‹ Les soirées de Saint-PétersbourgChapitre 39 sur 40 · DE SAOTT*P£TE&SI0UR · texte numérisé non relu

DE SAOTT*P£TE&SI0UR

leurs , <"£ qui espèrent avoir meilleur marché des hommes , lorsqu'à laide tVune aveugle crédulité ils pourront leur faire avaler des principes innés sur lesquels il ne sera pas permis de disputer. Dans un autre endroit de son livre, il examine comment leshommes arrivent a ce qnils appellent leurs principes; et il débute par une observation remarquable : Il peut paraître étrange, dit-il, et cependant rien n'est nioins extraordinaire ni mieux prouvé , par une expérience de tous les jours f que des doctrines (ii aurait hien dû les nommer) qui n'ont pas une origine plus noble que la superstition iïune nourrice ou V autorité iï une vieille femme , grandissent enfin, tant dans la religion que dans la morale , jusqu'à la dignité de principes , par V opération du temps et par la complaisance des auditeurs (1). Il ne s'agit ici ni du Japon ni du Canada, encore moins de faits rares et extraordinaires : il s'agit de ce que tout homme peut voir tous les jours de sa vie. Rien n'est moins équivoque , comme vous voyez; mais Locke me paraît avoir posé les bornes du ridicule , lorsqu'il écrit à la marge de ce beau cbapitre : D'où nous est

(I) Locke s'exprime en effet dans M sens, liv. I, ch. m, § 1±.

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