‹ Les Soeurs de Charité en OrientChapitre 7 sur 30 · LA SOUTH DR CHARITÉ · texte numérisé non relu

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lait dans l'âtre, et dont les étincelles, dansant follement, réveillaient dans la mémoire de Joseph de bons souvenirs, car il souriait. L'été, Sœur Marthe avait des fruits dorés pour le pauvre soldat.

» Les secours de la science eussent été impuissants ; les larmes de la famille eussent été insuffisantes : la charité accomplit le miracle.

» Joseph Meyer reprit enfin la route du village, emportant au fond de son porte-manteau de cavalier l'image de saint Joseph que Sœur Marthe lui avait fait bénir. Dans ce porte-manteau , la Sœur glissa de gros bas de laine pour que le voyageur n'eût pas froid en traversant les Vosges, a Joseph , lui dit-elle le jour de son départ , Joseph , soyez toujours charitable ! »

» J'appris aussi de Joseph que la Sœur Marthe avait relevé de terre l'homme qui l'avait frappée. Il respirait encore; sa main h-ispée serrait le couteau de chasse teint du sang de la Sœur de Charité. Elle avait fait transporter le meurtrier dans l'hôpital qu'elle desservait. Placé dans un lit voisin de celui du garde-mobile, ils avaient tous deux reçu les soins de Sœur Marthe. Tous deux étaient revenus à la vie , car tous deux avaient

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eu les mêmes soins. Ainsi le voulait la charité. » Mais l'insurgé ayant été condamné par le conseil de guerre , Sœur Marthe s'était jetée aux pieds de celui qui pouvait adoucir le sort du criminel , et , par ses larmes et ses prières , la Sœur avait sauvé de la flétrissure celui qu'elle avait déjà sauvé de la mort. Ainsi le voulait la charité.... »

Tel est le jugement porté par un officier d'un grade élevé et d'un esprit éminent sur l'heureuse influence que possède la Sœur de Charité auprès des soldats. La Sœur de Charité veillant au chevet d'un pauvre soldat, représente, près de ce lit de douleur, la famille tout entière; c'est une mère, c'est une sœur, dont les pieux accents réveillent les souvenirs endormis dans cette âme : souvenirs de foi , de religion , sucés avec le lait , et négligés dans la vie oisive des garnisons ou dans la vie bruyante des camps. Elle soulage le corps, elle console l'âme. Sa douce parole , la prière, trop longtemps oubliée, qu'elle suggère à cet homme mourant, ouvrent les voies à la religion. Le prêtre est le bien-venu partout où la Sœur de Charité a passé : elle a préparé le chemin , elle a su faire désirer sa venue ; elle a parlé au malade des miséricordes du Seigneur; elle

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