LES CICINDELIDES DU CANADA
Cette famille de coléoptères relativement peu nombreuse, n'est représentée, dans Québec et Ontario, que par le seul genre cicindèle.
Ce qui caractérise surtout les cicindélides, c'est que les antennes, filiformes, sont insérées sur le front, au-dessus de la base des mandibules. En outre, le menton est profondément échancré, avec une dent aiguë au milieu ; les jambes sont grêles et propres à la course.
Il ne se rencontre au Canada que deux genres de cette intéressante famille : le genre Omus et le genre Cicindela. Les Omus ne se trouvent guère que le long de la côte du Pacifique, dans la Colombie Anglaise et l'île de Vancouver ; ils se distinguent des Cicindèles par leurs yeux qui sont beaucoup plus petits, et leur forme qui se rapproche davantage de celle des carabiques. Quant aux cicindèles, que les Anglais nomment vulgaire-
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ment Tiger Beetles, elles sont répandues dans tout le Canada. Ce sont de beaux insectes de taille moyenne, à couleurs généralement aussi voyantes que variées. Ils vivent pour la plupart dans les terrains sablonneux où ils font une guerre incessante aux petits insectes qui s'y aventurent. De tous les coléoptères, c'est certainement celui dont le vol est le plus rapide, quoiqu'il ne puisse se soutenir très longtemps.
C'est un insecte défiant, qui se laisse approcher difficilement et dont la capture demande beaucoup de patience. On le rencontre quelquefois le long des sentiers fleuris, mais toujours dans les lieux où le soleil projette ses rayons les plus brûlants.
Ces insectes aiment le soleil ; c'est sous le regard de cet astre vivifiant pour eux, qu'ils prennent leurs ébats ; c'est de cet astre quils respirent ; et si quelque brouillard le voile, ils se tiennent cachés dans leurs retraites d'où ils ne sortent que lorsque reparaissent les rayons bien-aimés.
Les cicindèles doivent être classées parmi les insectes les plus utiles à l'agriculture. Elles sont éminemment carnassières; comme le tigre des Indes, elles tuent, non seulement par nécessité, mais surtout par instinct, par plaisir, et des insectes plus faibles qu'elles rencontrent sur leur route, nul n'est épargné.
Tous les coléoptères étant à métamorphose complète, il s'ensuit que l'existence des cicindèles passe par quatre phases distinctes : l'œnf, la larve, la chrysalide et l'état adulte.
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L'œuf, de forme ovoïde, aplati sur les côtés, est déposé par la femelle dans un endroit où la larve, une fois née, pourra le plus facilement pourvoir à sa nourriture.
La larve est une des plus curieuses par ses formes et ses habitudes. Elle a une tête énorme comparativement au reste du corps, de couleur brune, et couverte d'une plaque cornée qui se termine par deux redoutables mandibules en forme de tenailles. En outre, elle est munie, au dos du neuvième segment de son abdomen, de deux forts tubercules avec crochets. A l'état parfait, la cieindèle, grâce à sa force et à son agilité, chasse au grand jour et sans ruse. A l'état de larve, elle est lourde, embarrassée par le poids de sa tête, et il lui faut recourir à l'astuce. Elle se creuse un trou oblique dans le sable, qu'elle ferme à l'aide de cette plaque cornée de sa tête, et, accrochée aux parois de sa cachette à l'aide des tubercules de son dos, elle attend patiemment. Sent-elle un insecte lui marcher sur la tête, aussitôt elle se laisse tomber, entraînant dans sa chute le téméraire, qu'elle dévore incontinent. Puis elle recommence son jeu cruel.
Quand enfin la larve a vécu son temps et que l'heure est arrivée pour elle de se transformer, elle se creuse dans le sol une retraite plus profonde, et, après en avoir fermé l'accès, attend le moment de sa métamorphose.
C'est alors la troisième phase de la vie de la cieindèle, qui demeure ainsi sous terre, immobile nymphe,
durant toute la saison des froids, pour se réveiller au printemps suivant, vive et légère, dans toute sa force et son activité.
Durant toute son existence, à l'état de larve comme à l'état parfait, la cicindèle n'a donc cessé de rendre service à l'homme en faisant une chasse incessante à tous les insectes qui peuvent nuire à l'agriculture. C'est dire assez qu'elle mérite notre estime et notre reconnaissance.
Les cicindèles se rencontrent dans toute l'Amérique du Xord, jusqu'au soixantième parallèle ou à peu près ; mais elles sont beaucoup plus nombreuses dans les pays tropicaux.
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