LA VIERGE NORE
de la plus grande fête de la Vierge. Son âge, la candeur et la beauté de sa figure, la douceur et la sainteté de son naturel, la sua\îe pureté de sa voix, lui donnaient tant de ressemblance avec les anges, que son hommage ne pouvait manquer d'être agréable à la Mère du Christ, et de toucher à la fois les enfants et les mères qui assisteraient à cette belle cérémonie.
Le jour de l'Assomption, la mère, jqui, en mettant son mari dans la tombe, avait enseveli avec lui tout désir de plaire, et n'avait jamais quilté ses vêtements de deuil, retrouva sa coquetterie de jeune femme pour parer son enfant.
En efTot, après que la procession, aux sons noblement religieux dont Torgane remplissait la nef, se fut arrêtée devant l'autel de Marie, les enfants de chœur cessèrent un moment de jeter des fleurs, et du milieu de la foule de jeunes garçons de son âge, le petit Jean s'avança, vêtu d'une tunique blanche, ses longs cheveux blonds ruisselants sur les épaules, et retenus sur son front par une bandelette bleue. Il baisa respectueusement le pave de Tautel, puis il leva vers la Vierge ses beaux yeux brillants d'attendrissement.
Alors, dans toute l'église on n'entendit respirer personne, tout le monde était oppressé, et Jean, d'une voix pure, expressive, et telle qu'on se figure celle des anges, chaula :
Begina cœli, lœtare, alléluia,
Quia quem meruisti portare, alieluiaj etc,
'i Sa mère pleurait de bonheur. Quand arriva la fin de Thymnc Gaudere et lœtarey 6 virgo Maria! les enfants de chœur jetèrent sur lui les roses effeuillées qui restaient