SCÈNE III
OSWALD {seul).
Il dit vrai : j'aurais du déserter cette terre
Et me tuerie. — Elle est venue en Angleterre !...
Elle m'aimait encore !..» Ah ! Corinne aurait dû
Se montrer à mes yeux, je serais revenu ;
Car toujours elle est là pour moi la plus aimée !.,,
Je le dis à présent... La faute est consommée;..
Quel fut son dévouement, sa générosité,
Sa résignation dans cette adversité ! il4
Et dans lé moment même où je suis si coupable,
Sa tendresse, en secret, de tout son poids m'accable !
î)e quelle dureté j'ai payé, sans horreur,
Le sacrifice entier que faisait ce grand cœur !...
Hélas ! ma femme n'est qu'une froide statué,
Un cœur où rien de grand ne vibre et ne remue ;
Elle n'a pas compris, dès notre premier jour,
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Jusqu'à quel pdînl mon cœur esl avide d'amour!... Je n'ai pas retrouyé ma Corinne attentive, Tressaillant d'un regard comme la sensitive!...
— Pourquoi, dans les hasards de la guerre, où la mort Fauchait les matelots par centaines à bord,
N'ai-je pas succombé !... — Fatale destinée ! Sans espoir d'avenir, mon âme est condamnée A vivre incessamment entre ces deux amours ! Plein de remords, perdu, pâle, hésitant toujours, L'un ne me suffit pas, l'autre me désespère !
— Ah ! pourquoi m'avez- vous fait cette loi, mon père? A votre lit de mort vous avez ordonné !...
— Si j'eus désobéi, vous m'auriez pardonné ! Corinne aurait été l'honneur delà famille,
Mon père, et vous pourriez la nommer votre fille!
— C'est Lucile! Cachons mon trouble et mon remord.