‹ Les soirées de Saint-PétersbourgChapitre 19 sur 40 · DU DEUXIÈME ENTRETIEN · texte numérisé non relu

DU DEUXIÈME ENTRETIEN

i pas dire qu'il ait toujours eu de belles villes , du canon de vingl- « quatre livres de balles , des opéra-comiques et des couvents de reli- € gieuscs ( Tacite en personne 1 ). Mais.... le fondement de la sot ciélé exiatant toujours, il y a donc toujours eu quelque société*.. . m Ne voyons-nous pas quo tous les animaux , ainsi que tous les autres « ùtres exécutent invariablement la loi que la nature leur a donnée ? « L'oiseau fait son nid comme les astres fournissent leur course par un « principe qui ne changea jamais. Comment l'homme aurait-il changé ?

« etc. , etc » Mais à la page suivante il n'en recherchera pas moin*

par quelle loi , par quels liens secrets , par quel instinct l'homme aura toujours vécu en famille , sans avoir encore formé un langage. ( Introduct. à l'Essai sur l'IIist. univ. , in-8° , 1783. OEuvre. Tom. VI , P. 31 ,32 et 33.)

Romani tollant équités pedilcsque cachinnum.

( Page 128. Ils n'en usent qu'avec une extrême réserve , jamais dans les morceaux d'inspiration, et seulement pour les substantifs. )

El même encore ils n'usent de ce droit que très sobrement et avec une timidité marquée. Je voudrais qu'il me fût permis d'employer le terme nibiAGOGUE. ( Bossuet, Ilist. des Var. V , 18. ) Sagacité ,*»' j'ose employer ce terme. ( Bourdaloue , eerm. sur la parf. observ. de la loi , IIe partie. ) Esprit lumineux, comme disent nos amis (de Port-Royal ). Madame de Sévigné, 27 septembre 1671. — L'éclat des pensées. ( Nicole , cité par la môme , 4 novembre même année. } Elle souligne bavardage , 11 décembre 1695 , et aimabilité ( preuve epi amabilité n'existait pas), 7 octobre 1676. — Rivalité, mot inventé par Molière. ( Comment, de Lebret sur le Dépit amoureux . act. I. scène IV.) Effervescence : Comment dites-vous cela , ma fille? voilà un mot dont je n'avais jamais ouï parler. ( Madame deSévigné , 2 août 1689. Elis y revient ailleurs. ) — Obscénité : Comment ditesvous cela , madame? (Molière, Crit. do Y Ecole des femmes.)

Engouerai les grands écrivains craignent le néologisme; un tentiment secret les avertit qu'il n'eat tas permis d'enlreligner l'écriture de nos inférieurs.

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( Page i 29. Elle est la même tant que le peuple est le même. ) I! est Lien remarquable que pendant qu'une langue Tarie en s'approchant graduellement du pjiat de perfection qui lui appartient , les caractères qui la peignent Tarieut dtns la même proportion , et ne se fixent enfin que lorsqu'elle se fixe elle-même. Partout où les Trais principes de la langue seront aliérés , on apercevra de même une certaine altération dans l'écriture. Tout cela Tient de ce que chaque nation écrit sa parole. Il y a une grande exception i.u fond de l'Asie , où le Chinois semble au contraire parler son écriture ; mais là je ne doute pas que la moindre altération dans le système de l'écriture n'en produisît subitement une autre dans le langage. Ces considérations achè- Tent d'effacer jusqu'à la moindre idée de raisonnement antérieur ou d'arbitraire dans les langues. Après aToir tu la vérité , on la touche. Au reste , puisqu'il s'agit d'écrire , je liens pour le sentiment de Pline , quoi qu'en disent Eryant et d'autres : apparet œlernum litterarum usum (Hist. nat. VII , 57. )

( Page 137. Il fut le maître de Platon , qui emprunta de lui se3 principaux dogmes métaphysiques. )

Gallien semble ne laisser aucun doute sur ce sujet. « Hippocratc , « dit-il , admettait deux sources de nos connaissances : le principe « sensible et l'intelligence. Il croyait que , par la première puissance , « nous connaissions les choses sensibles , et par la seconde les choses « spirituelles. ( In lïb. de offic. Med. , 1. iv. ) Le premier d'entre les m Grecs , dont nous ayons connaissance , il reconnut que toute erreur « et tout désordre partent de la mi!n>re , mais que toute idée d'ordre , « de beauté et d'artifice nous Tient d'en haut. ( » Id., De dieb. décret.) De là Tient « que Plaion fut le plus grand partisan d'IIippocrate , et « qu'il cmpruuta de lui ses dogmes principaux. » ( Z>jAwTr;$ &•* lTTTroxpârouî IliccTwv E1UEP TIS AA.A.OS , xzi rà p.iyi9T* twv Sèy» px-roiv 7tap' exîivou ë>a6e. ( Id. De usa part. , 1. VIII. ) Ces textes se trouTent cités à la fin des bonnes éditions d'IIippocrate , inter testimnnia vclerum. Le lecteur qui serait tenté de les vérifier dani

DU DBUXIÉMB BÏIT1 ETI1 1 1 3

crlle de Van (1er /„ •' #<<//• n ( in-8°, loin, \\,}i<j. 1017} doit oh «ur le premier texte , dont je ne donne que la su bilan ce , que It traducleur lalin Vidut , Vidius , §'cst trompé en fuient pari' r Hippocrale lui-méat , au lifu de Gallien qui picnd la parole, — Ai ïtts ndtfti iik mkmçt *.x.). Ihid.

( Page 137. L'homme ne peut rien apprendre qu'en verln de ce qu'il •t.iît déjà. )

Gel axiome décisif en faveur des idées innées, se trouve en effet dans la Métaphysique d'Arislole. ÏIxvk fii9*)ai$ ôià ■poytyvoexaplMtr. . ierl. lib. I. , cap. vu. — Ailleurs il repète, que toute doctrine et toute science rationnelle est fondée sur une connaissance antécédente,»», que le syllogisme et l'induction n'appuient leur marchfl que sur ces tortet de connaissances ; parlant toujours de principes posés comme connus. ( Analyt. poster. , lib. 1, cap. i , De demonst. )

( Paje 133. Sur l'essence de l'esprit qu'il place dans la pense'e même. )

Je trouve au Iiv. XII, chap. ix de la Métaphysique d'Arislote, quelques ide'cs qui se rapportent infiniment à ce que dit ici l'interlocuteur. « Comme il n'y a rien, dit-il , au-dessus de la prnse'e, si elle « n'ëtait pas substance, mais acte simple, il s'ensuivrait que l'acte au- « rail la supériorité d'excellence ou de perfection — rb tZ tô atfivov — « sur le principe même qui le produit, ce qui est révoltant. — "fi^r: « yeuxriov toj'to. — On s'accoutume trop à envisager la pensée « en tant "qu'elle s'applique aux objets extérieurs , comme science , « ou sensation, ou opinion, ou connaissance; tandis que 1 appré- « hension de l'intelligence qui se comprend elle-même , paraît uno « espèce de hors-d'œuvre. AÙttîî Si ( ^ vc>j<ï«« ) «y **?'-?'/$', « - — Cette connaissance de l'esprit est cependant lui; Pinlelligenca ne

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