LA LEÇON D'UNE SŒUR
jamais été pour moi qu'une cause de reconnaissance et de bonheur. »
John Bowrino.
Dès les premiers mots de cette lettre, Clara n'avait pu retenir une exclamation ; la vérité avait jailli à ses yeux comme un éclair ; mais à mesure que la lecture avançait, son visage passait par toutes les expressions de la surprise, du regret, de l'attendrissement. Elle comprenait tout maintenant! Le noble silence de John, son indécision généreuse, l'espèce d'ajournement dont elle s'était indignée I toi;t ce qu'elle avait accusé devait être loué, tout ce qui semblait condamner John le glorifiait 1
Des larmes de bonheur et d'admiration inondaient le visage de la jeune fille. Penchée sur sa sœur, elle la serrait dans ses bras sans pouvoir parler ; mais tout à coup elle se dressa. Le souvenir de la lettr e de rupture écrite par elle, venait de traverser sa pensée,
Adressée à Edimbourg, cette lettre avait sans doule éprouvé quelque retard auquel John devait de ne point ravoir encore reçue ; mais il la recevrait ; maintenant, peut-être, il se la faisait lire; et, à l'instant même où Clara recevait les témoignages de son désintéressement et de son affection, il subissait l'expression de l'injustice et de la froideur de la jeune miel
Cette idée traversa le cœur de Clara comme un trait. Elle se laissa tomber sur une chaise en se couvrant le visage de ses mains.
— Qu'avez-vous ? dit vivement Elisabeth.
— Âhl l'ai moi-même tué mon bonheur 1 s'écria-
t-elle.
— Que voulez-vous dire?
— Ma lettre I ma lettre! sanglota la jeune fille. — La voici I dit la sœur a4née en lui présentant une missive décachetée, Clara poussa un cri de joie et se jeta dans ses bras.
— Ah I vous m'avez sauvée, dit-elie.