‹ Les soirées parisiennes de [1874-] 1884 (volume 3)Chapitre 4 sur 114 · PREFACE IX · texte numérisé non relu

PREFACE IX

cabarets à la mode ou les foyers du théâtre, à ce point qu'il ne leur en reste pas toujours pour leurs articles.

L'inventeur de la Soirée théâtrale était avant tout un homme d'ordre, prévoyant dans sa vie littéraire comme dans sa vie de famille ; de même que sa pensée constante fut de mettre les siens à l'abri du besoin , il ne voulait pas livrer son renom aux hasards de la plume : il plaçait le trop plein de son revenu en rentes sur l'État et déposait l'excédent de son esprit en lieu sûr, dans son tiroir, avec le parti pris àttSit jamais être à sec; il tenait constamment cinq, six, dix artïcks fantaisistes en réserve pour les jours où le théâtre n'alimentât pas naturellement sa plume. Quand l'événement de la soirée œ lui fournissait pas son sujet d'ariide, il ouvrait tranquillement son tiroir et en tirait une de ses fantaisies à côté qvtlik réservait pour les mauvais jours et qui, tout en paraissant venues en un moment de belle humeur, étaient en réalité sorties de longues réflexions et souvent d'un labeur pénible. Mais le talent de l'artiste ou de T écrivain est précisément de ne pas laisser voir la peine dans son œuvre; l'humour d'Arnold Mortier ne trahissait nulle part l'effort ; il semblait couler de source tant le journaliste maniait librement sa forme très personnelle avec une verve qui ne le trahissait jamais.

On peut dire de ce laborieux, et c'est encore en

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