de la noble mission qu'elles avaient acceptée, et , nuit et jour, elles furent prodigues de leur santé , de leur vie pour ces pauvres enfants de la France, qai souffraient tant, et dont elles adoucissaient et sanctifiaient la mort quand elles ne pouvaient leur rendre la vie. Leurs soins , leur zèle , leur dévouement furent appréciés. Le général Mayran écrivait en ces termes à la Sœur qui avait

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