‹ Les soeurs hospitalièresChapitre 11 sur 28 · Voir l’annexe III · texte numérisé non relu

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et surveillantes laïques et à négliger ce qui eût pu éclairer le conseil.

Voici ce qui devait être dit :

L’administration a reçu des plaintes contre le personnel laïque d’un grand hôpital, plaintes dont le journal V Intransigeant même s’est fait l’écho l’année dernière. L’exploitation des malades de la Maison de santé par les gens de service avait scandalisé ce journal. Ces plaintes ne sont pas nouvelles : on sait depuis longtemps que l’on met de l’argent dans la main d’une laïque et qu’on n’en met point dans la main d’une religieuse.

Une enquête a été faite pour savoir le coût d’un hôpital laïcisé comparé au coût du même hôpital avant la laïcisation. Le travail a montré que la dépense avait doublé

LETTRES

depuis le renvoi des sœurs. Et, si le conseil avail demandé des détails, M. le directeur aurait pu parler d’un certain trafic de lait à l’hôpital de la Pitié, hôpital laïcisé depuis deux ans.

M. Quentin a jugé inexplicable la protestation des médecins et chirurgiens des hôpitaux en faveur des sœurs : cette argumentation est facile. Ce qui n’est pas moins facile, c’est de suspecter notre intention et notre but; M. Quentin raisonne comme il administre, et nous lui répondons simplement : « Nous n’avons, monsieur le directeur, d’autre but que de sauvegarder les intérêts des pauvres que vous avez compromis et que vous vous proposez de compromettre encore. »

Il ressort, en effet, du discours de M. le

directeur, — triste spectacle des folies de noire temps ! — que le service hospitalier le meilleur, le moins cher et le plus propre, a été condamné par celui qui était le plus en mesure d’en démontrer la supériorité. Pour ce qui est des insinuations de M. Quentin à l’égard des médecins et des chirurgiens, que M. le directeur ne nous force pas à le lui rappeler: pour faire un homme comme lui, il a fallu une place vacante et l’amitié de Gambetta ; pour faire des hommes comme nous, il a fallu trente ou quarante ans de travail et de dévouement aux besoins des malheureux de qui nous tenons en retour le savoir, la considération et la clientèle.

Monsieur le président, le directeur de l’Assistance publique est des vôtres ; vous

LETTRES

avez encommun engagé Paris sur la question des hôpitaux sans consulter la population. Sans écouter les voix des républicains les plus sincères sur ce point comme sur d’autres, vous vous êtes laissé aller à un genre de despotisme qui n’est pas moins odieux que celui des pires souverains, et, si nous perdons jamais la République, c’est peutêtre vous qui en aurez été la cause.

Yeuillez agréer, etc.

P.-S. — La citation d’un fragment d’un article du XIXe Siècle , dû à la plume de M. F. Sarcey, dont M. Quentin veut bien m’attribuer la prose, montrera aux esprits les plus prévenus que le directeur de l’Assistance publique voit à côté de la vérité. J’ai publié, en effet, une lettre dans le

même journal et j’y venais lutter contre l’administration de M. de Nervaux, comme je lutte aujourd’hui contre l’administration de M. Quentin pour les empêcher l’un et l’autre de troubler le repos et le bien-être des pauvres malades de nos hôpitaux. J’étais même seul alors! MM Quentin et Bourneville tenaient cependant une plume à cette époque. Mais plus froids, ou plus calculateurs, ils n’ont parlé qu’avec timidité, pour m’adresser même dans le Progrès médical un petit blâme de réserve! Ah! c’est qu’il y avait alors quelque danger à parler ; le cléricalisme n’était pas encore abattu, et la situation n’était pas encore descendue à leur portée.

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