‹ Les soeurs hospitalièresChapitre 10 sur 28 · A M. LE PRÉSIDENT DU CONSEIL MUNICIPAL · texte numérisé non relu

A M. LE PRÉSIDENT DU CONSEIL MUNICIPAL

7 avril 1884.

Monsieur le président,

A l’occasion d’une interpellation adressée au directeur de l’Assistance publique par M. Piclion, conseiller municipal du quartier de la Salpêtrière, jaloux sans doute de se concilier le bon vouloir de deux cents et quelques électeurs de l’hospice laïque de la Salpêtrière, le conseil municipal a, par

42 voix sur 48 volants, invité M. le directeur de l’Assistance publique à remplacer cent cinquante employés congréganistes par des laïques, c’est-à-dire à renvoyer cent cinquante religieuses. Ce vote, dont l’illégalité est flagrante, puisqu’il s’agit de l’organisation intérieure des hôpitaux, constitue une nouvelle menace pour le bon ordre de ces établissements auxquels le conseil n’a point voulu faire grâce même aux derniers

jours de son mandat.

Tout a été dit sur le mérite et la valeur des sœurs hospitalières, en dehors de toute idée religieuse. Seules, sans famille, sans intérêts pécuniaires, vivant en réfectoire, couchant en dortoir, elles offrent pour deux cent francs par an aux malheureux ce qu’aucune autre femme ne peut leur donner à

LETTRES

moins de vivre matériellement comme une religieuse. Tout a été dit aussi sur le prosélytisme. C’est le côté faible du religieux de toute nature. Mais j’ai jadis montré qu’on le réprimait facilement, et mes convictions de libre penseur et de républicain ne m’ont pas aveuglé au point de méconnaître que, si le prosélytisme au chevet du malade n’était pas à surveiller, la religieuse hospitalière serait, seule dans le monde, l’idéal de la perfection. Ces vérités, reconnues dans le monde entier, n’ont été jusqu’ici méprisées que par le conseil municipal et le directeur de l’Assistance publique1.

Ce dernier, en effet, s’est plu à exposer au conseil un tableau flatté des infirmières

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