‹ Les soeurs hospitalièresChapitre 8 sur 28 · AU RÉDACTEUR DU GAULOIS · texte numérisé non relu

AU RÉDACTEUR DU GAULOIS

™ février 1883.

Monsieur le rédacteur,

Je ne puis laisser passer l’apologie des prétendus services que M. Bourneville aurait rendus aux hôpitaux, avec l’aide de ses collègues. Il s’agit sans doute de ses collègues du conseil municipal.

Voici, du reste, la vérité sur ces services et sur leurs résultats :

LETTRES

Les infirmiers, auxquels le vin a été délivré en plus grande quantité, le vendent aux malades ;

Les infirmiers, dont on a augmenté les gages, rentrent généralement ivres leur jour de sortie. Un d’eux même, Lan dernier, en rentrant, a battu un malade dans une de mes salles, à l’hôpital de la Charité ;

Les surveillantes et infirmières laïques substituées aux religieuses ont déjà, en dixhuit mois, quatre morts par imprudence à leur charge ; une malade étouffée dans un bain; trois empoisonnements par lavement d’acide phénique ; un à l’hôpital Tenon, un à l’hôpital Laënnec, et un l’an passé, à T hôpital Cochin. C’est même ce fait auquel M. Quentin, directeur de l’Assistance publique, a fait allusion devant le conseil

municipal ces jours-ci. Mais M. Quentin a égaré le conseil municipal, en lui laissant croire qu’il s’agissait d’un fait imputable aux religieuses. Je le répète, il s’agissait d’une malade de la maternité de Cochin, bâtiment isolé, desservi exclusivement par des laïques, et où les religieuses n’ont pas le droit de pénétrer.

Le mal qui a été fait aux hôpitaux est plus grand encore que je ne l’ai dit. L’ordre, la tenue et la moralité sont bannis des hôpitaux laïcisés. Le désordre du linge, à l’hôpital Saint-Antoine et à l’hôpital Tenon, a été tel qu’il a fallu envoyer des inspecteurs, des femmes à la journée pour réparer le désordre. Au mardi gras dernier, une partie du personnel laïque de l’hôpital Saint-Antoine, hôpital laïcisé , hommes et femmes,

LET TRES

a changé de costume, et ne s’est pas même abstenu de paraître dans les salles avec ce déguisement.

Voilà, Monsieur, le personnel qui sort de l’école d’infirmières laïques de M. Bourneville, école qui, suivant ce dernier, aurait été fondée pour le plus grand bien de V Assistance publique.

Tous ces faits sont de notoriété publique dans les hôpitaux. Je n’en dirai pas plus long. Seulement, je fais le public juge, et je lui rappellerai ce mot du bon La Fontaine :

À l’œuvre on connaît l’artisan.

Veuillez agréer, monsieur le rédacteur, l’assurance de ma considération distinguée.

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