LA MAITRESSE LEGITIME
5 décembre.
Voilà bien longtemps qu'il n'y avait eu de première au second théâtre français. Louis XIV y est resté jeune pendant cent cinquante fois; mais tout finit — même la jeunesse (pardon, Laferrière), et le grand roi vient de céder la place à la Maîtresse légitime — il ne s'agït pas de Mmo de Maintenon, — comédie en quatre actes de M. Louis Oavyl.
M. Louis Davyl est le collaborateur de Théodore Barrière pour le Dernier Gascon, drame qui inaugura, à la Gaîté, le règne d'Offenbach I .
Vous n'avez pas oublié certaine correspondance assez aigre, échangée entre les deux auteurs à l'occasion de ce drame. La comédie de ce soir a surtout pour but de nous prouver que M. Louis Davyl peut se passer de collaborateurs au théâtre.
M. Louis Davyl est un jeune, sinon au jpointde vue de son acte de naissance, du moins en ce qui concerne ses productions dramatiques. Il répond nonseulement au nom de Davyl, mais encore à celui de Poupart.
Poupart! c'est-à-dire un gros bébé coiffé d'un bourrelet et marchant en lisières. Quel contraste énorme entre le nom et l'homme !
Poupart a cinq pieds et pas mal de pouces (vieille mesure), de grosses moustaches roussâtres, des pieds à
faire jaillir une armée du sol — les pieds qui ont fait défaut à Gambetta.
Poupart se présente comme un gaillard vigoureux et bien trempé, qui ne demande qu'à marcher seul.
On dit que la Maîtresse légitime est un peu l'abrégé de la vie de son auteur, qui a mangé assez de vache enragée pour en avoir une indigestion complète.
M. Louis Davyl est le fils de Poupart-Davyl, l'ancien imprimeur du Corps législatif. Il a succédé jadis à son père, et a connu à fond les tracas et les soucis du Commerce; — or, comme disait feu Villemain, rien n'aide à parler d'un livre cornme de l'avoir lu, — et Louis Davyl a dévoré, de la première à la dernière page, le livre des misères de la vie commerciale ; il le connaît depuis la préface jusqu'à l'épilogue, et peut en parler savamment.
Ruiné, en déconfiture, il s'en est allé philosophiquement vivre en sage, à Bois4e-Roy, au coin de la forêt de Fontainebleau, — chassant, péchant, jardinant et s'occupant peu des bruits de la grande ville, jusqu'au jour où, mordu par le démon du théâtre, il est rentré dans la fournaise, armé en guerre et' les poches bourrées de manuscrits.
Jolie salle. Beaucoup d'habits noirs à destination de l'Opéra-Comique ; beaucoup d'actrices, non moins en noir.
Pendant que se déroule la première scène, tous les regards sont attirés vers l'avant-scène de gauche dans laquelle pénètre une grande damé, bien connue du
public des premières. Son domestique, couvert d'un caoutchouc jaune, la suit dans sa loge, tf Hftnt un bouquet d'une main et de l'autre une chaufferette*. Ah ! que cette chaufferette a donc eu du succès |
Simple question,
Pourquoi M"e L&mide Leblanc, la fliaîtresse fêgU time de M- Masset, purte-t^çlle donc deç gants blancs chez elle et à la campagne?
Une toilette simple serait pointant cfe circonstance.
Il y pi un juste-nuliim k garder entrq la ?g\>§ m pr-
léans et les tuniques en chantUly..
M. Louis D*vyJ a, cependant SU un collaborateur pour sa nouvelle congédie,
C'est M11' ClotiJde GQllVf.
Elle seul? a pu entremêle? sqn fôjç 4'hiftQ}re§ 4§ courw et de jockeys. PUe seule 9 pu parler à Mt J)avyl de Poudrière et de Fleur de gççkéi de» Myayi de l'Omnium £t des cracks du Perby:
Par exemple, elle porte une robe un peu 49GPHfitfe pour une jeune fille.
|~a vraisemblance y perd ce que )^s spectqtpijirç y gagnent.
La belle soirée d'aujourd'hui va cQpsaJer M- koui§ Davyl de bien des déboires. *
Il aura eu du bonheur jusqu'au bout, car îpp-«ulement il s'est entendu applaydjr avçg sfttjipu^me, mais il s'est vengé du coup de tous les huissiers rftf giondç :
En ayant eu à représenter un, il y% nmms te«
gifflé!