REVERS
Il y avait à peine un an que s'étaient passés les événements dont on vient délire le récit, et, sur le môle du port, à l'ombre de l'arc de Trajan ou sous le porche de l'église de Saint-Cyriaque, les habitants d'Ancône voyaient chaque jour une pauvre fille, vêtue de longs habits de deuil, arroser la pierre de ses larmes intarissables. La vie était, chez cette infortunée, comme la dernière clarté de la flamme errante sur le bec d'une lampe prête à s'éteindre. Aucune trace de sa beauté passée ne faisait reconnaître celle qu'on avait
nommée la Dwa^ cette Palma, l'envie de toutes les femmes de l'Adriatique , et l'orgueil de Marco Salimbechi...
Un jour, la Gratiosa entra en armement; mais ce n'était plus la nave éclatante de Jaffa, c'était un navire sombre et noir , destiné à une mission bien triste. Elle partit bientôt, emportant un cercueil gardé par trois hommes, deux prêtres et Marco, dont une année de douleur avait fait un vieillard. La nave alla aborder à Jaffa, et Salimbechi déposa le cadavre de sa fille sous les palmiers où elle était née , dans la même tombe où vingt ans auparavant il avait descendu lui-même les restes glacés de la vertueuse et jolie Ravennaise, qui était morte en mettant au jour Palma.
La fortune, le bonheur de Marco, finirent avec la Diva^ cet ange gardien de la Gratiosa. La guerre ruina le fier marchand anconitain, et en 1160, un homme riche, heureux, qui avait été autrefois à ses gages, lui donnait en cachette le pain de la charité. Le riche , c'était le troubadour romain. Il avait réussi à la cour de Champagne et à celle du duc de Bourgogne. Il composa une longue complainte sur les malheurs de Palma, et cette complainte s'est chantée à Ancône tant qu'on y a conservé les vieilles traditions de son ancienne splendeur, due tout entière à sa marine aventureuse.
a 7 4 PALM A.
NOTSS.
— Une nave était au moment de... (P. i37. ) La nave était généralement une grande nef. On lit , p. 82, t, III, des Memorias historicas sobre la marina , etc. , par don Antonio de Capmany : « Ademas de la esquadra de galeras y naves de « giierra junto un gran numéro de naos mercantes... — Outre >) l'estadre des galères et des naves de guerre , il y avait un grand «nombre de navires marchands,.. » La distinction que fait ici l'auteur entre nave et nao est la même qui est établie entre nave et vaisseau par le chap. 42 du livre des Assises de Jérusalem : « Ce il avient que une nave ou un vaisseau ait mauvais temps. » Au xn' siècle , la nave était un navire plus fort , plus grand que le vaisseau ordinaire; en i4i2, quand don Alonzo préparait sa première expédition contre l'Italie, la nave était plus importante que le nao j elle était l'égale du galion au xvi*' siècle. Au commencement du xvii^ siècle, ««(<? était en France un mot vieilli , et cent ans après que J. Nicot eut publié son Trésor de la langue française { 1606 ), Aubin écrivait dans son Diction, de mar.,{^i'-jOi) :« iWu'C.s' , c'est un vieux mot pour dire navires. »
— Elle appartenait à un seul marchand , chose rare en ce temps. (P. iS-j. ) Presque toutes les constructions et tous les armements de navires se laisaienlau moyen âge par actions et par associés. Les textes des lois maritimes les plus importantes montrent que cette coutume était fort répandue. Le Consulat de la mcrôàx. : « Quand un sernor de nau voudra construire uu
PALMA. ajb
navire petit ou grand, s'il entend donner des parts d'intérêt, il doit déclarer à ceux qui seront portioniuiircs dans la construction ( als pcr.soniicrs , ce que les Anglais appellent encore partner.'!, et les Vénitiens /^<7/r«?/?fco/6') , en combien de parts \\ divisera la propriété, etc. » L'art. 9. de la Coutume locale d'Oleron, écrite en i34o, selon M. Pardessus, porte : « Si dui (deux)sunt parsoners par meitiéen un vaisseau... ; » l'art. 3: o Si plusors parsoners sunt parsoners en un meisme vaisseau... » Les marchands nolisaient en commun des nefs pour transporter leurs marchandises 5 quelquefois , tous accompagnaient leur avoir sur le navire , quelquefois un petit nombre d'entre eux. Pendant la navigation, le patron de la nef devait les protéger et les garder d'accidents autant qu'il était en lui ( chap. 16 du Consulat). Ils exerçaient une certaine autorité à bord, et le patron était obligé de les consulter dans maintes circonstances : ainsi il était prescrit au seynor de la nave o leny , d'aller de conserve avec des navires grands ou petits , si les marchands le permettaient. Ceux-ci étaient juges du tort que pouvait leur faire une navigation en convoi avec d'autres bâtiments, toujours plus sûre , mais ordinairement plus longue que la navigation d'un vaisseau allant seul (chap. ùfi : de conservatgc). Quand le patron ou le marchand était riche, il faisait construire sa nef sans admettre de parsoners ; il l'armait et la chargeait à son compte: c'est le cas de notre Marco Salimbechi. Filiasi rapporte, chap. 14, tome IV, de sesMcmorie storichc dei Veneti, que deux habitants de Torcelio et du Malamoco allèrent à Alexandrie, en 827, avec dix navires pour charger desépiccs. Ces marchands devaient être certainement puissants par leurs richesses.
— N'avait pas moins de trois couvertes. (P. i38. ) Les navires à deux et trois ponts ou couvertes n'étaient pas rares à l'époque où se passent les événements dont je fais le récit. Je pourrais citer, outre les naves marseillaises, qui, aux termes du chap. 34 , liv. ler des Slatutn Massiliœ j pouvaient porter mille passagers et plus, plusieurs vaisseaux très grands, et notamiTïént celui qui , en i i 'ja , servit de refuge à plus de quinze cents Vénitiens obligés de fuir les furieuses persécutions de Manuel
276 PA^LMA.
Comnène. Voii", au reste, sur l'importance et la construction des vaisseaux ronds du moyen âge , les Mémoires n°* 6 et 7 de YArcJi. navale^ t, II.
— Ses deux mats étaient garnis à leurs sommets de chdtelets crénelés. (P. i38. ) Ces châtelets étaient des espèces de caisses carrées, d'une certaine largeur, solidement construites , garnies à leur bord supérieur de créneaux et, quelquefois, de pavois ou boucliers ; on les hissait au sommet des mâts au moyen de fortes drisses qui passait dans les poulies de calcet. Deux ou trois hommes, archers et frondeurs, pouvaient se mouvoir dans ces châtelets d'où ils faisaient pleuvoir sur les navires ennemis les traits, les briques, les pierres, les pots remplis de savon mou ; les fioles contenant les matières incendiaires, les chausse-trapes( ^/v'Z'o//) et les vases qui renfermaient la chaux pilée , dont l'effet était d'aveugler les combattants et de les foquer. On voit la figure des châtelets — /lunes, car ils étaient suspendus , gabies , car ils étaient des cages ou cachettes pour les guetteurs et pour les combattants — sur les empreintes curieuses des sceaux de Pamiers , Dunwich, Dam, Douvres, Poole , Yarmouth et Sandwich , dont j'ai reproduit presque tous les navires dans X Archéologie navale, Guillaume Guiart, dans sa Brandie aux royaux lignages , parle ainsi des châtelets suspendus :
Au bout des mats sont li chastcl
Bien crénelez à quatre quièrres ( angles ),
Garniz de quarrians et de pierres...
Li cliastel haut es mas rependent ( sont suspendus ) Es plus bêles et es plus riches ( nefs ), Garniz de quarriaus et de briches ( briques) , Pour jeter à rliaoe et à fuite.
Les ont faite de terre cuite.
— Détacher les quatre amarres. ( P. i38.) « Si la niefestoit en lieu où elle feust amarrée de quatre amarres... »dit l'art. 5 des Rooles d'Oleron.
— Garçon d'un petit navire, [ P. iSg. ) Le garçon, appelé garzonus ou garsonus , dans le bas latin, était un servant, un
valet, ce qu'on nomma plus tard un page, un gourmette, un mousse.
— Aussi la rigueur des taxes le frappait-elle. (P. i/\o.) « Un navire arrivait-il dans un port, le fisc percevait sur tous ); les objets des droits de douane ou d'entrée... L'arbitraire y » présidait ; les étrangers qui avaient assez d'adresse et de crédit «pour obtenir des privilèges, en étaient etempts, tandis que » la rigueur du tarif, frappant les autres... » M. Pardessus , Introduction à ta collection des lois maritimes , t. II, p. cvij.
— Les droits d ancrage^ de mouillage , d'affiage (P. i4o. ) Le navire payait pour mouiller sur une rade, ou près d'une côte; pour entrer dans un port et s'y amarrer, même quand le gros temps l'y poussait; enfin , pour charger et décharger ses ballots et ses caisses : ce dernier impôt était connu sous le nom de Aro'ii à' afji âge. Les Rooles d'Oleron disent, art. 1 1 : « Etn'affient ■» pas le mestre et ses mariniers lor boucle , si comme ils deus- » sent. . . qar ils sont tenus affier lors boucles et iors ellores bien » et certaignement... » Ce passage nous apprend que les navires qui portaient certains objets que le tangage ou le roulis pouvait déplacer, comme des tonneaux, par exemple, les mettaient sous boucle , c'est-à-dire sous des bandes de toile ,ou des sangles serrées avec des boucles. Serrer son arrimage , c'était Vaffibulaïe, le mettre sousles retenues que maintenaient les Jlbulœ (^boucles "j. Jffibulare de\'int en ce sens synonyme c/'fl'/-
Jtgere, attacher, qui donna ajfier et affiage. Quand le navire chargeait , il payait le droit de mettre ses marchandises en affiage, ou sousles sangles bouclées.
— Sa nave rubiconde. (P. i4i. ) Les riches seigneurs, les marchands que leur fortune mettait en position de lutter avec les barons , peignaient leurs navires de couleurs éclatantes , les paraient d'ornements recherchés , de voiles sur lesquelles ou voyait des emblèmes, des devises, dos fleurs, des figures de saints, etc. La couleur rouge était une des plus usitées pour la robe des nefs et galères qu'on armait avec luxe ^ encore au xvi'* siècle, le vermillon brillait sur le plus grand nombre des navires d'une certaine importance.
— Des bouées rouges marrpices à son nom, (P. i4i. ) « A
» été ordonné que un chacun inaistre de navire aye à mettre et » faire engraver dessus les horyns et bonneaux de sa navire » son nom , ou de ladite navire, et du port et havre dont il est. » Art. Ii5 des Rooles d'Oleron.
— Que les croche teurs privilégiés transportaient. (P. i/j i .) Le chargement et le déchargement des navires était généraleïpent le droit des corporations de crocheteurs, J-.es Jdchini de Gênes ont encore le privilège du transport de tous les fardeaux ; et en France, à Marseille et à Avignon , malgré nos lois constitutionnelles , l'usage conserve aux crocheteurs réunis en compagnie , le droit , exercé fort brutalement pour l'ordinaire , de porter les bagages des voyageurs et de charrier les marchandises.
— ^l'cc une ceinture d'argent. (P. i4'0 Cet ornement, comme les boucles d'or, était un objet de luxe dont la possession, aux yeux même de la loi, n'était pas chose indifférente. Ainsi, quand un navire , surpris par un mauvais temps, avait été forcé de s'alléger , en jetant des marchandises à la mer quand il était entré dans un port de « saveté, » comme l'appelaient les Assises de Jérusalem , on estimait le navire avec tout ce qui lui restait de gréement, de marchandises et d'objets quelconques, hors les effets appartenant aux mariniers , marchands et passagers. Cependant , si les gens de l'équipage avaient p sur eux bouclez d'or, ou anneaux, ou senture d'argent,» ces joyaux entraient dans le fonds commun , pour un partage entre les ayant-droit au prix des choses ?>di'ayée%,{ Assises de Jérusalem , chap. 42. )
— La belle cjualité du chanvre femelle. (P. 142. ) Aux xii^ et xiii« siècles , le chanvre femelle était considéré comme le meilleur pour la confection des cordages. Aussi, le chap. 16 du 3® livre des Statuta Massiliœ ordonnait-il que les cordiers de Marseille fussent tenus par serment à ne faire certaines cordes importantes, comme les gros câbles ( //o.vto^ Y>our ustas, ainsi que je l'ai prouvé dans V Archéologie navale^ t. II, p. igS ), que de chanvre femelle et de fils de carret fin : « canuho fe~ mello et fil o suhtili. »
— Et à sa pointe. (F. i42. ) L'avant de la nave que Join-
ville appelle « la pointe du vessel; > Joinvi'.le dit aussi : u Notonniers qui estoient au bec de la nef. »
— Bien que l'usage, qui avait force de loi , dispensât le marinier de ce devoir. (P. i43. ) Le chap. 102 du Consulat de la mer, intitulé: «Mariner no es tengut de anar en loch perillos, » dit que le patron ou maître d'un navire ne doit pas envoyer {trametre ) un marinier dans des lieux qui présentent des périls réels j et que si le marinier, à qui le maître ordonne d'y aller, s'y x'cfuse , celui-ci ne peut point le forcer à l'obéissance.
— Les -viandes et le vin ne leur étaient pas épargnés... Cette pétillante et douce boisson faite avec du raisin sec ou des figues de Chio. (P. i/jS .) Le chap. 100 du Consulat parle en ces termes des vivres (^6' les viandes) que le patron devait donner aux mariniers: «Le maître d'une nef ou d'un navire portant converte ( seynor de la navc o de leny que sia curùert) , doit donner à tous ses mariniers de la viande trois fois par semaine, à savoir : le dimanche, le mardi et le jeudi • les autres jours, il leur doit de la c//p?ft^( ragoût de viande, de légume et de pain ). Chaque soir il leur doit quelques mets pour manger avec leur pain {co/npanatge) ; et aussi , trois fois par semaine , le matin et le soir, il doit leur faire donner du vin. Quant aux autres mets qui doivent être distribués pour le repas du soir, ce doit être du fromage, des oignons, de la sardine ou d'un autre poisson. Le maître est tenu aux rations de via j si le vin ne vaut pas plus de trois besans et demi. S'il trouve des raisins secs , ou encore des figues , il doit en faire une hohson (^den f^r vi ); s'il n'en trouve pas , ou que la millerole de ces fruits lui coûte trente millareses , le patron n'est pas obligéde leur fournir cette boisson. Outre ces vivres, le maître est tenu de doubler la ration ( doblar la reccib ) aux mariniers les jours de fêtes solennelles. » On voit que la coutume, toujours observée, de donner la double ration les jours de grandes fêtes, remonte au xii*^ siècle , sinon à une époque encore antérieure. Le vin de figues dont il est question dans le chapitre qu'on vient de lire , était fait de fruits qui avaient probablement les qualités de ces figues de Chio dont parle Martial , qui portaient
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avec elles , comme le vieux vin de Sétia , un parfum très agréable et une excellente qualité vineuse.
— Poursuivait jusqu'à In chat ne ou barreau de la proue.,, (P. i44- ) Le chap. 28 de l'Ordonnance de Trani ( io63 ) dit: «Aucun patron ne pourra battre un marinier; mais le marinier doit ïuxr '^scampare , décamper] et aller à la proue de l'autre côté du joug des rames ( clenanzc ala cantcna delremiggio ) ; et là il doit dire trois fois : « Au nom de ma seigneurie, ne me touchez pas. » Si le patron dépasse le joug pour le battre , le matelot doit se défendre ; et si le matelot tue le patron , il n'encourt aucune peine. » Le chap. 120 du Consulat de la mer reproduisit les prescriptions de l'ordonnance de Trani, qui avait consacré un usage établi probablement alors dans toutes les marines. Il dit du marinier : « deuse mètre de lats de In cndena. » Dans mes études ê^ Archéologie navale , j'ai déterminé ce que les textes sicilien et catalan désignent par les mots cndena et catena , que je traduis par: chaîne ou barreau de la proue. Voir t. II, p. 41 de XArch. iiav. Les Rooles d'Oleron consacrèrent le droit de la défense du matelot contre son patron qui l'aurait frappé plus d'une fois; mais il n'établit pas sur le navire de lieu d'asile où le marinier pût être à l'abri de la colère de sou chef. Les idées que l'on se fait, en général, de la discipline à bord des navires du moyen âge sont fort éloignées de la vérité. On croit que les matelots étaient de pauvres victimes, livrées à la fureur brutale des hommes qui les commandaient, esclaves qu'on fouettait et qu'on tuait par caprice: c'est une de ces erreurs que l'ignorance et la mauvaise foi ont propagées , et contre lesquelles protestent les dispositions fort sages et fort libérales de la plupart des lois maritimes qui nous sont connues. Sans doute certains délits étaient punis avec une rigueur qui nous parait excessive ; mais il n'est pas démontré que cette rigueur ne fût pas quelquefois nécessaire. Quant aux hommes qui faisaient bien leur devoir , la loi les protégeait avec autant de sollicitude que nos lois modernes ( toutes empreintes d'un esprit philanthropique qui affaiblit peut-être les liens de la discipline) protègent le matelot bon sujet. Certes il y a loin des prohibitions de l'ordonnance de io63 aux habitudes
PALMA. q8i
de quelques vieux maîtres d'équipage que nous avons vus, encore au commencement du xix*^ siècle, porter dans leur poche un bout de corde noueux, successeur de la liane et de la dague, pour en frapper au moindre mol le matelot délinquant 5 et qui, si le coupable échappait à leurs coups par une fuite sous les g'aillards, allaient le soir, quand tout dormait dans les batteries et l'entre-pont, fustiger le matelot emmaillotlé dans son hamac. • — La gonne de drap brun... (P. ^47') Les matelots du moyen âge, comme on le voit par les figures navales des sceaux de Dam , d'Yarmouth et de Sandwich , portaient des robes assez longues , fendues par derrière et par devant , et garnies d'un capuchon ou caban, qui est très visible, surtout dans le sceau deDunwich. Ces robes avaient le nom deg^o/?«<?, quiétaitle nom commun deces sortes devétements. Un article de l'Ord. catalane sur les armements en course condanniait le timonier qui , ayant mal gouverné, avait été cause d'une avarie, à passer une demi-journée assis sur un tonneau qu'on plaçait en avant du navire, tenant un gouvernail à la main , et revêtu d'une gonnelle ou gonne courte, habit de pénitence, ainsi que je l'ai établi, p, 11 5, 2" vol, de VArcli. nav. Le mot gnniic n'est pas tout-à-fait oublié en France. A Lyon , on appelle les enfants gonnes , c'est-à-dire petit garçon portant la robe. Cette expression est injurieuse, dans l'intention des gens du peuple qui l'emploient.
— La miséricorde. ( P, 1 47 .) Espèce de poignard que certains documents latins du moyen âge appelaient cultelum dcfcrire.
— Les cordelettes avec lesquelles on diminuait la surface des voiles, (P. \l\']. ) Ce qu'on appelle aujourd'hui les garcettes de ris ( ce que les Italiens du xvi*^ siècle appelaient mata-
Jioni da terzarolo.) L'usage des ris était établi au xii« siècle , ainsi que je l'ai fait remarquer, Mémoire n° 3 AeVArch. nav,. à propos du vers :
A tous ris curent u a treis.
— Les anchis , les bettes , les menadors des candellcs , les manti^ les orses'et les autres manœuvres.., (P. i47-) Les anchis étaient ce qu'on nomme aujourd'hui les palans de drosse; les bettes étaient le palan de l'itaguc de la grande antenne • les me-
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□adors des caiidelles étaient les rides des haubans ; les manti étaient les palans ; les orses étaient les bras du carreau de l'antenne. Voir V Index à la fin du 2« vol. de ÏJrcIi. mw.
— Les armes que devait se fournir tout matelot. (P. 149. ) Le cbap. 25 du Capitalare nautiuni {Yeuise i255) ordonnait que tout matelot dune nave de 200 milliers et au-dessus eût une capeline ou un heaume de cuir ou de fer, un écu, une jupe de mailles, un poignard ( cultclum de fer ire ), une épée et trois lances. Le matelot qui recevait 40 livres et plus de paie devait avoir, outre les armes susdites, une ceinture ou lame de fer propre à garantir le ventre [panceram ). Le nocher avait en outre, une arbalète à rouet, avec cent carreaux ou grosses flèches.
— Espalmée. (P. i5o.) Nettoyer la carène d'un navire et la frotter de suif, c'est l'espalmer.
— Le guyndas (P. ï5o. ) ou ivyndas , treuil horizontal. \oiv Jrch, nav., t. 1", p. 17S.
■fw- L'artimon. ( P. i5o. ) L'artimon était le màt de l'avant aux XII® et xiii^ siècles. Le passage suivant du marché passé à Gènes, le 2() mai 1269, entre Jacobo de Rollando de Noli et les envoyés de saint Louis, pour le loyer de la nef la Charité, ue laisse aucun doute à cet égard. : « Item , artiraonum unum » grossitudinis palmorum septeni et longitudinis cubitorum » triginta quinque; et arbore de medio grossitudinis palmorum M sex longitudinis cubitorum triginta duorum. — Item, un artimon gros de sept palmes et long de trente-cinq coudées , et un mnt du milieu gros de six palmes et long de trente-deux coudées. » IManuscrit des Archives du royaume, coté J. ^bQ. Y oiv Index de XArcli.nav. au mot Artimon,
— Les palomes... (P. i5i. ) C'étaient des amarres à quai, qu'on tournait à des pieux. Voir Arcli. nav., p. 17, 1^ vol.
— Un officier de la cour des bourgeois. (P. 1 5 1 . ) La cour des bourgeois, ou court des borgés , selon l'orthographe de l'époque, était un des deux tribunaux laïques établis par Godefroi de Bouillon , en 1099, pour que tous les habitants du royaume chrétien fussent « tenus et maintenus et menésà justice, à droit » et à raison. » La cour des barons jugeait les contestalions qui
s'élevaient entre it;s hommes de la noblesse, et connaissait des crimes et délits qu'ils pouvaient commettre ; la cour des bourgeois jugeait les gens du peuple. Des jurés siégeaient dans ce tribunal que présidait un vicomte chargé de prononcer la peine, conformément aux prescriptions des lois connues sous le nom d\4ssises. Voir Collection des lois maritimes publiées par M. Pardessus, t. i**", p. 261.
— Palnid n 'était pas montée seule sur la banne. ( P, 1 52. ) La banne était un des étages du château d'arrière. Les grands navires avaient deux bannes l'une au-dessus de l'autre. Voir , à cet égard, le Mémoire n° 7 de YJrch. nai>., t. 2, p. 3g3.
— Un lion l'avait suivi... Son premier soin avait été de commander à l'animal docile de sa coucher a ses pieds... (P. i52. )Aux critiques qui pourraient m'être adressées relativement à celte influence d'une jeune fille sur un lion , et à la force prodigieuse dont est douée Palma, je pense qu'il me sera permis d'opposer le souvenir des combats livrés à des animaux féroces par des femmes descendant dans l'arène, sous Néron et Domitien, et les vers par lesquels Martial ( de spectaculis) célèbre la victoire remportée par des femmes dans l'amphithéâtre :
Prostratum Nemeac setl vasta ia valle leonem Nobilc et Herculeum fama canebat opus.
Prisca litles taceat : nampost tua munera , Coesar , H.TC jam feminea vidimus acta manu.
— Au rebord de la bretèchc. (P. i54.)La bretèche était l'enceinle crénelée qui couronnait les châteaux des navires. Guill, Guiart , parlant de l'abordage des nefs de Pédrogue avec les nefs ennemies , dit :
« Ces trois nés ont si empirées Et si malemeut atlrt'es , Et tant i font pcrtuis et brèches Qu'il n'a ais entier es bretèclics Es mestres bouz et es costez Qui ne soient rouz ou ostez... »
« — Ils ont si abîmé et si maltraité ces trois nefs, ils leur ont fait tant de trous et de brèches, qu'il ne reste pas une
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planche entière aux bretèches, aux deux caps (à l'avant et à l'arrière) ou aux flancs, qui ne soient rompues ou arrachées, » Voir Arch. nav., tome II , page 3Co.
— Sur le corridor. (P. i56.) Ce qu'on a appelé depuis les passavants; un demi-pont appliqué au côté du navire, servant, de chaque bord, aux communications entre les châteaux d'avant et d'arrière. Voir Arch. navale^ tome II, page 35().
— Comme les girouettes... (P. iSg . )Les navires du moyen âge portaient à la tête de chacun de leurs mâts une girouette. On voit cet ornement dans tous les sceaux maritimes et aux
sommets des niàts des nefs brodées sur la tapisserie de Bayeux. Voir Arch. navale , tome I*^""^ mémoires n'^ 2 et 3.
— Les jurés de la cour de mer. (P. i5f). ) La cour des bourgeois avait une section qui connaissait essentiellement les délits commis par les gens de mer.
— Le petit pont. . . ( P. 1 6 1 .) C'était un assemblage de deux ou trois planches qui servait de passage pour aller du navire à terre. Les Italiens appelèrent cela la scala ou \e ponte; c'est de scala qu'on a fait le mot escale, pour dire relâche, séjour dans un port. Le navire qui faisait escale , poussait sa planche à terre pour communiquer avec la ville où il allait amarrer sa palome.
— De ces animaux qui sont y en Europe, des curiosités très rares. (P. 169.) « Il fallait, comme dans l'Asie et l'Afriw que, se réunir en caravane pour voyager en Europe. Les » avanies n'étaient pas moins fréquentes chez les chrétiens que h chez les infidèles. Des seigneurs , non contents d'établir ar- )) bitrairement des péages sur leurs terres, couraient le pays a pour rançonner et piller les voyageurs. Il fallait à chaque » instant se racheter de la cupidité de celui dont le donjon do- » minait un défilé ou le passage d'un fleuve. Il fallait obtenir » un sauf— conduit , et c'est probablement à cette occasion que 1) s'introduisit l'usage dans lequel étaient les marchands, en » caravane , de conduire avec eux des musiciens, des baladins, » des animaux curieux, pour amuser les seigneurs dont ils sol- » licitaient la protection, et sans doute aussi pour attirer les
» aclieleurs. » M. Pardessus, tome II, Coll. des lois maritimes^ p. cviij. — Parmi les animaux instruits que les marchands menaient avec eux , les singes se firent remarquer par leur gentillesse et leurs tours bouffons; plus d'un chef de caravane paya le droit de passage dans une ville seigneuriale par les gambades de son singe, et de là vient le dicton : « Payer en monnaie de î) singe. « Au xiii^ siècle, les animaux savants faisaient partie des divertissements qui servaient d'intermèdes aux banquctsdes seigneurs et des rois. Ainsi, en \-i^i , au banquet àe la Noniparcillc deSaumur, on vit, dit un vieil historien, rapporté par M. le marquis de Villeneuve-Trans , p. 262, i*'' vol. de son Histoire de saint Louis, on vit « des ours contrefaisant le mort » à merveille , des chèvres jouant de la harpe à trois cordes, le » corbeau dialoguant avec le perroquet j des baladins avec des » ours, chiens, singes, expei'ts en l'art de la pantomime, jouant » au mieux leur rôle es— mystères et comédies. »
— A l'ombre de la tente. (P. 169.) Les nefs étaient abritées pendant leurs relâches avec de grandes tentes, d'une étoffe grossière nommée arbasc (d'où l'on a fait par corruption : Iierbfigc)^ qui couvraient leurs ponts de bout en bout.
— Sur la couverte de la nave. (P. 171.) La couverte était le pont. Les vieux documents latins et italiens appellent ce tillac: coltopcrtura, coperta et cooperta. Voir Index de VArch. nn<,<.
— Une arme que la loi chrétienne défend aux marchands d'apporter aux Sarrnzins. (P. 17 5.) « Ce il avient que un ma- » renier ou un marchant, quy que il soit, porte avoir devée n (choses défendues) en tere des Sarazins, si com est se il porte » armeures, haubers , chauses de fer, lanses et balestres , » heaunties ou verger d'asier ou de fer, et il en pevent estre atent -• en la court de la mer par les mareniers ou par les marchans » qui la estaient, que seuiront que il vendi et porta a Sarazins » selui avoir devée, et ce que i\ porta plus de un marc d'ar- » gent, tout quan qui il avoit doit estre dou seignor de la » tere, et doit estre jugié par la court des bourgois, à pendre » par la goule, puisque les jurez de la mer averont rescu » devant eaus les guarens de ceste choze. »
-^ On présenta l'tirhnlètc h Paolû , (jid plaçant ses deux pieds dans Vctrier... (P. 177.) Guill, le Bretou dit :
Lallistà duplicL tensà pcde inissa sagitta...
— Il redoubla, quand Palina saisissant V arbalète, (t*. 177.) Ceci suppose chez la jeune fille du marchand d'Ancône une force non moins grande que celle du jeune comte Pedro Niûo , qui, étant à Marseille en i4o5 , étonna les plus vigoureux arbalétriers, en se servant avec facilité d'une arbalète qu'aucun d'eux n'avait pu bander. Voici le passage de la Cronica del conde dom Pero Niîio , qui rapporte ce fait : « E » en esté comédio adolesciô alli Pero Niïïo, é venianle a ver » los caballeros del papa : otrosi venian a el los mas faniosos » ballesteros armadores que estonce eran en aquella parlida, >) Antonio Bonhora , é Francisco del Puerto, é etros buenos » ballesteros à la fauia que Pero Nino ténia de grand armador V de ballesla, è por ver é tentar sus ballestas. El avia alli mu- » char buenas, entre las qualcs avia una famosa ballesta é » fuerle que llamaban la nina é probaron la, é non la pudieron » armar. E levantosc Pero Nino de la cama , aunque aquella » liora estaba caleiitura, vestido nn catmisort^ è armô la ballesta » à cinto. — Et cependant, Pero Nino étant nialade en cet endroit, les cavaliers du pape vinrent le visiter. Il vint aussi auprès de lui les plus fameux arbalétriers du pays, Antoine Bonncheure, François du Port, et autres bons arbalétriers at~ tirés par la réputation qu'avait Pero Niûo de manier habilement l'arbalète, et désireux de voir et d'essayer ses arbalètes. Pero en avait auprès de lui beaucoup de fort bonnes , parmi lesquelies une forte et très renommée qu'on appelait la Nina » ( du nom de son propriétaire et non de sa grandeur), a Les visiteurs essayèrent la Niûa et ils ne purent l'armer. Alors Pero se leva de son lit, où il était en ce moment avec la fièvre, il se vêtit d'une camisole, et arma l'arbalète en l'appuyant seulement à sa ceinture. M — Le second concile de Latran, tenu en ii^O, avait anathémalisé l'usage de l'arbalète, qu'il appelait «meurlricre et odieuse à Dieu,» et avait défendu auxcliré-
tiens (le s'en servir contre les chrétiens ; mais cette défense fut sans effet , les chrétiens ne tinrent aucun compte de la menace contenue dans ces paroles expresses : « Artem illam mortiferani, » et Deo odibilem , hallistariorum et sagittariorum adversns i> christianos et catholicos exerccri de cœtero sub anathemate » prohibimus. »
— De se jdire représenter dans la lice par un champion» (P. 184.) Voir, pour ce qui regarde les combats judiciaires, la note d'Eusèbe de Laurière, sur l'art. 22 du titre i^"", livre V des Institutes de Loisel .
— La coutume de France dit que femme ne peut se combattre. (P. 196.) Beaumanoir, Coutumes du Beauvoisis.
— Un ange descendit du ciel pour délivrer Jaffa. (P. ao-j.) C'est la tradition d'Andromède que Paul-Lucas trouva vivante encore, en 1707, quand il visita Jaffa pendant son voyage dans l'Asie-Mineure.
— Et firent une navigation heureuse. (P. 208.) Tradition chrétienne de Jaffa.
— La barque de paliscalmc, (P. 20g.) Une des embarcation de la nef, la plus grande après la barque de cantier, qui remplissait alors l'office que remplit aujourd'hui la chaloupe. Index de XArch, nav., aux mots : Barque de paliscalmc.
— Une sélandre sicilienne. (P. 210.) La sélandre était un bâtiment rond, inférieur à la nef commune. Voir Arch. nav., Mémoires 4 et 7.
— Il connaissait tous les gens de C équipage. (P. 214.) Je rappellerai à ce sujet ce que j'ai raconté, d'après le récit que m'en avait fait M. l'amiral de Rigny, de l'éducation libre donnée, en 182'], à bord de la frégate la Sjrène , à deux lions de l'Atlas : Sultane et Coco, qu'on a vus long-temps au Jardin des Plantes. Ces animaux furent élevés par un apprenti-marin du Calvados, nommé J. Guillet, qui les habitua à vivre au milieu de l'équipage, comme les chiens de chasse et avec eux. Voir les Scènes delà vie maritime^ t. i*^*^, p. 69.
— Pour remplacer celles des matelots qui auraient été rompues ou perdues. (P. 219.) L'art. .'Î7 du Capilulaire nauti(|ue de Venise (l255) ordonnait (iue,daus son armement obligé,
chaque nef ou navire quelconque eut: « balislras 2 de corno. 2 de strevo , et unam de pesarola, vel de turno. «
— Renouvelèrent le senncnt,. . (P. 219.) Le chap. 5i du Capitulaire de 1255 intitulé: Capitiiliun sacramenti qiiod fdciunt marinarii , donne la formule du serment que faisaient les mariniers qui prenaient parti sur un navire. Voici quelle en est la teneur: « Jnro hona fiâc , etc. — Je jure, sincèi'ement et sans malice, de garder et de défendre le navire où je suis embarqué, son gréementettoutce qui entrera dans ledit navire; de ne dérober dans la nef pendant le prochain voyage, et de ne pas permettre qu'on dérobe un objet valant plus de cinq petits deniers de Venise. Si dans la durée de ce voyage, je sais quelqu'un qui a dérobé plus des cinq petits deniers vénitiens, aussitôt que je pourrai je le dénoncerai au maître ou aux maîtres de cette nef, au nocher, ou au moins à cinq des nolisateurs s'il y en a ce nombre à bord, et s'il y en a moins, à ceux qui y seront: si je vois faire ou si j'apprends qu'on ait fait quelque mal, quelque mutilation aux mais {nrboribus) ^ aux barres des gouvernails, ou aux gouvernails eux-mêmes de ce navire , aussitôt que je pourrai je le dénoncerai au nocher, au penese ( le suppléant du nocher; \o\v Arcli. nav.],ou aux nolisateurs qui seront à bord. Si quelque partie du chargement a été débarquée après le chargement achevé [s(iorna), je dénoncerai ce fait à l'avocat de la commune, si je suis à Venise. Si je vais dans un pays où est un représentant de Monseigneur le Doge et de la république, aussitôt que je le pourrai j'en avertirai ce représentant (rector), a moins que la chose n'ait été faite dans l'intérêt de tous, et du plein vouloir de la majorité de ceux qui ont chargé cette nef, ou encore, à moins qu'on ait échangé la partie débarquée contre une des choses suivantes : fer , étain , plomb et cuivre brut; jurant de dire de bonne foi aux marchands, aux avocats du commun, au représentant de Venise, en quoi consiste la partie du chargement débarquée. Je dénoncerai, en outre, au maître ou aux maîtres de la nef, à l'écrivain, au bailli (h(ijidlo) ou au représentant de Monseigneur le Doge et de la république, s'il y a une de ces autorités au port où le navire fera escale, et à mon retour aux avocats du commun, tous
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ceux qui auront agi contrairement au statut en ce qui concerne le navire, depuis le moment où ledit navire, en partant, aura dépassé le môle de Saint-Nicolas, jusqu'à celui où, de retour, il arrivera audit môle; et tous ceux qui doivent être à bord de la nef ^ conformément à la volonté du présent statut, seront l'objet de cette dénonciation. Je jure que j'ai pour ce voyage les armes que m'ordonne d'avoir le statut de \ enise. Je jure que si , dans le navire, je suis choisi pour timonier, je ne refuserai pas, à moins d'un juste empêchement, si je reçois des autres mariniers la solde que les personnes chargées de conduire la nef, ou la majorité d'entre eux, auront fixée. Si cette nef faisait naufrage, ce dont le Seigneur nous préserve , je resterai quinze jours au service des marchands pour remettre à flot ou en état ladite nef, pour recouvi-er les objets, marchandises et agrès qui lui appartiennent, à moins que ce séjour ne soit jugé inutile par tous les marchands ou par la majorité d'outre eux. Des choses que je sauverai , il me reviendra trois pour cent et pas davantage. »
— Robcurs. (P. l'io. ) Ecumeurs de mer.
— A caigué les voiles de son léger n(/virv.(V. 222. ) En général, les galères ne combattaient pas à la voile; quelquefois elles amenaient leurs antennes, quelquefois elles les laissaient hautes, mais fortement liées aux mâts. Alors, on serrait les voiles avec soin, pour qu'elles ne fussent point percées pendant le combat. Voir WJr/nata /utralc de Pantero-Pantera , chap. xx, liv. 2, p. 383.
— Des grappins enchal/iés,., (P. 2 2 2.) Les grappins d'abordage étaient tenus par des chaînes. Dans le marché de Pierre d'Oria avec les envoyés de saint Louis pour le nolis de la nef le Paradis (1168), il est question de « cathenis tribus cum » rampegolis. ) Voir Jrc/i. nai'., t. 2, p. 3g3.
— Forte de sa volonté puissante et de son incroyable valeur... (P. 229. ) L'histoire du moyen âge nous a conservé le souvenir d'événements qui attestent le courage et l'arJour guerrière de (juelques femmes.
On connaît la conduite de Bianca de' Rossi, femme de Gio. Battista dalla Porta, qui fut prise les armes à la main dans
Bassaiio, qu'elle cléfcndait, aptes ijue son i«ari, qui en était gouverneur, eul reçu le coup ivioite!, (Voir Giamhatista Verci, Storia (/rg/i Ecclinc, lomo primo , p. 1 59. ) Pendant le rude assaut donné par les Turcs, le g juillet i57l , à cinq des positions fortes de Fainagouste, les (emnies et même les enfants se couvrirent de gloire. «Durô il dettoassulto cinqueliore continoue, et >» gli Famagostani mostrarono niolto valore in tutti i luogui , con » le donne et fànciulli. «C Gio. Pietro Contarini , Historia délie cose succes.se ciel priiicipio dclla giicrrn inossd de Selim Ottotnann aVcneticmi, etc. ( Venelia, i645 , in-4°, p- 27, verso. ) Dans la guerre contre les Maures, où Don Juan d'Autriche commença de se faire connaître comme homme de guerre, pareille chose arriva à la défense d'un petit château où les femmes du pays voisin s'éîaicnt retirées avec quelques hommes. Les femmes se battirent comme des soldats intrépides , et l'on cite surtout une jeune fille, nommée Maria de Sagredo, qui vengea d'une manière héroïque la mort de son père, tué non loin d'elle pendant le comhat. Voici en quels termes un des historiens de Don Juan d'Autriche, Don Lorenzo Vander Hammen, raconte cet événement dans Historia , imprimée à Madrid en 1627. Liv. 2, p. 123, il dit : ' Animaronlas, y aocho hombres )) que solamente ania en el lugar, etc. — Les huit hommes seulement cjui étaient avec elles ifes encouragèrent , et après leur avoir fait prendre les manteaux et les chapeaux de leurs maris, les rangèrent sur la muraille du château et sur le clocher de l'église, d'où les Maures pouvaient les voir, mais non pas sans être trompés parleur aspect. Jubelli, avec deux compagnies, attaqua la porte; Lorenzo Alfaqui , avec deux autres, attaqua la place, et la cavalerie environna le château pour couper toutes les communications avec le dehors. Les Maures donnèrent trois assauts , et ils y perdirent dix-sept des leurs , outre soixante-dix blessés , parce que les femmes combattirent avec fureur et sans miséricorde [prlcaron coma enojddas y encruelecidas ). Maria de Sagredo , jeune fille, ayant vu son père tomber mortellement blessé, prit ses habiis et ses armes, et défendit une brèche où elle tua un Maure et en blessa deux à coups de flèches. Elle se signala enfin \\ ce poini, que le roi , afin que celte femme
fût, à l'occasion, imitée par d'autres, et pour recompenser ce noble courage , lui donna en dot tous les biens d'un riche Maure de Tolox. »
— Un Icgno. ( P. 236. ) Un navire. Lcgno est le nom que donnent les anciens documents italiens à un vaisseau d'une forme et d'une grandeur quelconque , lorsqu'ils ne veulent pas le faire connaître par son nom ni par son espèce. Aujourd'hui encore, les Italiens se servent de ce trope, où le l)ois est pris pour le vaisseau , pour désigner les navires en général, ou, en particulier, un navire qu'on voit sans le reconnaître, sans pouvoir le nommer.
— Ma galiotc.[V. 286.) La galiote était un bâtiment à rames inférieur à la galère. Voir Ardi, nav. , Mémoire n" 4 •> p. /|53, ler vcl.
— Qiianc sparsine solide, (P. a38. ) La sparsine était un cordage d'une certaine grosseur dont on faisait un cablot pour la barque de cantier qui restait à la traîne. Voir Arcli. uav. , Mémoire n» "j , p. 3g3, 2" vol. « Spazina una nova pro barchà cautherii ; » et p. i-ji et 4o3 du même volume.
— A l'cxtrcniité de .S(i penne. (P. 238. ) La penne [petina ) était la partie de l'antenne qui s'élevait en l'air et se balançait sur le navire comme un panache [pennctcliio ). Voir YJndex de VAi'ch. ncw.
— Poulies de l'aman. ( P. 23g. ) L'aman était l'ilague de l'antenne, la corde qui servait à la hisser et à l'amener. Voir Arch. nav.., p. SgG , 2« vol.
— Les gabiers qui avaient fait son estivc. (P. 246. ) La rubrique 46 du statut anconitain de i39t ordonnait que les propriétaires de navires fissent fairela stivatura (^eslive ou chargement ) des marchandises appartenant aux affréteurs , et dé-» fendait aux gabiers de rien exiger des marchands pour la peine qu'ils auraient eue à faire cette estive.
— Un gabbe plaisant du poëte de la troupe. (P. 247- ) Gabbe, conte, raillerie, bon mot; du bas breton goab , selon Du Gange. L'italien avait gabbo, qui était le gabbe des poètes français des xii* et xiii*^ siècles.
— Un autre Malion. ( P. l\^. ) Mahomet est très ordinairement appelé ainsi dans les roman& du moyen âge.
Cr retour ïru îlai.