PREFACE. , VII
Et après la distribution, la lecture. Oh! cette
ecture aux acteurs, où chacun d'eux n'écoute que
e rôle de l'autre, après quoi il refuse généralement
e sien ! Et le metteur en scène qui coupe, parce
][ue c'est long, et le censeur qui coupe, parce que
:'est leste, et le directeur qui coupe, parce que
c'est... Lui. Et l'ingénue qui demande à mourir au
cinquième acte, le jeune premier qui tient à être.
aimé des trois femmes, la duègne, qui exige qu'on
l'épouse au dénouement, et tous qui veulent dire
le mot de la fin !
J'en passe, et des pires ! et j'arrive à la seconde et à la plus poignante partie du drame, au jour de la première représentation, au jour attendu et redouté. C'est ce soir que la pièce voit la rampe; c'est demain que l'auteur sera pour tout le monde un grand homme ou un idiot, — pendant huit jours, — car c'est une règle de ce métier d'exception que le passé n y est jamais acquis et que chaque ouvrage nouveau remet en question la valeur de celui qui l'a fait, depuis son talent jusqu'à sa personne.
Sentez-vous l'émotion ?
Et nulle certitude ; tout est aléatoire. La réception de la pièce ne prouve rien, la lecture ne prouve rien, la répétition générale ne prouve rien. Ce qu'en disent les artistes, les confrères, les