‹ Les soeurs hospitalièresChapitre 3 sur 28 · LE TT UES · texte numérisé non relu

LE TT UES

une autre. La chose même est tellement naturelle, que l’on n’a jamais songé à écrire son nom sur une plaque commémorative.

Sait-on aussi ce qu’il en coûtera de laïciser les hôpitaux? Le coût d’une religieuse est de 200 francs par an, sans la nourriture et le logement en commun; le coût d’une laïque, sans la nourriture séparée et le logement isolé est de 000 francs, soit 06 p. 100 d’augmentation, rien que pour le traitement en argent, et trois cents logements à trouver et à construire dans les hôpitaux.

Le conseil de surveillance, chargé de l’économie des deniers du pauvre, a-t-il réfléchi à cela? Paris a besoin de 1500 lits d’hôpital, et les pauvres seront à la porte de l’hôpital, faute d’argent et de place em-

ployés autrement dans un but politique?

Est-ce que personne n’a dit cela au conseil de surveillance?

Monsieur le préfet, les véritables intéressés ne sont pas consultés. Qu’on fasse voter les malades au sortir de leur maladie, qu’on leur demande leur sentiment à l’égard du service hospitalier, qu’on les fasse voter au scrutin secret s’ils aiment mieux les services d’une religieuse ou ceux d’une laïque, ils voteront pour la religieuse, et ce seront peut-être les mêmes qui-, bien portants, dans les réunions publiques et les ateliers, demandent avec le plus d’ardeur la destruction radicale des dieux, des églises et des prêtres, comme nous voyons plusieurs de nos élus trouver les religieuses mauvaises pour les pauvres des hôpitaux lorsqu’ils sont

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réunis dans les assemblées, et prendre pour eux-mêmes, lorsqu’ils sont malades, des sœurs qui, ils le savent, ne fouilleront pas dans leurs tiroirs et ne se griseront pas.

J’ai parlé, monsieur le préfet, d’après ce que j’ai vu, et je crois en ce moment encore respecter l’intérêt sacré des malades. J’ajouterai un mot : Si l’on supprime les religieuses des hôpitaux, avec le temps et de l’argent, et en ne prenant que des veuves ou des célibataires, on remplacera peut-être suffisamment le service hospitalier actuel; mais, si l’on n’y réussit pas, si l’on revient aux religieuses, reflet moral sera désastreux, et, grâce à quelques hommes pressés qui ne savent pas prévoir, il nous fera peut-être perdre les conquêtes sé-

rieuses que nous aurons faites sur le cléricalisme.

J’ai l’honneur d’être, monsieur le préfet, votre très humble serviteur.

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