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LA RÉPÉTITION 3ES ALMÉES

4 février.

L'exhibition africaime des Folies-Bergère cause à M. Sari de plus grands tracas que tout ce qu'il a exhibé jusqu'à ce jour. Les Aimées pour de vrai ne ressemblent plus en rien aux danseuses lascives des tableaux de Gérôme, ni même à celles que la fantaisie d'un maître de ballet a intercalées dans les féeries. Très-pittoresques dans les rues d'Alger, elles ne sont plus, transportées sur une scène parisienne, que des femmes faites à coup sûr pour inspirer les peintres orientalistes, mais ayant besoin uf un cadre ingénieux pour impressionner le public.

C'est ce cadre qui coûte à M. Sari <des efforts inouïs d^imagination. Avant tout il a fallu s'occuper de la partie musicale. Les Aimées sont escortées de* leurs musiciens ordinaires, trois marchands de dattes ou de pastilles du sérail, qui, avec un sérieux imperturbable, raclent du rebabe, pincent de la quitra ou frappent sur la derbouka.

Suffisante pour un cercle formé par trne centaine de fumeurs de chibouks, la mélopée étrange de ces Algériens est beaucoup trop maigre pour une salle comme celle des Folies-Bergère. Il a donc fallu trouver, dans l'orchestre de l'endroit, un renfort indispensable. Sari en a conféré avec Olivier Métra, quia cru d'abord que ce serait la chose la plus simple du monde. Mais ici se

place un incident vraiment comique et qu'il était impossible de prévoir.

Figurez-vous la salle des Folies-Bergère à minuit et demi. Tous les spectateurs sont partis, le gaz de la rampe reste seul allumé. Les musiciens attendent le moment de répéter l'air que Métra a en quelque sorte improvisé, en lui donnant, du reste, toute la couleur

voulue.

LesAlméeset leurs instrumentistes arrivent, enveloppés dans d'immenses burnous, dans des houppelandes de gardiens de la paix, le visage garanti par d'épais cache-nez, tel qu'il convient à des gens brusquement importés d'un pays chaud au milieu de nos .brouillards d'hiver.

Ils quittent leurs manteaux et, assis en rang d'oignons, en face de l'orchestre, ils attendent la musique nouvelle que leur interprète leur a annoncée.

Métra donne le signal, et l'orchestre entame, pianissimo, un petit morceau au rhythme cadencé et bizarre, soutenu par les timbales et le tambourin.

Aussitôt une stupeur indescriptible se lit sur les figures des Aimées et de leurs musiciens. Le chef surtout, celui qui, raclant du rebabe vert-pomme, est le Vianesi de la compagnie, trahit à la fois la surprise, l'ironie et le mépris.

— Qu'est-ce que c'est que cette musique-là ? semble dire sa physionomie.

Félicien David n'écouterait pas avec plus de pitié la plus infime composition d'Amédée Artus.

Évidemment cet homme souffre. On lui écorche les

oreilles. Enfin, agacé, énervé, à bout de patience, d'un geste superbe il arrête l'orchestre. «

L'interprète s'avance et explique à M. Métra que jamais les Aimées ne consentiraient à esquisser le moindre pas sur un air dont rougirait l'Afrique entière. Le Pasdeloup arabe désire qu'on l'entende à son tour, pour que la confusion de M. Métra soit complète. Celui-ci s'incline et s'apprête à écouter. Les musiciens sont palpitants.

Alors commence la cacophonie la plus burlesque qu'il soit possible d'imaginer. C'est un grincement continu, avec battement de casseroles, râclement de vieille guitare aux cordes usées, quelque chose d'interminable et d'insupportable qui, au bout d'une heure donnerait infailliblement la rage aux plus calmes. Cependant les Aimées sont redevenues souriantes, et le chef lance cette fois à Métra des regards de triomphe, en ayant l'air de l'accabler de sa supériorité.

Bref, la seule concession que les Orientaux aient voulu faire aux Européens, c'est de permettre à ces derniers un accompagnement en sourdine qui n'enlevât rien à la mélopée primitive de la danse des Aimées.

Il convient d'éviter une désillusion à tous ceux qui s'exaltpnt la beauté des filles d'Orient et de constater que sur les quatre femmes, il n'y en a qu'une seule de vraiment jolie. Elle s'appelle Faminha et a de grands yeux noirs brillants, surmontés de ces magnifiques sourcils fièrement dessinés comme ceux qui ombragent les paupières de la Salomé de Regnault. Quant aux trois autres, elles sont plus originales que belles

Il y en a même une qui ressemble à s'y méprendre aux têtes en carton dont les modistes se servent pour confectionner leurs coiffures.

ORPHEE AUX ENFERS.

7 février.

Après des travaux gigantesques qui ont surmené et mis sur les dents tout un monde de décorateurs, de costumiers, de machinistes, de menuisiers, de charpentiers, sans compter les artistes, les musiciens, les choristes, les administrateurs, les régisseurs, les avertisseurs et le souffleur, Offenbach vient de lancer cette immense machine qui s'appelle Orphée aux Enfers.

J'avais eu tout d'abord l'intention d'emprunter à M. Crémieux son grec de fantaisie pour vous conter cette soirée mémorable. Les dieux de l'Olympe me semblaient avoir droit à cette distinction. Mais je me suis, dit que même ce grec-là ne serait peut-être pas à la portée de toutes mes lectrices (heureusement pour elles ; les dieux nous préservent des femmes qui savent le grec!) et j'ai renoncé à la langue du divin Homère.

Ceux qui ont vu Orphée aux Bouffes — et ils sont nombreux — ne peuvent vraiment se figurer ce qu'est le nouvel Orphée de la Gaîté. Les Bouffes d'alors étaient encore plus petits que ceux d'aujourd'hui ; c'était la scène miniature de l'ancien théâtre Comte, et

Bâche y faisait l'effet d'un géant : en levant les bras il touchait les frises. Aussi y a-t-il entre ces deux Orphée la différence d'une périssoire au GreaUEastem et des buttes Montmartre à l'Himalaya.

Depuis qu'il est directeur, Offenbach nous a habitués à des surprises. Le Gascon, qui a ouvert la marche des succès à la Gaîté, jetait déjà monté avec le plus grand luxe; mais à ceux qui vantaient cette prodigalité, les amis de la maison répondaient :

— Ce n'est rien ; attendez Jeanne d?Arc! Jeanne d'Arc arrive et chacun de s'extasier.

— Mais ot n'est rien encore, disaient les mêmes amis, vous verrez Orphée!

Nous l'avons vu en effet : c'est un véritable éblouissement en douze tableaux. Jamais science de la mise en scène n'a été poussée plus loin. Et ne croyez pas que j'exhume, pour la circonstance, l'éternel cliché qui a servi pour toutes les féeries, depuis le premier Pied de mouton jusqu'aux dernières Pilules du diable. Ce n'est plus le clinquant banal, ce ne sont plus les apothéoses roses et bleues, à. flammes de bengale et à paillettes, cette décoration brutale et à coups de poing qui force les applaudissements d'en haut ; c'est de l'art véritable, un art qui se révèle dans les moindres détails, et au service duquel on n'a rien épargné.

Le premier acte n'est, pour ainsi dire, qu'une entrée en matière. Le décor de M. Cambon représente la campagne de Thèbes, — Thèbes-les-Bains, comme dit Christian. Au fond, élevé sur des marches, et dominant un champ de blés aux coquelicots et aux

bleuets mouvants) le temple de l'opinion publique, rappelant assez les monuments funéraires du Père- Lachaise. A droite, la cabane d'Aristée, le marchand de miel, et à gauche, la demeure d'Orphée, — le directeur de l'orphéon, naturellement. Dans ce décor, trèsgai de ton et de couleur, se place le premier ballet : celui des faunes et des bergers. Le costume des bergers et des bergères mythologiques ne se prétait pas beaucoup à la fantaisie. Pourtant on est arrivé à en composer un petit tableau gracieux et léger. Trop léger même, selon le gré de la censure, qui, au sortir de la répétition générale, a exigé quelque lés de plus aux tuniques des faunes, et quelques bouillons supplémentaires aux tutus des bergères.

Dès le premier tableau du second acte commencent les enchantements.

Il fait nuit. D'épais rideaux de gaze cachent toute la scène. Derrière ces rideaux, le chœur des dieux endormis. Sur le devant, se perdant dans les vapeurs du crépuscule, l'horloge céleste : un globe bleu sur lequel une femme est debout, tenant un balancier. L'heure sonne, et sur le globe bleu se détache un chiffre lumineux. A chaque heure, une femme paraît ; puis accourent les songes : songes bleus, songes roses, songes noirs, songes d'or et d'argent se répandent sur la scène. Peu à peu, le ballet se forme; la musique grandit à l'orchestre, jusqu'au moment où arrive l'Aurore « aux doigts de rose ».

Alors les nuages gris se colorent de tons plus clairs et finissent par se dissiper. On aperçoit l'Olympe. Un

superbe décor de MM. Desplechin et Lavastre. Sous une immense voûte resplendissante de lumière, un hémicycle en marbre blanc, aux larges escaliers, et occupant toute la scène. Sur des peaux de tigres, les dieux et les déesses sont étendus. C'est Jupiter luimême, — Jupiter tannant, comme le désignent MM. Crémieux et Halévy, — et autour du maître des dieux et des hommes, toutes les divinités de la mythologie antique.

Parmi ces dieux, il en est un auquel je tiens à payer un juste tribut de commisération. C'est Grivot-Mercure. Pendant les répétitions, le malheureux a été en butte aux plaisanteries de tous ses camarades. L'Amour et Vénus surtout refusaient énergiquement de marcher à ses côtés.

L'acte se termine par un des défilés les plus étonnants qu'on ait vus au théâtre.

Les personnages dont il se compose sont tellement nombreux que, lorsque les premiers entrent en scène, les derniers sont encore dans la rue Réaumur. Je n'entreprendrai pas de détailler par le. menu ce cortège interminable, tout un dictionnaire de mythologie cocasse mis en action : c'est le Conservatoire de musique de l'Olympe, avec tout un orchestre de cuivres, de timbales et de grosses caisses; puis les organes de l'Opinion, avec la bannière des journaux du temps : le Phigaros% les Débatés, etc. Puis la suite de Pluton, la cour de Jupiter, les différents ministères célestes : Littérature et Beaux-Arts, représentés par Apollon et * les Muses, la Guerre, l'Industrie et le Commerce, les

Finances, l'Agriculture, l'Amour et son train, y compris les Vestales (ce Crémieux ne respecte rien !) et, immédiatement après, la Marine, — ingénieux rapprochement ! Ensuite la ménagerie, c'est-à-dire Pégase, le paon de Junon, le hibou de Minerve, les colombes de Vénus, l'arrière-train des centaures, etc. Puis, les vendanges de Bourgogne, avec Bacchus à cheval sur son tonneau et Silène sur son âne. Enfin, les menus dieux et les déesses sans importance, et, pour clore la marche, l'omnibus réservé aux divinités vieilles ou infirmes.

Quand ce défilé est terminé, le fond du théâtre s'ouvre, et dans le ciel irradié par les rayons du soleil, s'élève le char de Phoebus, aux chevaux blancs, qui se détachent en relief au milieu de cette lumière éblouissante.

Pendant tout l'entr'acte on échange ses impressions. Naturellement tout le monde est d'accord sur les beautés du spectacle. En passant je saisis ce mot assez amusant :

— Très-gentil, Montaubry !

— Oui. Il a l'air de jouer le Pîuton de Longjumeau!

Le troisième acte est de M. Froment. On y laisse aux yeux le temps de se reposer un peu. Cependant il se termine par le plus beau ballet de la pièce : le ballet des Mouches1. Offenbach a compris que le premier de-

i . Depuis, ce troisième acte a été complètement renouvelé et le Royaume de Neptune a valu à Orphée aux Enfers un surcroît de cent représentations.

voir d'une danseuse est d'être jolie. Toutes ses ballerines ont été triées sur le volet. Un titi, du haut du paradis, résume l'impression générale en s'écriant :

— Voilà des mouches qui ne le sont pas !

Après ce ballet, un nom est dans toutes les bouches : le nom de Grévin. C'est Grévin qui a dessiné les costumes de femmes, et il est juste qu'il ait sa part de succès.

Il n'y a personne à Paris qui sache mettre plus de goût et d'esprit dans l'art de déshabiller une danseuse. C'est nu, et c'est pourtant décent. Ses coiffures sont des chefs-d'œuvre. Il arrive à des oppositions de couleurs et à des harmonies de nuances d'un effet prodigieux. Il assiste aux répétitions d'un ballet, l'étudié, note le moment précis ou tel groupe de danseuses passe à gauche, et celui où il défile entre une double haie de bras courbés et de jambes tendues, après quoi il décide que ce groupe sera vêtu d'or, parce que l'or tranchera à merveille avec le costume bleu et chair de la rangée suivante, qui sera remplacée, à son tour, par du satin blanc à gros pois bleus de ciel. C'est un chatoiement perpétuel de couleurs variées, un kaléidoscope vivant, qui contribue surtout à donner à ce spectacle le côté artistique que j'ai signalé plus haut. Il est assez tard quand finit ce troisième acte; les décors praticables qui se succèdent dans l 'opéra-féerie de la Gaîté sont longs à enlever et à poser, mais cependant on attend la fin sans impatience. On sait qu'on marchera de merveilles en merveilles. Et, en effet, quand le rideau se lève sur le dernier tableau, ce n'est partout, dans la salle, qu'un cri d'admiration. Jamais on

n'a tiré un parti plus ingénieux de la lumière Drumond, et le décor des Enfers, de M. Chéret, est ce qu'on peut rêver de plus beau. Un vaste escalier mène à des galeries qui se perdent dans le lointain, et à un pont sous les arches duquel coule un fleuve aux flots d'or. Le ciel a des reflets vermillonnés, jaunes et verts, et sur le devant de la scène, autour d'une grande table couverte de lumières et de fleurs, les dieux et les déesses sont servis par des diablotins rouges et or. On dirait des personnages de Delacroix dans un coucher de soleil de Ziem.

L'acte se termine par le fameux quadrille, le quadrille le plus populaire qu'il y ait au monde. >

Mars renonce à sa gravité, Vénus dénoue sa ceinture Vulcain cesse de boiter, Jupin met sa couronne de travers, Minerve jette son casque par dessus les moulins* Thalie s'émancipe, la chaste Diane risque une cavalière seule. C'est un bal de l'opéra olympien. Tout danse sur la scène et tout danse dans la salle. Les pieds, n'y tenant plus, se trémoussent sous les banquettes ; dans les loges, les dames battent la mesure; le municipal se laisse aller à un semblant de cancan ; les lunettes de Sarcey gigottent sur son nez. La toile tombe, et l'on danse encore, le gaz s'éteint et l'on danse toujours. On s'en va en dansant, on rentre en dansant. C'est en dansant que les amis d'Offenbach accompagnent le maestro à son domicile, où l'on soupe en dansant et danse en soupant.

Il ne me reste plus que peu de chose à dire. Mais ce peu de chose a bien son importance.

Un homme, — que personne n'a nommé, — a aidé Offenbach de ses conseils, a surveillé toute cette mise en scène magnifique, ces splendeurs sans précédents, et ces éblouissements sans fin.

C'est Billion !

1 1 février.

Les Merveilleuses ont dansé leur dernière gavotte. Les riches étoffes, les perruques tourmentées, les gourdins tortillés, les tasses du temps vont,, dans les magasins de costumes et d'accessoires, dormir du repos éternel.

On me raconte que M. Bertrand a reçu, depuis quelques jours, la visite de nombreux collectionneurs, qui tous espéraient obtenir au rabais des bibelots du Directoire. Ces malheureux ignoraient que les meubles, les bronzes, les porcelaines n'étaient que des copies fidèles des meubles, bronzes et porcelaines du règne de Barras; quand ils l'ont appris, ils se sont enfuis avec horreur.

Cette mort précoce avait répandu sur tous les visages comme un voile de tristesse. Tout le monde voyait disparaître à regret cette mise en scène somptueuse pour laquelle tant d'efforts avaient été dépensés. En présence de ce deuil général, il m'est venu une idée : pourquoi M. Bertrand n'organiserait-il pas dans le foyer de son théâtre une exposition perma-

nente de tous les objets qui ont figuré dans les Merveilleuses?

Le foyer des Variétés est une grande et belle pièce qui, à tout prendre, vaut bien celle de M, Sardou.

Les directeurs de théâtres n'ont pas à se plaindre en ce moment. Jamais ils n'ont fait plus d'argent et presque tous tiennent des succès. L'Opéra, depuis sa réouverture au théâtre Ventadour, a fait des recettes magnifiques ; les soirées des Italiens sont également fort courues. L'Opéra- Comique et les Français encaissent des moyennes fantastiques ; le Ghâtelet, avec les Pihir les du Diable, fait plus de sept mille francs ; la recette de dimanche dernier a été de 8,558 fr. Dimanche également, la Porte- Saint-Martin a fait 7,5oo fr,, ce qui est un chiffre magnifique pour un théâtre dont le public semblait avoir désappris le chemin. La seconde représentation d'Orphée aux Enfers, à la Gaîté> a produit 8,700 fr.; aujourd'hui la recette est montée à 9,000. Bien que l'Oncle Sam touche à la fin de sa carrière, on a encore fait 2,5oo fr. au Vaudeville, et les dernières représentations des Merveilleuses ont rapporté une moyenne de plus de 3, 000 fr. à M. Bertrand.* Les recettes du Gymnase sont un peu moins belles que celles des premiers jours de Monsieur Al* phonse, mais elles se maintiennent entre 3,400 et 3,6oo fr. Mêmes chiffres aux Folies-Dramatiques. La Branche cassée remplit la salle des Bouffes et, à la Renaissance, où l'indisposition de Théo avait été cause

d'une baisse de plus de 1,000 fr., les recettes ont repris leur cours normal depuis la rentrée de la jolie parfumeuse. Le Château-d'Eau, avec sa revue, compte parmi les plus fortunés. Ses moyennes sont de 4,700 fr. et il y a eu des soirs dé 5, 600 fr. — ce qui est colossal quand on pense au bon marché des places de ce théâtre.

Bref, partout l'or afflue — ce qui prouve du reste (je vais bien vous étonner, probablement) que les affaires vont on ne peut plus mal.

Quand le bâtiment va, tout va, dit-on. On pourrait dire : Quand le théâtre va, rien ne va.

Et il ne s'agit pas ici d'un simple paradoxe. De tous les plaisirs, le théâtre est encore un des moins coûteux. En ce temps de crise commerciale, alors qu'il faut se priver de bien des distractions auxquelles on s'était habitué, réaliser quand même des économies sérieuses, c'est forcément sur le théâtre qu'on se rejette.

Le boutiquier obligé de restreindre son budget, dit à sa femme :

— Ecoute, ma chère amie, je ne t'achèterai pas de robe cette année... seulement je te mènerai voir les Deux Orphelines!

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