‹ Les soins de toilette: le savoir-vivreChapitre 159 sur 168 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

LE QUATORZIÈME SIÈCLE JUSQU'a CHARLES VI.

Les animaux dans les miniatures et dans la sculpture. — Personnages représentés un oiseau à la main. — Les^ chiens et les lions sur les tombeaux. — Explication de ces symboles. — Les animaux de Clémence de Hongrie. — Les vœux de Boccace. — Défense de posséder des pourceaux dans Paris. — Privilège de ceux du Petit- Saint-Antoine. — Défense de nourrir des pigeons. — La ménagerie de la Cité. Où située. — Philippe VI ia transporte au Louvre. — L'hôtel des lions du roi. — La ménagerie de l'hôtel Saint-Paul. — La rue des Lions. — Passion des Parisiens pour les oiseaux. — La volière du

. palais de la Cité. — Les rossignols du Louvre. — La volière du palais des Tournelles. — Le « pape-gaut « du roi. — La volière d'Hesdin. ---•Celle du sieur Chariot' et celle de Hugues Aubriot. — Les combats de coqs en.

* Dictionnaire philosopkiq.uef art. bouc, - *.

Angleterre. — La chasse. — Les chiens de garde. — Les espagnols ou épagneuU. — Les lévriers. — Les chiens du roi Charles V. Fouets et colliers. — La ménagerie de Jean, duc de Berri. — Le chien de Montargis. — Comment se forme une légende et comment une légende devient vérité historique. — Les chats, les souris et les souricières. — Les puces.

Au treizième et au quatorzième siècles, les personnages importants dont les miniaturistes et les sculpteurs nous ont conservé le souvenir sont presque toujours accompagnés d'un oiseau. Deux portraits de saint Louis ' nous le montrent portant sur la main gauche un faucon ou un épervier *. Jean, troisième fils du roi, mort fort jeune en 1248, est figuré avec un oiseau de proie sur la m^in gauche, et ses pieds reposent sur un lion ^. Jean de Sancerre, contemporain du saint roi, a les mains dans de gros gants, la gauche supporte un oiseau, la droite le pied coupé d'unautre oiseau "*.

Sur un vieux pastel reproduit par Gaigniè-

. ■ L'un d'eux provient de la Sainte-Chapelle.

* Montfaucon , Monumens de la monarchie française, * l. II, p. 156.

' Montfaucon, Monumens de la monarchie française, t, II, p. 161,

* Montfaucon Monumens de la monarchie française,^ t. II. p, 169.

res, Jeanne de Navarre, femme de Philippe le Bel et morte en 1305, est représentée serrant dans ses bras un petit chien à longues oreilles ^

Enfin, tout le monde sait que les statues couchées sur les anciens tombeaux ont très fréquemment les pieds appuyés sur certains animaux.

Montfaucon a fait graver le tombeau de Louis de Maie, comte de Flandre, mort en 1383. Le comte est étendu entre sa femme et sa fille. Ses pieds reposent sur un lion, le lion de Flandre sans doute, ceux des deux femmes sur des chiens*.

Louis, duc d'Orléans, assassiné en 1407, et sa femme^ Valentine furent ensevelis dans le même sarcophage. Leur effigie nous présente, non pas aux pieds, mais au bas des jambes de chacun d'eux, un chien qui les regarde tristement ^.

Il faut noter que cette coutume s'est conservée bien au delà du quatorzième siècle, car .sur le tombeau de Marguerite de Luxem-

* Montfaucon, Monumens de la monarchie française y t. II, p. 212.

' Montfaucon, Monumens de la monarchie française y t. III, p. 184.

* Voy. le Magasin pittoresque y an. 1867, p. 88.-

bourg ^ morte en 1645,1a comtesse est figurée à genoux, sur un prie-Dieu, et devant elle est un chien, couché dans les plis de sa robe ^.

L'explication de ces faits a suscité de nombreuses hypothèses.

L'oiseau de proie porté au poing a paru symboliser le droit de chasse, droit réservé à la noblesse. Palliot définit ainsi le faucon : « Oyseau de chasse, servant au plaisir des souverains et; grands seigneurs , et le plus noble de la fauconnerie ^. » On a dit aussi que tout oiseau faisant partie d'un blason était une « marque d'hommage et de redevance; ce qui est cause que les anciens ont peint les chevaliers avec une épée nue à la main droite et un oiseau de leurre à la gauche^. »

Pour quelques érudits , la présence d'un chien sur un tombeau représentait, tout comme l'oiseau, a le noble droit de la chasse. »

On a prétendu que le lion ornant le mausolée d'un chevalier rappelait qu'il avait péri dans une expédition militaire; le lévrier indiquait, au contraire, qu'il s'était éteint tran- •

' Femme de René Potier, comte de Trêmes..

. 'Dans MilJin,. Antiquités nationales , Gélestins, p. 45. - » Page 331.

^ Dictionnaire de Tf'évouXyédiU de 1771, t. VI, p. 324.

Page 1