LE SUCCES DANS LA VIE
Le collège Eastman, de Poughkeepsie, N. Y., qui a maintenant une succtirsale à New-York, sous le nom de " New- York Business Institute ', a été fondé en 1859, par Harvey G. Eastman, alors âgé de 27 ans, plus tard sénateur, et décédé en 1878, à Denver, Colorado. Dès sa troisième année d'existence, le collège comptait 500 élèves ; en 1863, il en avait 1,200 ; en 1865, 1,700, avec 64 professeurs.
On peut juger de la détermination de son fondateur par le fait que pour annoncer son œuvre, il ne craignit pas de payer $1,500 une seule insertion dans le " Weekly Tribune," et de verser en une seule année, §60,000 à cinq autres journaux.
Eastman n'était pas de ces tristes rêveurs, de ces anachronismes vivants, qui croient nécessaire de passer tous les siècles en revue, avant de s'arrêter à celui où ils existent. C'était tout simplement un homme de bon sens, un homme d'affaires. N'é h Marshall, N. Y., il était allé faire ses premières armes dans le commerce, à Saint-Louis. Missouri, et à l'âge où tant d'autres en sont encore à épeler le
premier mot de la vie pratique, lui s'était déjà créé des ressources, il avait observé les aspirations, les besoins de son pays, et pour y répondre, il s'empressait de fonder une université commerciale do première classe, sans quêtes, sans subvention du gouvernement, sans la haute approbation préalable de celui-ci, ni de celui-là, mais de sa propre initiative, à ses propres frais, sous sa propre responsabilité, et il tirait exclusivement de sa tête la merveilleuse méthode qui a toujours présidé 9. l'enseignement et à l'administration de cette vaste école. Vaste est bien le mot, puisqu'il y a là des centaines de filles et de garçons, de tous les Etats de l'Union et de plusieurs pays étrangers. J'y ai même connu, en 1887, des Japonais de Tokio et de Yokohama.
Là, aucun élève n'est dans la classe d'un autre ; il n'y a pas de classes. Il est donné une tâche égale à chacun des arrivants ; celui qui l'exécute plus vite avance plus vite. On n'émousse pas son énergie, on ne le fait pas bâiller à attendre les retardataires et les paresseux, on ne vient pas distraire son attention, lui faire perdre son temps, l'embêter par toutes sortes de pratiques étrangères à ses études et à leur véritable objet.
La vie est une bataille, l'élève est un soldat, il faut le préparer non à la défaite, mais à la victoire. C'est pourquoi, la charge allant bientôt sonner, non seulement on s'empresse de lui enseigner quelles sont les meilleures armes du jour, mais on l'exerce à les ma-
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nier, afin qu'il sache s'en servir comme un homme. A force d'étudier ce qui s'est fait autrefois, il resterait trop ignorant de ce qui se fait ou se doit faire aujourd'hui, et tant d'ignorance du présent ne servirait peut-être qu'à lui faire regretter tant de science du passé !
Une autre caractéristique du collège Eastman, c'est que les vacances y sont inconnues, tous les jours de l'année, moins les dimanches et fêtes, étant jugés propres au travail. Chaque samedi, cependant, un concert ou une conférence vient faire diversion à l'étude. Ces conférences, qui roulent toujours sur des sujets éminemment pratiques, sont faites par des hommes choisis parmi les plus distingués des Etats-Unis. Cest ainsi qu'on a entendu, il n'y a pas bien longtemps, l'honorable T. L. Woodruff, lieutenant-gouverneur de l'Etat de New- York, et l'honorable Chauncey M. Depew.
Le discours de ce dernier avait pour titre : *' Success in life." M. Gaines, le distingué président du collège Eastman, ayant eu l'amabilité de me le faire parvenir, je l'ai traduit en entier, et j'ai le plaisir de le livrer au public canadien, à qui j'ai cru devoir, d'aborcl, communiquer les notes qui précèdent, pour mieux lui faire saisir la raison d'être et la portée de cette pièce d'éloquence.
Mes jeunes amis,
Il me fait toujours plaisir de rencontrer mes jeunes amis, et en particulier, mon '' jeune " ami le Lieutenant- Gouverneur, de Brooklyn. Eien ne m'est plus agréable que les réminiscences de ce dernier.. Il appartient aux hommes de mon âge et non du sien, de vivre dans l'heureux domaine des souvenirs. Ma foi ! la montre où il a vu que son discours à certain auditoire de sept mille personnes avait duré vingt minutes, devait être une Waterbury.
Je me rappelle la circonstance déjà loin dans le passé, puisqu'elle remonte à l'aurore de mes soixantedix ans, où il adressait la parole à cet auditoire qui s'appliquait à disparaître rapidement. Xous n'avions pas appris alors, comme nous l'avons fait depuis, que la disparition des auditoires avait pour cause l'apparition des orateurs novices.
Etant donnés les engagements toujours croissants qui s'imposent à un homme occupé, à I^Tew-York, je ne savais pas trop comment il me serait jamais possible de me rendre au collège Eastman. Pour venir ici, j'ai à\i renoncer à une entrevue que j'avais promis d'avoir ce soir avec un des hommes les plus distingués du monde — un Américain.
Je l'ai fait, par obéissance à un message que le Lieutenant-Gouverneur élu m'a transmis, hier, par téléphone.
Il faut que vous y alliez, dit-il, — Impossible ! — Mais, reprit-il, ma femme vient justement de sortir du bureau et m'a dit que sa mère ... — J'irai, j'irai, — répondis-je. . .
Je m'étais déjà trouvé, moi-même, en semblable cas.
Il faut bien qu'en ce monde la belle-mère ait son utilité ; autrement, où prendrions-nous nos femmes ?. . .
Il est assez difficile de savoir exactement où commencer, où tracer la ligne de démarcation, où finir, quand il s'agit d'adresser la parole à des jeunes gens au début d'une carrière commerciale ou à leurs premières armes dans la bataille de la vie. Il m'est toujours excessivement intéressant d'avoir à rencontrer de ces jeunes gens-là. Je sais depuis bien longtemps que le secret de la longévité, de la santé, de l'éternelle jeunesse est d'être toujours avec les jeunes, de s'intéresser à leurs jeux, à leurs amusements, à leurs ambitions, à leurs agissements et à leurs carrières.
Mon ami le Lieutenant-Gouverneur a posé la question d'une éducation classique suivie de l'éducation qui peut se puiser dans un collège commercial.
J'admets avec lui que si le temps, les circonstances, les ressources pécuniaires le permettent, il est infiniment plus avantageux à un jeune homme de se procurer une éducation libérale dans une de nos grandes
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universités, d'abord ; mais l'argent, le temps, et l'occasion à cette fin ne sont pas donnés à tous. Alors, que faire ? De nos jours, personne, ni jeune homme, ni jeune fille, ne peut espérer réussir dans aucune carrière, sans y avoir été parfaitement préparé. Il est passé, le temps des succès du hasard et de l'habileté inculte ; il faut savoir répondre aux exigences particulières de notre siècle.
Adam et Eve n'avaient nul besoin d'une éducation classique, ni académique, ni commerciale. Pas de nécessité, pour Adam, de tenir compte des dépenses de sa famille, ni pour Eve, de faire la somme des factures de sa modiste. Pas de nécessité, pour Adam, d'entretenir une correspondance considérable avec les gens d'affaires des diverses parties du pays, ni de solliciter des différentes branches de commerce des commandes pour la maison dont il était chef. Pas de nécessité, non plus, pour Eve, d'avoir de papier, ni d'encre, ni de plume pour écrire des lettres d'amour ou d'autres, à l'élu de son cœur ; et cependant, ils avaient tout ce qu'il leur fallait, dans le jardin d'Eden.
Au moyen âge, pas un homme ne pouvait s'attendre au moindre succès dans la vie avant d'avoir habitué ses muscles à supporter le poids d'un habit de fer, de cuissards de fer, d'un casque de fer, d'un immense bouclier et d'une immense épée. A moins de pouvoir tout cela, et de pouvoir, en outre, manier ses armes avec plus d'adresse, de vigueur et de force que qui que ce fût, on restait sans aucun espoir de succès, et
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dans ce temps-là, ceux qui avaient à demander leur subsistance au travail étaient tenus de savoir fabriquer des cottes d'armes de fer, des casques, des boucliers et des lances de fer. Advenant un changement dans la civilisation, on cessa d'employer tout ce monde, et la plus belle, la plus exquise pièce d'ouvrage qui se fût alors fabriquée à Tolède serait absolument sans valeur aujourd'hui, sur n'importe quel marché de l'univers, et ce peuple d'ouvriers se trouverait tout à fait sans emploi. Ainsi, à mesure que se produit la révolution des siècles, le monde change, et la variation des scènes du théâtre de la civilisation oblige les hommes à se rendre habiles à des occupations nouvelles.
Au premier âge de ce pays, le succès en affaires n'exigeait pas d'habileté. L'agriculture était le grand objet des aspirations générales, et la plupart des jeunes gens s'y destinaient. Ceux qui vinrent à se livrer au commerce y trouvèrent des avantages sans bornes, comme il s'en offre tant dans un pays nouveau, qui n'est que partiellement développé, et où il y a toujours, pour un homme, à faire quelques découvertes qu'il peut rendre productives d'argent sans s'être préparé à la besogne au moyen de laquelle l'argent se fait.
Xos ancêtres ont jugé qu'ils n'avaient besoin d'une éducation ni collégiale, ni technologique, ni scientifique. De tous les hommes à grands succès, si vous entendez par succès : accumulation d'argent, tels que le
Commodore Vanderbilt, George Law, Daniel Drew et tant d'autres, pas un seul n'avait été préparé à l'entreprise dans laquelle il réalisa sa vaste fortune. Mais grâce à l'invention, à la mécanique, à l'électricité, au développement de l'industrie de l'acier, grâce à l'application des forces de la nature en vue d'activer la production industrielle, il est arrivé que pas un homme ne peut s'attendre à dépasser le niveau du vulgaire ouvrier à moins d'avoir subi un entraînement relatif au genre d'affaires auquel il entend se livrer. S'il veut être musicien, il lui faut un apprentissage parfait, car nos oreilles sont instruites de ce que musique veut dire. S'il opte pour les affaires, il doit connaître la branche spéciale à laquelle il entreprend de dévouer sa vie, ou avoir des connaissances générales qui lui permettent de la comprendre, quelle qu'elle soit. Autrefois, un avocat pouvait réussir en étudiant au bureau d'un autre avocat, mais aujourd'hui, il expose terriblement son avenir professionnel, s'il ignore l'école de droit. Autrefois, un médecin pouvait se tirer d'affaire en faisant son stage chez un autre médecin, mais aujourd'hui, pas un ne saurait se "flatter de conquérir la moindre réputation dans sa profession à moins de passer par une des grandes écoles de médecine et de profiter des grand? avantages de l'hôpital. Il en est ainsi du journalisme et de mille et mille carrières qui ont surgi depuis cinquante ans. La sténographie est de celles-là, la clavi graphie est de celles-là, l'industrie des chemins de fer également.
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Prenons seulement les chemins de fer. lll y a soixante ans, on en voyait à peine aux Etats-Unis. Aujourd'hui, il y a 800,000 hommes dont les noms figurent sur les rôles de paie des chemins de fer de ce pays. Aujourd'hui, il y a plus d'un million d'hommes occupés à fabriquer des locomotives, des rails d'acier, des rivets, des barres et tout ce qui constitue la mécanique d'un chemin de fer, ses wagons à fret, ses wagons à voyageurs et tout ce qui s'y rapporte, et il y en a des centaines de mille autres qui extraient la houille destinée au chauffage des locomotives. Ainsi, cette seule exploitation, à la naissance de laquelle ceux qui vivent encore se rappellent avoir assisté, fournit de l'emploi à des millions d'hommes qui, à leur tour, ont des millions de gens à faire vivre.
L'industrie des chemins de fer en est venue à demander beaucoup d'habileté, et il y a lieu de développer, comme on les développe aussi, dans nos écoles technologiques, les études qu'elle requiert nécessairement. Les hommes qui réussissent le mieux sur nos chemins de fer d'aujourd'hui, sont ceux qui, dans un de nos collèges ou écoles scientifiques ou technologiques, se préparent à devenir ingénieurs-mécaniciens. Ce? hommes s'entraînent, en quelque sorte, à l'?iccomplissement de la grande tâche qui leur sera dévolue dans l'exploitation des chemins de fer.
îsTous avons parmi nous, il est vrai, sur le chemin de fer du îfew-York Central, des hommes qui étaient partis du dernier échelon, mais tous ont étudié bien
fort, aussi fort que s'ils eussent fait un cours d'études dans nos écoles technologiques ou scientifiques.
M. Toucey est notre gérant général. Il est originaire de Poughkeepsie. Il a débuté comme serrefrein : il a occupé tous les grades, mais je ne connais pas d'homme qui, dans les quarante ans qu'il a passés au service du chemin de fer, ait étudié autant que M. Toucey,
M. Yan Etten, notre surintendant général, a débuté comme opérateur de télégraphe, mais je ne connais personne qui, en cette qualité, ait plus sérieusement étudié comment faire circuler les trains, diriger les hommes et remplir les devoirs de chaque département de l'administration d'un chemin de fer ; autrement, M. Van Etten ne serait jamais parvenu au poste de la surintendance générale.
Il en est ainsi des divers surintendants, de tous ceux qui se trouvent dans notre département des ingénieurs ou dans celui de la comptabilité ou des finances.
Prenez le trésorier de notre chemin. Il a commencé-à l'âge de douze ans. Il a fait, dans tous les départements, la plus sévère expérience de la tenue des livres, car il était chargé, sous sa propre responsabilité, de percevoir et distribuer l'argent de la corporation ; mais ce fut par les profondes études auxquelles il se livra avec le plus infatigable acharnement en dehors des heures d'affaires, ce fut par sa promptitude à exécuter l'ouvrage qu'on lui donnait, sans s'arrêter à
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penser combien cet ouvrage pouvait être étranger à celui pour quoi on le payait, que M. Eossiter est parvenu, avant l'âge de cinquante ans, à son poste de trésorier de la compagnie du New- York Central.
Maintenant, mes jeunes amis, vous êtes, la plupart d'entre vous, à chercher dans la vie, à la lumière d'une idée, et cette idée, c'est celle du succès.
Qu'est-ce donc que le succès dans la vie ?
Je suppose bien que si vous alliez par les fues de Poughkeepsie, demander à tout homme au-dessous de trente ans, qu'est-ce que le succès dans la vie, il vous répondrait : c'est un million de dollars. Voilà, pourtant, un très pauvre idéal du succès dans la vie. 1] est bel et bon de travailler à gagner un million de dollars, mais combien y parviennent ? Fort peu.
Un homme qui n'aurait d'autre but que de réaliser un million de dollars, ferait une bien triste méprise, même s'il réussissait. J'ai intimement connu tous les grands richards de mon temps. Bien que j'aie dû restreindre l'exercice de ma profesion à une spécialité, les rapports qui sont nés de là m'ont fait devenir, de façon ou d'autre, le conseil et l'aviseur d'un grand nombre d'hommes très riches. Combien peu d'entre eux f ail ait-il compter comme ayant eu du succès ! J'ai vu un homme envié de tout le monde parce qu'il
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avait accumulé des millions;, et des Jeunes gens s'arrêter à le regarder, puis prendre un verre et se dire : A quoi bon ! nous ne pourrons jamais monter là oii il est. Et cependant, cet homme souffrait tellement de la dyspepsie, qu'il ne pouvait prendre un repas et n'avait pu en prendre un seul depuis des années ; il lui était impossible de jouir de quoi que ce fût en ce monde, parce que la peine et la misère qu'il s'était attirées précisément pour acquérir son immense fortune, ne cessaient de le ronger.
Il m'est arrivé de passer une soirée avec un homme immensément riche, envié de tous, lui aussi, entouré de flatteurs, d'obséquieux, de sycophantes. de lèchecrachats ; et quand ils se furent tous retiré?, il me dit : ces gens me croient heureux ? je ne le suis pas. Je n'ai pas eu l'avantage de m'instruire, dans ma jeunesse. J'ai été trop occupé pour profiter de l'occasion qui s'en est offerte lorsque j'eus atteint l'âge où l'on est homme, et maintenant que j'ai cette énorme fortune et que je suis en contact avec ces gens émoulus de nos universités et académies, et que je veux m'efforeer de les égaler, je comprends mon ignorance et mes défauts à tel point, que je donnerais tout ce que je possède, en retour d'une éducation comme celle que je suis à faire donner à mon fils.
Ainsi, le bonheur ne procède pas d'un million de dollars. Tout homme qui en est arrivé à pouvoir se suffire, ne compter sur l'aide de qui que ce soit pour payer sa pension, ses habits, se présenter et faire
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bonne figure dans la société, celui-là a déjà obtenu un succès ; le reste, c'est de l'accumulation.
Mon expérience comme patron de 35,000 hommes et en relations d'aiïaires avec des institutions qui en emploient 100,000 de plus, c'est que la plupart des jeunes gens manquent de réussir, par leur propre faute, en ne saisissant pas les bonnes occasions qui se présentent à eux. Voici ce que j'entends dire par là : Me trouvant l'autre jour en ville, dans un grand bureau d'avocat. Je dis à celui qui en est le chef : Vous travaillez, à vous faire mourir !
— Le chef de tout établissement en ce pays, est dans ce cas ; il travaille au point de se faire mourir, parce qu'il ne peut avoir l'aide qu'il faut.
— Toujours est-il que vous travaillez, à vous faire mourir !
— Eh ! bien oui, reprit-il, et pour cette raison : voyez-moi ce bureau plein de clercs, voyez comme chacun épie le moment où je vais sortir, pour perdre son temps à des folies, et comme chacun, l'œil sur la pendule, s'applique à regarder venir l'heure de s'en aller. Si. parmi ces Jeunes avocats et ces clercs qui se pr/?parent à le devenir, il y en avait un qui voulût se charger de l'ouvrage que je lui confierais, et rester ici toute l'après-midi, toute la soirée, toute la nuit s'il le fallait, comme je faisais quand j'ai commencé, celui-
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là, avant peu d'années, serait mon associé ; mais il n'y en a pas un seul, pas un seul !
C'est la chose la plus rare du monde que de trouver im homme à gages ou à salaire, consentant de faire plus que ce qu'il s'est engagé à faire. Dès que vous lui demandez de faire quelque chose en dehors de là, il veut savoir si vous allez augmenter ses gages ou lui payer un prix particulier pour ce surcroît de travail.
Prenez n'importe quelle grande maison de comptabilité, n'importe quelle grande fabrique, n'importe quel grand établissement, oii vous voudrez ; s'il ast entendu qu'on y quitte l'ouvrage à cinq heures, vous verrez qu'à quatre heures et demie, 99 par cent de ceux qui sont employés là, ont les yeux collés aux aiguilles de la pendule. S'il se trouve parmi eux un seul homme pour dire à son compagnon malade : Je vais faire votre ouvrage, ou au chef de bureau, quand il reste de la besogne à faire : je vais me tenir ici jusqu'à ce que ça soit fini, celui-là est certain d'avancer, et de monter dans l'échelle sociale, s'il conserve sa santé et ne s'adonne pas imprudemment à un autre genre d'occupation.
Depuis quelque temps, on nous enseigne que les chemins du succès en ce monde 'sont, à présent, fermés, et qu'il nous faut absolument une révolution pour les rouvrir, tant la vie est devenue difficile.
Il meurt des hommes et il en vient d'autres prendre leur place, et les avenues qui aboutissent au succès restent les mêmes : elles sont ouvertes pour tous
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ceux qui veulent les parcourir avec une détermination indomptable, une intégrité absolue et une infatigable énergie, et il n'y a" que ceux-là qui réussissent.
Vous n'allez pas supposer que M. Woodruff est l)arvenu à la position indépendante qu'il occupe dans le monde des affaires, à l'âge qu'il a, sans avoir travaillé, au besoin, à toute heure et malgré l'heure ? Si l'on venait me demander quel est le secret du succès et du bonheur en cette vie, je répondrais : c'est le travail, le travail et encore le travail. Je ne veux pas dire qu'il ne faut que du travail et point de récréation, mais ce que je veux dire, c'est que celui-là a le plus de santé et le plus de bonheur, qui, chaque soir, quand il s'en retourne chez lui ou se met au lit, peut se rendre le témoignage que tout l'ouvrage que sa tête et ses mains avaient trouvé à faire, a été fait et parfait.
Maintenant, attachez-vous à la profession, à la ligne d'affaires, à la voie dans laquelle vous avez décidé d'entrer. Eoche qui roule... Vous savez tout cela ? La réponse est que poule qui couve ne pond pas. Ainsi, ne faites aucun cas des proverbes, vous aurez tôt découvert par vous-mêmes si vous êtes faits pour ce que vous avez entrepris.
Des nombreuses bonnes paroles d'Abraham Lincoln, une des meilleures, c'est que vous ne pouvez mettre une cheville carré dans un trou rond. Si donc vous êtes cette cheville carrée, ne perdez pas votre temps à vouloir entrer dans un trou rond :
cherchez-en un carré. Vous finirez par le découvrir. Je ne connais pas encore de cas où un homme déterminé à réussir, n'y soit parvenu, si la santé ne lui a fait défaut.
Me trouvant à l'université Cornell, l'an dernier, à l'occasion d'un discours que j'avais à y faire, je pénétrai dans le département de l'électricité. J'ai quelques notions d'électricité, comme doit en avoir tout homme qui s'occupe de chemins de fer ; or, j'ai vu là l'électricien le plus compétent qu'il m'ait jamais été donné de rencontrer, si j'en excepte de grands inventeurs comme Edison ou Tesla. Après m'avoir exhibé les pièces de mécanique et ce qu'il enseignait aux élèves, il me dit : M. Depevr, je vous salue comme mon chef. — Je ne suis pas électricien, lui dis-je. — ISTon, reprit-il, mais moi, je suis gradué du N^ew-York Central. — Comment cela ? — Eh bien ! continua-til, je débutai là comme chauffeur, faisant tout mon possible ; bientôt, je devins ingénieur de locomotive et résolus de m'instruire et d'être plus que cela, et je me mis à étudier, la nuit, pour me préparer à entrer au collège Union. Quand j'eus fait les étiides préparatoires, en étudiant la nuit, le dimanche, dans les cours, quand je n'avais rien à faire et que je n'étais pas appelé à mon engin, je me trouvai en état de .^ubir mon examen préliminaire et fus acimis au collège Union. J'exposai alors exactement à la faculté de l'Union les embarras de ma position ; on arrangea les choses de manière à me permettre de réciter mes
leçons et de suivre les cours alors que je ne serais pas sur mon engin, car je devais y être et travailler, jjour payer mes frais d'enseignement, mais je n'avais à l'aire que la course de Schenectady ouest, et retour, car la compagnie m'aidait. Et le jour où je devais prendre mes grades, j'arrivai à Schenectady en salopettes, les mains sales sur la valve d'étranglement, et 50 minutes après, j'étais en habit de gala, recevant mon diplôme du vieux collège Union !
Il n'eut pas besoin d'une révolution pour trouver un nouveau moyen de réussite : il se le trouva luimême, et ce moyen, il se présente à chacun de nous, dès que nous avons découvert ce qu'est notre vocation dans la vie. Le reste est tout à fait facile.
Une autre condition nécessaire au succès, c'est l'économie.
J'ai eu cent occasions de m'entendre dire : " Mais, comment pourrais-je épargner $50, $60, ou $100 par mois ? " J'ai connu des gens qui ne pouvaient épargner $50,000 par année. A un de ceux-là, son père avait laissé un splendide héritage qui lui rapportait $50,000 par année. Il en est arrivé à des embarras financiers parce qu'il dépensait $100,000. Un jour, je le fis entrer dans mon cabinet et lui dis : eh bien ! mon ami, je vous connais depuis nombre d'années, votre père vous a laissé $50,000 par année, et vous en
dépensez $100,000. Pour vous procurer le surplus, vous hypothéquez cette maison, cette fabrique et vos autres biens ; dans peu de temps vous n'aurez plus de revenus du tout.
Eh bien ! monsieur, répondit-il, je veux tout simplement que vous sachiez qu'un gentilhomme ne peut pas vivre à moins de $100,000 par année.
— Et que ferez-vous quand tout sera fondu ?
— Il n'est pas question de ce que je pourrai faire alors ; seulement, je sais ce qu'il faut, au minimum, à un monsieur, pour vivre . . .
Voilà qu'un jour, il entre me demander de lui prêter $2,500.
— Non, lui dis-je, à un homme qui fait la vie que vous faites, je ne prêterais pas 25 cents.
Ce n'était pas un homme dissipé ; seulement, il éparpillait l'argent.
— Pourquoi voulez- vous $2,500, lui dis-je ?
— Eh bien ! reprit-il, c'est parce que mes créanciers m'ont nommé un administrateur et que celui-ci ne m'alloue que $100 par mois, avec lesquels je vis.
Il voyait enfin, que bien qu'il eût dépensé $100,000. il pouvait vivre avec $100 par mois, et être tout autant gentilhomme. S'il avait supprimé quelque-uns de ses yachts à vapeur, quelques-unes de ses écuries à chevaux trotteurs, de ses réceptions extravagantes, et assez épargné pour prévenir les effets des jours nuageux et de la dépréciation des valeurs, il aurait pu vi"VTe d'une façon splendide et avec plus d'agrément,
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car sa vie a été semée des plus grandes inquiétudes.
Il y avait deux hommes d'employés à la Grande Gare Centrale. II. y a vingt-cinq ans, je leur dis : commencez à faire des épargnes !
— Impossible, répondirent-ils.
— Pourtant, il le faut !
— Eh bien ! dit l'un d'eux, je vais le faire.
L'autre persista à dire que c'était impossible.
Ils gagnaient un égal salaire. Celui qui s'était mis à épargner vint me trouver au bout de quelque temps avec un millier de dollars, avec quoi je lui achetai un bon ; puis l'intérêt de cette somme et ses nouvelles épargnes lui valurent un autre bon.
Il s'est écoulé vingt-cinq ans ; cet homme retire de ses placements un revenu plus élevé que son salaire : l'autre est venu une douzaine de fois me supplier de lui obtenir un emploi additionnel pour Faider à compenser l'insuffisance du sien. L'un s'est pourvu luimême de ce qu'il lui faudrait au déclin de ses jours, alors qu'il cesserait de travailler ; il a pourvu sa femme et ses enfants de ce dont ils auraient besoin pour vivre, quand lui ne serait plus ; l'autre et sa famille se sont vus dans l'obligation de s'adresser à la froide charité du public.
Je n'entends pas que. sous prétexte d'épargner, un homme soit sordide et misérable, mais je dis que l'habitude de l'épargne est une garantie de prospérité. Celui qui épargne un peu, quelque maigre que soit son salaire, aussitôt qu'il a pris l'habitude d'épargner.
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cesse de fumer des cigarettes, de prendre souvent la bière, de payer ce qu'on appelle la traite — la traite ! le fléau de l'Amérique.
J'ai vu un radieux jeune homme, magnifique garçon, plein de vie, d'énergie, de vigueur, d'espérance, de promesses et d'ambition, je l'ai vu boire, non parce qu'il était altéré, mais parce qu'il était trop fier pour n'en pas faire autant que les autres. J'ai vu des jeunes gens se présenter avec d'autres au bar d'un hôtel où je logeais en passant. Ils étaient une vingtaine. Quelqu'un d'entre eux propose qu'on prenne un verre ; tous de s'avancer et de boire. Or, l'étiquette le voulant ainsi, chacun des dix-neuf autres paye sa ronde. Personne ne veut plus boire, chacun déteste de boire encore, on n'est pas altéré, mais il faut faire bonne figure en présence les uns des autres. Le résultat est qu'ils s'enivrent tous, se déshonorent, déshonorent leurs familles, et ne ramènent qu'une brute à leur jeune femme ou à leur misérable mère. J'ai vu des centaines de jeunes gens céder à l'habitude de boire en pareille circonstance, devenir ivrognes et s'en aller chez le diable.
Quand j'étais jeune député à la Législature, car je suis entré dans la politique de bien bonne heure,dans la vingtaine, tout le monde avait l'habitude de boire, et il était d'usage, pour tous ceux qui avaient besoin de quelque chose à la Législature, de commencer par y envoyer une caisse de cognac ou de whiskey. Entriez-vous dans la chambre d'un député ? on y versait
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le whiskey ou le cognac ; mettiez-vous le pied dans un hôtel ? vous vous sentiez aussitôt poussé vers le bar, pour boire. Tous les hommes de mon temps qui avaient contracté cette habitude, sont morts, et ils sont morts d'avoir bu. Tout les hommes de mon village natal qui s'étaient mis à boire, sont morts, et ils sont morts d'avoir bu, et la plupart de ceux qui n'ont point bu, et qui ont pratiqué la sobriété, vivent encore, et sont à l'aise et indépendants du monde. Je me serais perdu moi-même et serais mort ivrogne, à je n'avais pris une résolution. Il y a quarante ans, il n'existait pas de sociétés de tempérance qui eussent quelque valeur, mais j'ai compris la tendance de ces institutions et j'ai pris la résolution de ne jamais boire à un bar ou entre les repas. Et, comme de raison, un homme n'ira pas prendre d'apéritif pour le déjeuner, et il est fou d'en prendre pour le lunch ; de sorte qu'il ne lui reste que l'occasion du dîner, pour boire. Or, dans la vie journalière, on boit peu au dîner, et ainsi, le penchant se trouve réduit au minimum. C'est pour avoir gardé cette résolution, que je suis ici, ce soir, en florissante santé, plein de vigueur, et capable, comme cela se voit, de faire plus d'ouvrage, à soixante ans, que trois hommes, quels qu'ils soient, n'en pourraient faire.
Ce qui se passe à Albany me rappelle une histoire que je contais un jour, et qui fut reproduite par les journaux. Quand il m'est arrivé de la répéter, on a dit que c'était une châtaigne ; mais mieux vaut une
châtaigne que pas de noix du tout. Il y était question d^un de mes anciens condisciples, un ecclésiastique. Etant allé le voir un jour, ]e lui dis, en regardant jouer son jeune fils sur la pelouse : vous avez là un joli garçon ; que vous proposez-vous d'en faire ?
— Bien ! dit-il, après avoir discuté la question et le choix de ce que nous devrions lui donner à faire, ma femme et moi avons, enfin, résolu de le soumettre à une épreuve. Nous l'avons mis dans le salon avec une bible, une pomme et un billet d'un dollar, et j'ai dit à ma femme : maintenant, si, à notre retour, nous trouvons le garçon en train de feuilleter la bible, je ferai de lui un ministre du culte ; s'il a mangé la pomme, il sera cultivateur, et s'il s'est enfui avec le dollar, il sera avocat. A notre retour, l'enfant était assis sur la bible, mangeait la pomme et tenait le dollar serré dans sa main. Femme, lui dis-je, cet enfant-là est un cochon, nous en ferons un politicien.
Mais, mes jeunes amis, ce n'est pas toute la vie que de suivre une simple vocation, c'est-à-dire la besogne que vous avez choisie ; ce n'est pas toute la vie que de se rendre au magasin ou au bureau, et de revenir à la maison ; ce n'est pas toute la vie que de tout simplement travailler. Il faut savoir se reposer. Or. d'après mon expérience, c'est l'homme qui travaille de la
manière la plus intelligente et la plus méthodique, qui a le plus de temps pour la récréation,et s'amuse le mieux. Je ne crois pas que personne tire de la vie plus de plaisir que moi-même, ni ne travaille plus fort que moi. S'il m'arrive de ne pouvoir trouver d'amusement ailleurs, je sui3 toujours certain d'en trouver auprès de notre frère Woodruff.
J'ai connu Eastman intimement, je l'ai connu pendant des années. C'était un type magnifique. Personne ne remplissait sa tâche avec plus d'intelligence, plus d'énergie, plus de détermination et de puissance que Eastman. Personne ne s'amusait avec plus d'entrain. Personne, dans Poughkeepsie. ne consacrait plus de temps aux affaires de la ville, ni dans Albany, aux affaires de l'Etat. Personne ne savait vous rendre la vie plus agréable que Eastman lorsqu'il venait s'asseoir près de vous dans un wagon de chemin de fer, entre Albany et Poughkeepsie. D'ordinaire, si l'on a quelqu'un à côté de soi lorsqu'on voyage en chemin de fer, au bout d'un quart d'heure, on voudrait se suicider ou le tuer ; mais avec Eastman, on regrettait toujours d'arriver au terme du voyage. Eastman avait entrepris de bâtir le pont de Pous:hkeepsie. il l'a bâti. Personne ne peut dire ce qu'il aurait accompli encore, s'il eût vécu. Personne au monde n'aurait pu attirer le trafic vers ce pont, imposer de nouvelles conditions
aux rapports de l'Est avec l'Ouest, si ce n'est un homme de l'énergie, de la puissance créatrice et de la terrifiante valeur de notre ami. Il n'avait ni grands ancêtres, ni fortune : seulement une tête, des bras et des jambes, et il s'en est servi tout le temps.
Comme vous le verrez en avançant dans la vie, un homme a d'autres devoirs que celui de s'appliquer aux affaires : si vous n'avez pas assez d'argent pour faire vivre une femme, ne vous mariez pas, mais, à la minute même où vous en aurez assez, mariez-vous. Peut-être vous faudra-t-il un rude travail pour conquérir votre compagne, mais, enfin, elle se rendra ; elle finit toujours par se rendre.
Un heureux mariage est un préservatif contre les neuf dixièmes des malheurs et des tentations de la vie. C'est un chez soi, c'est le bonheur. Quand un homme peut faire vivre une femme qui lui sera une aide sous tous les rapports, le mariage est d'excellent augure pour le succès de sa carrière. Alors, cet homme devient meilleur citoyen, plus religieux, plus utile à la société ; il vaut deux fois mieux qu'auparavant.
Il vous faut quelque chose qui puisse vous intéresser, en dehors de vos affaires. Procurez- vous la meil-
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leure bibliothèque possible. Voyez si votre goût vous porte aux recherches historiques, et s'il en est ainsi, pendant les longues soirées, pendant les fêtes et les dimanches, vous goûterez le charme de cette étude, et vous vous verrez grandir avec une meilleure connaissance des grands événements de ce monde, et des grands hommes qui l'ont gouverné. Si c'est l'étude de la nature que vous préférez, le champ en est illimité. Comme exemple du bien qu'on peut en retirer, laissez-moi vous dire que Hugh Miller, de maçon qu'il était, est devenu un des plus grands géologues et des meilleurs écrivains de son temps.
Faites-vous membres de quelque église. Je fais peu de cas d'un homme qui ne s'intéresse pas à quelque église, que ce soit celle que l'on voudra. Vaut mieux l'église des mormons, l'église de la science chrétienne, que pas d'église du tout. Il n'y en a pas une qui conduise l'homme vers le mal, pas une qui ne contribue à le dignifier dans quelque mesure.
L'union à l'église est de nature à aider, non seulement au point de vue spirituel, mais beaucoup aussi au point de vue de l'entourage, des affaires, de la conduite à tenir dans la société pour y être considéré comme un gentilhomme : déférence pour les autres, obéissance à \\n pouvoir supérieur, égards pour l'état
et les besoins de ceux d'entre nos frères et sœurs qui se trouvent plus mal partagés.
Surtout, ne vous laissez pas tourner l'esprit à ne voir chez les hommes et dans les choses, que du mal. Je vous dis que les quatre-vingt-dix-neuf centièmes de la population de la terre sont bons ; et si vous étudiez l'humanité dans une bonne intention, vous ne manquerez pas d'y trouver du bon.
Si quelqu'un vous parle des femmes de manière à vous convaincre qu'elles sont méchantes, fuyez-le comme vous fuieriez la lèpre et la picote.
Gardez-vous d'aller vous asseoir autour des magasins, sur les rangées de barils, ou derrière le poêle d'une pharmacie, pour y faire échange de vils propos ; ils déprécient, ils dégradent la nature humaine, et votre esprit et votre pensée.
Quand vous songerez à l'humanité, rappelez-vous que vous avez pour mère un ange, pour sœur un ange, et que c'est un ange que vous voulez pour femme.
Je crois dans le vrai, le bon et le beau. Après tout, ce monde est vraiment bon et vraiment beau, et, quelle que soit sa foi aux promesses du monde à veni^r, tout homme qui vit avec droiture et dignité dans celui-ci, différera, autant que possible, de gravir les degrés de l'escalier d'or qui conduit à celui-là.
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