L'AMÉRIQUE PRIMITIVE
(Fragment)
Le continent américain est-il aussi ancien que les autres parties du monde ou est-il sorti du sein des eaux plusieurs siècles après elles ? Voilà une question que l'histoire et la géologie se sont posée, sans pouvoir y répondre définitivement.
Pour notre part, nous croyons que l'Amérique existait lorsque parurent les premiers hommes.
D'ahord, l'étude du sol nou^ révèle une formation lente et graduelle, des couches harmonieusement superposées. Il est vrai qu'en certains endroits, on constate une origine volcanique, mais des terrains de cette origine, il s'en trouve partout. Il n'y a donc pas à conclure de là. comme le font certains géologues, que tout le continent américain est sorti de l'Océan par un brusque soulèvement de la croûte terrestre.
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Une autre preuve, ce sont des fossiles qu'on y a découverts depuis quelques années, et qui démontrent que certains animaux y ont vécu aux époques préhistoriques.
Pour nous, d'ailleurs, le continent américain ne serait que le prolongement du continent asiatique, dont il n'est aujourd'hui séparé que par le détroit de Behring. Celui-ci a dû être formé par un enfoncement du sol, ou creusé par l'action lente et continue des deux mers qu'il fait communiquer. On voit encore, sur ses rives, du côté de l'Asie, les ruines d'une ville immergée, inconnue dans l'histoire, mais qui, à en juger par les vestiges qui en restent, devait jouir d'une civilisation égale à celle de n'importe quelle, autre ville asiatique existant à l'époque de son immersion.
Il est fort probable que l'Amérique était connue des anciens. Platon parle d'une île appelée Atlantide et située en face des colonnes d'Hercule. Il dit qu'à une certaine époque, il en sortit des guerriers qui réduisirent en servitude tous les peuples établis entre la Lybie et l'Egypte, et poussèrent même leurs incursions jusqu'en Tyrrhénie. Mais, ajoute-t-il, ces peuples finirent par se révolter, et refoulèrent les envahisseurs dans leur île, qui, un jour, disparut.
On raconte aussi qu'en l'an de Kome 356, un capitaine de vaisseau carthaginois découvrit une île fertile et de grandes étendues de terre parsemées de fleuves. Voulant en garder possession, il y laissa une
partie de son équipage et s'en vint rendre compte de sa découverte au gouvernement de son pays ; mais celui-ci fit mettre à mort et le capitaine et ses hommes, pour empêcher, dans lïntérêt du commerce, cette nouvelle de transpirer. Quant aux marins abandonnés sur la terre étrangère, on n'entendit plus jamais parler d'eux.
Les Gaulois et les Normands, c'est indéniable, firent aussi des voyages en Amérique avant sa découverte par Colomb.
Les Scandinaves, de leur côté, non seulement vinrent de bonne heure en Amérique, mais ils y fondèrent aussi des établissements. Une bulle du pape Pascal II, adressée, en 1113, à Erik Upsi, évêque de Vinland (Groenland), nous apprend que les Scandinaves abordèrent pour la première fois, à ce dernier endroit, en 1001. L'évêché de Vinland comprenait, lors de l'envoi de la bulle, treize paroisses, entièrement peuplées de Scandinaves.
Cependant, lors de la découverte de l'Amérique par Colomb, ces établissements avaient disparu, sauf quelques-uns, qui furent retrouvés en 1831, par une expédition partie tout exprès de Copenhague. Il est probable que le changement survenu dans la température avait épuisé ces colonies. En effet. Je Groenland et le nord de l'Amérique, en général, qui, jusqu'au XrVème siècle, avaient joui d'une température assez clémente, se refroidirent beaucoup vers cette époque.
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Le sud du continent, aussi, fut habité tout d'abord par des populations nombreuses et civilisées. Elles étaient venues par 'l'isthme que remplace aujourd'hui le détroit de Behring, ou par les îles Aléoutiennes qui s'étendent comme un chapelet entre l'Asie et l'Amérique. Leurs mœurs et usages, de même que ceux de tous les autres sauvages de l'Amérique, dénotent leur origine asiatique.
Ces peuples, qui avaient apporté avec eux la civilisation de l'Asie, la perdirent peu à peu, en raison de leur isolement. Quelques-uns, cependant, la conservèrent et fondèrent des villes dont les vestiges grandioses existent encore au Mexique, au Pérou et ailleurs.
Quant aux 3Iount-Builders de lia Floride, leur origine est plus difficile à retracer. Pourtant, les constructions qu'ils ont laissées ressemblent, par leur architecture, à celles que l'on voit en Asie.
Comme exemple de la forte civilisation qui a existé en Amérique, avant la venue de Colomb, nous nous contenterons de citer les Péruviens.
Le Pérou, à ces époques reculées, s'étendait depuis Sainte-Marthe jusqu'à la frontière du Chili, soit une étendue de mille sept cents milles. Il était gouverné par des chefs appelés ingas ou incas. Ces ingas, soit dit ici, ne paraissent pas avoir été de la même origine que les autres Péruviens, vu qu'ils pa.rl:iient une langue différente. Afin de ne pas se mésallier, les ingas épousaient leurs sœurs.
Comme il y avait plusieurs langues en usage — il
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en était parlé jusqu'à trois dans un même village — les ingas imposèrent le quichua ou langue générale. Cependant, certaines provinces conservèrent leurs langues primitives.
Afin de parcourir plus facilement leur vaste empire, les ingas firent faire deux immenses routes. L'une, qui s'étendait depuis Pastos jusqu'au Chili, avait neuf cents lieues de longueur sur une largeur de vingtquatre pieds. De quatre lieues en quatre lieues, étaient érigés de grands édifices appelés tambos ; ils contenaient des vivres, des habits et tout ce qui pouvait être nécessaire à des armées en campagne. Sur cette route appelée route des Ingas, étaient échelonnées, de demi-lieue en demiJieue, des sentinelles qui transmettaient des messages en courant vivement : une sorte de poste à relais. L'autre route avait vingtcinq pieds de large et elle traversait les plaines entre Piura et le Chili, où elle se réunissait à la première. Elle était flanquée, dans toute sa longueur, de deux murs très élevés,
La monarchie des ingas dura de cinq à six cents ans, ce qui la fait remonter à Fan 900 de l'ère chrétienne. Son fondateur fut Manco-Capac. La légende dit qu'il sortit du lac de Chuantu. ayant à la main une baguette longue de deux palmes et épaisse de deux doigts, que le Soleil, son père, lui avait remise. Là 011 elle s'enfoncerait dans le sol, il devait fonder une ville. Ainsi armé de sa baguette, il parcourut tout le pa}^s et ne s'arrêta que dans la vallée de Hua-
nacauri, alors une forêt. En cet endroit, sa baguette s'étant enfoncée dans le terrain, il réunit ses gens et fonda Cuzco. Disons ici, entre parenthèse, que, contrairement à la légende, le véritable fondateur de cette ville fut Yupangui, un autre inga.
Suivant le P. Blas de Valera, Manco Capac ne fit que s'emparer d'un royaume déjà établi. Il ajoute que le pays eut plusieurs souverains avant la naissance de Jésus-Christ.
L'inga Guaya-Capac (ou Huayna-Capac) fit la conquête du Chili et d'autres provinces. On doit à ce chef la construction de plusieurs forteresses et de plusieurs routes. Deux de ces routes s'étendaient parallèlement jusqu'à Cuzco, oii demeurait sa fiancée Vayara- Elles avaient cinq cents lieues de long.
Sinchi-Yupangui occupa le trône après Manco. Il fit faire le recensement de son royaume, et trouva deux millions d'hommes en état de porter les armes. De plus, il fit exécuter des travaux considérables pour dessécher des marais, construisit des ponts, ouvrit des routes et creusa un canal pour le déversement des eaux du lac Titicaca.
Capac Yupangui, son successeur, illustra son règne par la construction d'un temple magnifique qu'il dédia au soleil et qui servit plus tard de retraite aux dominicains.
De son côté, Viracocha-Paullo réalisa une fortune colossale par l'exploitation des mines d'or du pays.
Lorsque Pizarre pénétra au Pérou, en 1525, il
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trouva, dans le palais des ingas recouvert de plaques d"or, quantité de vaisselle d'un fort Joli dessin, et, dispersés dans le jardin impérial, des animaux en or très habilement sculptés. C'était sous le règne d'Atau- Yalpa. Ce dernier avait fait mourir son frère Guascar, pour s'emparer de tout le royaume que leur avait laissé leur père Guayua-Capac ; en punition de ce crime, les Espagnols le mirent à mon.
Suivant les chroniqueurs péruviens, Catari entre autres, les sauvages du sud vinrent en Amérique après le déluge, dont ils disaient avoir eu connaissance. Une tempête les avait poussés sur le nouveau continent. Les uns abordèrent à Caracas, où ils s'établirent ; les autres plantèrent leurs tentes à Sampu (maintenant Sainte-Hélène) sous la direction d'un cacique appelé Turabe ou Tumba. Le règne de ce chef fut celui de la prospérité. A une certaine époque de son règne, Tumbe, voulant agrandir ses Etats, envoya une expédition dans l'intérieur des terres, mais elle ne revint jamais. C'est probablement cette expédition qui découvrit le Chili et le Brésil. Avant de mourir, il dépêcha une seconde expédition à la recherche de la première. Ce fut Quitumbe, l'aîné de ses deux fils, qui se chargea de la commander, abandonnant le trône à son frère, Otoya. qui mourut en pri^ son, après avoir vu le royaume envahi par une armée de géants. Des puits très profonds, creusés par ces derniers, étaient encore visibles en 1631.
Ayant longtemps erré à travers les forêts. Qui-
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tumbe fonda une ville qu'il nomma Tumbez, en souvenir de son père, et poussa ensuite ses recherches jusqu'à Eimac (maintenant Lima) sans découvrir aucune trace de la première expédition. Quitumbe épousa Llira, dont il eut un fils, Guayanaz (hirondelle), qui fut le premier ancêtre des ingas.
Après avoir parlé successivement de la formation de l'Amérique, des divers établissements qui y ont été faits par des peuples étrangers, la plupart venant de l'Asie, nous dirons maintenant quelques mots des indiens du Canada.
Par leurs habitudes et leurs mœurs, ces indiens prouvent aussi leur communauté d'origine avec les autres sauvages de l'Amérique.
M. John Campbell les divise en deux groupes principaux : l'un, malo-polynésien, l'autre, tartare. Les Tartares sont surtout représentés par les Iroquois- Wyandot, dont deux divisions sont bien connues : les Ilurons et les Six-lSTations. Autrefois, cette tribu s'étendait aussi iloin que les Carolines. L'isolement de la branche iroquoise au milieu des Algonquins doit avoir eu pour cause leur amour de la conquête.
Les Assiniboines, dont le nom est algonquin, et qui demeuraient sur les bords de la Eivière-Eouge et de ses tributaires, se rattachent à la tribu des Da-
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cotahs. A leur tour, les Dacotahs font partie des Sioux, qu'on trouve surtout à l'ouest du Mississipi.
Les Iroquois, les. Dacotahs, les Cherokee-Choctows sont d'origine tartare, comme semblent le prouver leur langage et leur physique. Les Tartares comme on le sait, étaient fort répandus dans l'Asie et dans l'ouest de l'Europe. Ils sont les ancêtres des Mongols, des Magyars, des Hindous, des Japonais, etc.
En raison de l'étendue de leurs connaissances, le Dr Latham place au premier rang les Cherokee- Choctows, dans la famille desquels il fait entrer les Catowbas, les Woccoons et les Caddas. Ces indiens habitaient le territoire compris entre le Tennessee et la Floride.
La plupart de ces tribus disaient avoir eu connaissance du déluge, et plusieurs d'entre elles adoraient le soleil. Elles croyaient à une vie future.
Nous ajouterons qu'il existe beaucoup de ressemblance entre les indiens américains et les Chookchee, quoique ces derniers soient plus civilisés. Ils habitent le-s bords asiatiques du détroit de Behring.
Si Christophe Colomb ne fut pas le premier à venir en Amérique, nous ne pouvons cependant lui refuser le mérite d'avoir fait connaître définitivement l'Amérique à l'Europe.
On croyait si peu à l'existence d'un autre conti-
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nent, que Colomb eut beaucoup de difficultés à surmonter pour réussir à mettre à exécution son projet de découverte. Il s'adressa d'abord aux Génois, ses compatriotes, puis à l'Angleterre et au Portugal, sans rien obtenir. De guerre lasse, il tourna les yeux vers l'Espagne, et, après trois ans de sollicitations, il en obtint trois petits vaisseaux, grâce surtout à l'intervention de la reine, Isabelle de Castille. C'est ainsi qu'il entreprit la traversée de l'Atlantique, et qu'après plusieurs mois de navigation, il atteignit, le 16 octobre 1492, une des îles Lucayes, qu'il nomma Saint-Sauveur. Les Espagnols, qui avaient payé les modestes frais de cette expédition, s'empressèrent de fonder des établissements en Amérique. Les Portugais vinrent plus tard et s'emparèrent du Brésil.
Tandis que l'Amérique du sud était découverte et se peuplait d'Européens, l'Amérique du nord était encore ignorée, et il devait s'écouler près d'un demisiècle avant qu'elle fût découverte par Jacques- Cartier.
Il est vrai qu'en 1524 et 1525, Jean Verazzani, un Florentin au service de François 1er, avait longé les côtes américaines depuis le cap Breton jusqu'à la Floride, mais il n'avait apporté de ses voyages que des observations sans importance.
Les deux Cabot (Jean et Sébastien), suivant certains historiens, découvrirent, eux aussi, les côtes nord-est du continent américain, en 1494 et 1497.
Mais les découvertes de Verazzani et des deux
Cabot sont si peu précises, que nous devons considérer Jacques Cartier comme le découvreur du Canada.
Jacques Cartier partit de Saint-Malo, le 20 avril 1534, avec deux bâtiments et cent vingt hommes d'équipage. Grâce à des vents favorables, il arriva, le
10 mai, en vue du cap Bonavista, dans l'île de Terre- Xeuve. Les côtes étaient alors couvertes de neige. Pour cette raison ou pour une autre, il ne descendit pas à terre, et continua sa route. Il côtoya ainsi toute la partie septentrionale de l'île, puis se dirigea vers le sud, traversant le golfe et attérissant dans la baie des Chaleurs. Après avoir ainsi côtoyé Terre- Neuve et les autres îles du golfe, il prit possession du territoire au nom de François 1er, dont il était le protégé, et repartit le 15 août pour la France, où il arriva le 5 septembre.
Le 19 mai 1535, Cartier s'embarqua de nouveau pour l'Amérique, le roi, charmé de ses découvertes, lui ayant donné à cette fin trois vaisseaux et de bons équipages. Cette traversée fut difficile.
Enfin, le 10 août, la flottille entra dans une haie à laquelle Cartier donna le nom de Saint-Laurent. Ce nom s'étendit plus tard à tout le golfe, puis au fleuve, qu'on avait d'abord appelé " rivière du Canada." Keniontant le fleuve avec ses trois vaisseaux, Cartier arriva à l'embouchure du Saguenay, le 1er septembre, puis à l'île aux Coudres, où il débarqua.
11 atteignit ensuite une petite rivière qu'il nomma
Sanite-Croix (maintenant Saint-Charles). C'est en cet endroit qu'il reçut, le lendemain de son arrivée, la visite de Donnacona, chef de la bourgade de Stadaconé. Par l'entremise de deux sauvages qu'il avait amenés en France à son premier voyage, et qui, revenus avec lui, lui servirent d'interprètes en cette circonstance, il put traiter avec le chef.
Ambitieux d'étendre le champ de ses explorations, Cartier remonta Jusqu'à l'île de Montréal, les rapides de Lachine l'empêchant d'aller plus loin. Là, en compagnie de ses hommes, il gravit le Mont-Eoyal. Au pied de cette montagne se trouvait la bourgade d'Hochelaga. "Elle était, dit Cartier, à peu près ronde, avec trois enceintes renfermant environ cinquante cabanes longues de plus de cinquante pas chacune, et larges de quatorze ou quinze pas, et faites en forme de tonnelles. Une seule porte dans l'enceinte, au-dessus de laquelle, aussi bien que tout le tour, il s'élevait une sort-e de galerie où l'on montait avec des échelles, et pourvue de pierre?."
De retour à Sainte-Croix, Cartier décida d'y passer l'hiver. Le scorbut lui ayant enlevé une partie de ses gens, dès la réouverture de la navigation il repassa en France avec deux de ses vaisseaux seulement, forcé qu'il était d'abandonner le troisième, faute de bras.
François 1er, en 1541. nomma M. de Eoberval vice-roi et lieutenant général du Canada, et Cartier, premier pilote. €ette expédition débarqua dans le
voisinage de Québec ; malheureusement, pendant l'hiver, elle perdit le quart de ses hommes. La guerre s'étant déclarée entre François 1er et Charles-Quint, M. de Roberval et les siens furent rappelés en France. Après la conclusion de la paix, en 1549, il se remit en route pour le Canada, mais il périt pendant le voyage.
Ce n'est que cinquante ans plus tard qu'on réessaya la colonisation, et encore, n'y eut-il pas lieu de se féliciter du résultat.
Du temps de Cartier, les Esquimaux habitaient l'extrémité nord de l'Amérique, où ils vivent encore. Au sud du golfe Saint-Laurent, le long de la mer, on trouvait les Souriquois, les Cannibas, les Abénaquis ; en haut du fleuve, sur les bords de la rivière Saguenay et du lac Saint-Jean, les Montagnais ; sur le Saint-Laurent, depuis Québec jusqu'à Montréal, les Algonquins. Au sud des lacs Erié et Ontario, les Iroquois, composés de cinq tribus : les Agniers, les Onnontoguéi, les Goyogouin, les Onneyouth, les Tsonnontbouan. Les Hurons demeuraient au nordouest des tribus iroquoises. Quant aux Outaouais, ils fréquentaient d'ordinaire la rivière qui porte leur nom.
A l'exception des Iroquois, ces sauvages avaient un caractère inoffensif, mais en temps de guerre, tous étaient cruels ; ils torturaient leurs prisonniers, les mangeaient même. Ils croyaient à l'existence d'un être suprême qu'ils appelaient le Grand-
Esprit. Ils avaient aussi quelque idée d'une vie future. Ils savaient construire des cabanes, • des canots, et fabriquer certaines armes, dont les plus usuelles étaient la flèche et le tomahawk. Ils faisaient de la peinture et de la sculpture, mais, il va sans dire, leurs connaissances en ces matières étaient fort limitées. Ils se faisaient des habits de peaux, vivaient de gibier, de poisson et de légumes.
Ainsi, on le voit, les sauvages du nord étaient baucoup plus arriérés que ceux du sud.
A. DE BUSSIËRES
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Kita-rip-iendji
C'est an temple de pierre aux structures énormes. Dont les contours pesants estompent l'horizon ; Granits, marbres en blocs, pylônes û, foison, Flanqués d'ombi-es. Autour, des cèdres ou des ormes.
Au sein de l'éclatante et vaste floraison Des chrysanthèmes d'or aux sépales diftormes. Triste, ainsi que ses dieux aux immobiles formes. Un vieux bonze accroupi murmure une oraison.
Kita-no-teudji dort. Ni les voix de l'enceinte.
Ni les bruits éternels de Kioto la sainte
Ne vont troubler la paix de son divin sommeil.
Mais les temps l'ont ijenohé vers l'abrupte colline;
Il chancelle, pareil au vieillard qui décline
Sous les grands rayons roux de l'hivernal soleil...
34S SOIRÉES DU CIIATEAT DE liAMEZAY
Simple promenade
D'après un tableau
Sous le ciel empourpré de sou pays uatal, Belle en son tin sourire, et de pose charmante, Elle allait vei's les prés où l'iris et la menthe Mariaient leur fraîcheur aux parfums du santal.
Sur sa gorge brûlait la perle ou le métal. En des feux aussi doux que sa grande âme aimante Et les rayons mordants de son regard d'amante Se perdaient dans l'azur du vague orient^il.
Mais la bi-ise rieuse épanchait dans ses tresses Le souffle parfumé de ses chaudes caresses Et tordait les duvets de son rose évantail ;
Puis, lasse de marcher, la blanclie demoiselle, Dans le soir qui dorait les marbres du portail. Sentit battre son cœur et pénétra cliez elle.