‹ Les soeurs hospitalièresChapitre 12 sur 28 · LE TEMPS · texte numérisé non relu

LE TEMPS

23 avril 1 884.

Un article du journal le Temps , en date du 21 avril, produit à l’occasion d’une circulaire administrative rapportée et commentée par le journal r Univers, met sur le compte des médecins des hôpitaux l’augmentation croissante des dépenses de vin, lait, rhum, etc., ou, du moins, attribue à un

défaut de surveillance de leur part les dis-

tributions exceptionnelles de vivres supplémentaires. Cette imputation n’a rien d’extraordinaire, elle est simplement exagérée.

C’est notre devoir de donner aux malades le plus de bien-être et le plus de douceurs possible, car les caprices des grands blessés et des mourants ne nous laissent point insensibles. C’est notre devoir, comme c’est le devoir de l’administration de nous rappeler à l’économie.

Mai s ce qui n’est point du devoir de M. le directeur de l’Assistance publique, c’est de laisser croire que l’augmentation du vin et du lait est le fait seul des prescriptions extraordinaires des médecins. Depuis 1880, l’administration, entre autres dépenses, consacre annuellement 163 à 170 000 francs pour donner une plus grande quantité de

LETTRES

vin aux infirmiers, et 55 000 francs pour la suppression de leur maigre. Dans sept hôpitaux et hospices, elle a à nourrir presque autant de familles d’infirmières laïques qu’elle a congédié de religieuses, et cela fait encore un gros chiffre, puisqu’il s’agit d’une centaine de familles.

Il eût été correct aussi de reconnaître que le gaspillage le plus gros signalé dans l’article du Temps se rapporte à l’hôpital Tenon, hôpital laïcisé, où le désordre est tel que, cette année, l’économe de cet hôpital a été rendu responsable de pertes et d’erreurs pour une somme de 2000 francs, chose inconnue dans nos vieux hôpitaux auxquels on n’a pas encore touché.

L’administration, monsieur le rédacteur, a fait trop de politique dans les hôpitaux,

elle recueille ce qu’elle a semé, et ce n’est pas en rejetant sur les médecins toute la responsabilité qu’elle pourra grandir l’autorité qu’elle a volontairement perdue.

Veuillez agréer, etc.

P. -S. — Plusieurs de mes collègues des hôpitaux se joignent à moi pour vous prier de vouloir bien insérer notre réponse.

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