‹ Les soirées de MeudonChapitre 13 sur 19 · LÂ^LECON D'UNB SOEUR. US · texte numérisé non relu

LÂ^LECON D'UNB SOEUR. US

Vous vous plaignez des courts billets du cousin, de son apparente hésitation, de son vayage subit. Écoutez cette lettre que je viens de recevoir de lui.

Elisabeth déplia la missive qu'elle tenait à la main, et lut ce qui suit :

€ Chère cousine ,

» Je vous fais écrire, ne pouvant écrire moi-même. n faut enfin que vous sachiez la vérité. Depuis environ trois mois, Tophthalmie dont j'étais menacé est devenue chaque jour plus grave sans que j'aie voulu en rien dire. J'essayais de me tromper moi-même, et cependant mes inquiétudes allaient toujours croissant. Miss Clara accusait mon laconisme et ne savait pas que chaque billet me coûtait un travail douloureux. J'évitais de l'inquiéter; mais ses reproches me déchiraient le cœur. Enfin, quand elle a paru soupçonner un manque de foi, et qu'elle m'a laissé la liberté d'accomplir ou non notre promesse, j'ai dû prendre une

résolution suprême. Un célèbre oculiste de Londres pouvait seul, disait-on, juger mon mal. J'ai voulu m'adresser à lui comme au destin. S'il me condamnait, je refusais d'associer fcire sœur bien-aimée à une existence perdue ; je restais seul dans mes ténèbres avec l'espoir de ne point y demeurer longtemps. J'écrivis en conséquence à Clara un billet par lequel j'ajournais toute explication jusqu'à mon retour de Londres. J'y suis encore, chère cousine, mais rassuré et presque heureux ! Grâce au secours de l'art, mon mal se dissipe, et le savant qui me soigne promet une prochaine et complète guérison. Quand il m'a donné cette assurance j'aurais voulu me prosterner à ses pieds. Ce n'était point seulement la lumière qu'il me promettait, c'était la vie, une vie de joie et de tendresse passée près de Clara !

» Communiquez-lui avec précaution cette lettre; j'ai pu lui épargner l'inquiétude, épargnez-lui la moindre émotion douloureuse ; que je ne sois jamais pour elle l'occasion d'une tristesse, puisqu'elle n'a

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