RÉSUMÉ OU ABRÉGÉ
COMPRENANT LES PRINCIPALES ERREURS DE NOTRE TEMPS, SIGNALÉES DANS LES ALLOCUTIONS CONS1STORIALES, LES ENCYCLIQUES ET AUTRES LETTRES APOSTOLIQUES DE N. T. S. P. LE PAPE PIE IX.
Tel est le titre de ce document qui doit éclairer l'Eglise jusqu'à son dernier jour, en ce monde ; car c'est l'enseignement môme de Jésus-Christ, parlant par la bouche de Son Vicaire. Or, le Sauveur a dit : — Cœlum et terra Iran- .sibunt, verba autem mea non transibunt. (1)
Puis, viennent immédiatement dix paragraphes, dont voici l'abrégé :
Paragraphe I. — Il est dirigé contre le panthéisme, le naturalisme, et le rationalisme absolu.
Il renferme sept propositions, qui sont autant d'erreurs condamnées par Pie IX, dans cinq Encycliques et sept Allocutions, de 1846 à 1862.
(1) Luc, 21. — Le ciel et la terre passeront mais ma parole ne passera pas.
Paragraphe II. — Il est dirigé contre le rationalisme modéré.
Il renferme sept propositions condamnées par Pie IX, dans une Allocution et huit Lettres, de 1847 à 1863.
En sus, il contient un Nota-bene relativement aux erreurs d'Antoine Gunter, se rattachant au rationalismer condamnées par Pie IX, dans deux Lettres, l'une en 1847, et l'autre en 1860.
Paragraphe III. — Il est dirigé contre Vindifférentisme,et le latitudinarisme.
Il renferme quatre propositions, condamnées par Pie IX, clans quatre Encycliques, trois Allocutions et une Lettre Apostolique, de 1847 à 1863.
Paragraphe IV. — Il est dirigé contre le socialisme, le communisme, les sociétés secrètes, les sociétés bibliques, les sociétés clérico-libérales.
Tous ces fléaux modernes sont condamnés, par Pie IXy dans deux Allocutions et trois Encycliques, de 1846 à
Paragraphe V. — Il est dirigé contre les erreurs relatives à VEglise, et à ses droits.
Il renferme vingt propositions, condamnées par Pie IX7 dans une Encyclique, douze Allocutions et douze Lettres, de 185! à 1864.
Paragraphe VI. — Il est dirigé contre les erreurs relatives à la société civile, soit en elle-même, soit dans ses rapports avec l'Eglise.
Il renferme dix-sept propositions, condamnées par Pie IX, dans une Encyclique, dix sept Allocutions et six Lettres, de 1849 à 1864.
Paragraphe VII. — Il est dirigé contre les erreurs concernant la morale naturelle et chrétienne.
Il renferme neuf propositions, condamnées par Pie IX, dans trois Encycliques, neuf Allocutions et une Lettre Apostolique, de 1847 à 1863.
Paragraphe VIII. — Il est dirigé contre les erreurs concernant le mariage chrétien.
Il renferme dix propositions, condamnées par Pie IX, dans quatre Allocutions et onze Lettres, de 1857 à 1860. En sus, il contient un Nota-bene relativement à deux autres erreurs, l'une ayant pour objet l'abolition du célibat ecclésiastique, l'autre l'état de mariage préféré à celui de virginité. Ces erreurs sont condamnées par Pie IX, la première par une Encyclique, en 1846, la seconde par une Lettre Apostolique, en 1851.
Paragraphe IX. — Il est dirigé contre les erreurs sur le principal civil du Pontife romain.
Il renferme deux propositions, condamnées par Pie IX, dans une Allocution en 1849, et une Lettre Apostolique en 1851. En sus, il contient un Nota-bene relativement à plusieurs autres erreurs sur ce sujet, condamnées par Pie IX, dans cinq Allocutions et une Lettre Apostolique, de 1849 à 1862.
Paragraphe X. — Il est dirigé contre les erreurs qui se rapportent au libéralisme moderne.
Il renferme quatre propositions, condamnées par Pie IX, dans quatre Allocutions, de 1855 à 1861.
Ainsi donc le Syllabus se compose de 10 paragraphes contenant 80 propositions, condamnées par Pie IX, dans
18 Encycliques, 65 Allocutions et 45 Lettres Apostoliques, de 1846 à 1864.
Telle est cette œuvre gigantesque accomplie par ce grand Pape, auquel on peut bien appliquer ces paroles de la Sainte Ecriture : Eœultavit ut gigas ad currendamviam.[\) Et cela, au milieu d'immenses difficultés, de périls non moins grands, et malgré l'opposition des puissants de ce monde. Ainsi se vérifiaient en lui ces paroles de Jésus- Christ : Confirma fratres tuos — portœ inferi non prœvalebunt. (2)
Maintenant, mes amis, la consigne est levée, et notre ami George pourra nous dire ce qu'il pense de ce petit , Post-scriptum, ajouté à l'Encyclique Quanta cura de 1864.
LE ZOUAVE GEORGE
Ce que je pense, Sergent, je vais le dire à ma confusion. C'est que j'ai mérité les arrêts, en parlant comme un étourdi. Ah ! quelle raclée j'aurais attrapée, si le Commandant Charette m'eût entendu ! J'en frémis rien qu'en y pensant. Je retire donc mes paroles inconsidérées et inconvenantes en pareille circonstance. Je baise les pieds du Très Saint-Père, et je lui demande pardon d'avoir osé plaisanter sur un si grand sujet. Mais, ignorans feci. Je me sers de cette réminiscence de collège, pour faire mon humble apologie au Pape, efe à vous, mes
(1) Psal. 18. Il s'est élancé plein de joie comme un géant pour parcourir sa carrière.
(2) Evang. passim. Confirme tes frères, — Les portes de l'enfer ne prévaudront pas.
amis. De plus, je me propose, pour ma pénitence, d'ap prendre par cœur le Syllabus tel qu'analysé par notre Sergent. Ce sera une pénitence médicinale, car je nepèche pas moins par défaut de mémoire que par défaut de discrétion.
LE ZOUAVE JOSÉ
Allons donc, George ; à quoi bon faire ainsi ta confession publique ? Après tout, ce n'était qu'un lapsus lingux ; et il n'y a pas lieu de tant s'aplatir pour si peu de chose, d'autant plus que tu n'y entendais pas malice.
LE ZOUAVB GEORGE.
Une faute même sans malice, ne dispense pas de faire une réparation convenable à la circonstance. J'étais comme un pauvre aveugle, parlant follement de ce qu'il ignore, parce que ses yeux sont privés du bienfait de la lumière. L'aveugle de l'Évangile a mérité d'être guéri par sa foi et son humble prière. De môme, j'espère être guéri, et jouir bientôt de la lumière du Syllabus, et permets-moi, mon cher camarade, de te dire : vade et tu foc simili 1er. (1)