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LE TREIZIÈME SIÈCLE

Les combats d'animaux. — Le meurtre de Majinovald. — Exploit de Pépin le Bref. — Les bêtes féroces en France.

— La ménagerie des comtes de Hainaut. — Celle de Henri P'àCaen. — Animaux réunis par Philippe-Auguste à Vincennes. — L'expression entje chien et loup. — Amour des Parisiens pour les bêtes. D'où il procède. ->- Les premières légendes chrétiennes. — Les poèmes chevaleresques. — Le roman de renard.

La ménagerie du cloître Notre-Dame. — Les rues de Paris.

— Les oiseaux dans la vie privée. — La calandre et le papegay. — Etymologie des mots papegay et perroquet,

— Noms d'hommes donnés aux animaux. — L'écureuil de Fouquet. — Le jeu du papegay. — Les pigeons voyageurs. — Pourquoi le mot chien constitue une injure. — Une ballade d'Eustache Deschamps. — Condamnés pendus entre deux chiens. — Origine du dicton relatif à Jean de Nivelle.

Le chat adoré en Egypte. — Les Grecs et les Romains ontils connu les chats? Erreur de M. Pictet. — Noms donnés aux chats en Grèce et à Rome. — Témoignage d'Aristote et de Pline. — Les belettes. — Le chat au moyen âge. — Ses différents noms. — La chatte de saint Grégoire. — Le chat au treizième siècle. — Le chat sauvage et le chat de foyer, — Origine de l'expression payer en monnaie de singe. — Animaux utilisés dans le commerce et l'industrie. — Le bouc et la sorcellerie.

Les Romains, durant leur séjour dans la Gaule vaincue, y avaient implanté la coutume des sanglants jeux du cirque, barbare et honteux héritage, que le midi de la France n'a pas encore complètement répudié. Grégoire de Tours raconte que Childebert II ^ savourait un spectacle de ce genre quand il fit tuer Magnovald^.

S'il fallait en croire le moine de Saint-Gall, chroniqueur contemporain, Pépin, que sa petite taille avait exposé à quelques railleries, fit bien voir aux Francs qu'il n'était pas indigne de leur commander. La cour assistait un jour au combat d'un taureau contre un lion. Comme celui-ci venait de terrasser son adversaire, le roi invita ses courtisans à aller séparer les combattants. Nul n'osa. Pépin, tirant son épée, descendit dans l'arène et abattit la tête des deux terribles animaux.

Avez-vous oublié, dit-il en reprenant place sur son trône, ce que firent David et Alexandre, tous deux si petits de corps*'* ?

Cet exploit rappelle trop les légendaires

* Années 575 à 596.

* Historia Francorum, lib. VIII, cap. 36.

' Monachus SangaUensisy De ^estis Carolima^ni, lib. II. Dans le Recueil des historiens, t. V, p. 131.

aventures des preux de Charlemagne pour que Ton puisse y ajouter foi. Au moins, fautil en conclure que, dès le huitième siècle, les bêtes féroces étaient bien connues dans le nord de la France. Elles arrivaient -d'Afrique par TÉgypte, où Alexandrie centralisait déjà le commerce de TOrient.

Il semble que, quatre cents ans plus tard, elles ne fussent pas beaucoup plus rares qu'aujourd'hui. Les princes alors entretenaient volontiers des ménageries dans leur palais. Les comtes de Hainaut, par exemple, pourvoyaient à la nourriture de leurs fauves au moyen d'un impôt, qui, dit un historien, paraissait très onéreux aux pauvres et très humiliant aux riches'. Vers 1108, Henri I" d'Angleterre, devenu maître de la Normandie par la victoire de Tinchebrai, fit à Caen un séjour momentané. Pour se concilier la sympathie de ses nouveaux sujets, il leur donna des spectacles; il offrit notamment à leur admiration une réunion d'animaux curieux dont le poète Raoul Tortaire^ nous a transmis la liste. C'était d'abord un léopard, animal

* Voy. E. Le Glay, Histoire des comtes de Flandre, t. I, p. 425.

* Mort vers 1120.

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