ANE
L'àne figure sur les plus anciens monuments de l'Egypte, et il est sans cesse mentionné dans la Genèse. L'ancienneté de sa race ne lui a pas concilié les sympathies du moyen âge, aveuglé par sa passion pour le cheval. La w négligence et la foleté^ « de l'âne ont inspiré maints proverbes, déclare Brune tto Latini, qui a le tort de ne pas les citer. « Son nom vault autant à dire comme beste sans sens, pesant, paresseux et oublieux, » ose écrire Barthélémy l'Anglais. Il ne peut cependant s'empêcher d'ajouter que « l'asne porte grand faix, peut moult de labeur et use de petite viande. »
L'âne, prétend-on encore, a peur de l'eau, hésite à passer les ponts. Mais les coups ont raison de cette répugnance et de bien d'autres, a On le fait labourer * outre sa force, on le bat d'un baston, on lepoinct d'un aiguillon.
' Étourderie, sottise.
' Travailler,
Quand il a moult labouré, il meurt, et pour tout son labeur, on ne luy laisse même pas la peau : on la luy oste, et on laisse la charogne aux champs sans sépulture, fors de ce que les chiens et les loups en ensevelissent en leur ventre. »
Toutefois, les médecins reconnaissent que, pour rendre le teint frais, il faut le laver avec du lait d'ânesse. Celui-ci a, en outre, la précieuse propriété de rajeunir les personnes qui en boivent,