MARS. I I
le la plupart des impresarii parisiens emploient avec 1 égal bonheur.
Le plus connu est celui qui consiste à comparer les certes de la dernière pièce jouée avec celle que l'on a présentée un an auparavant.
\insi on. lisait, par exemple, il y a deux ans, dans les urriers de théâtre :
« Les trente premières représentations delà Grande ^ocotte ont produit 142,847 francs et cinquante cenmes de recettes au théâtre des Folies-Espagnoles. /est 847 fr, 5o de plus que la Petite Poularde, qui n — on s'en souvient — un des plus grands succès e ce théâtre. »
Mais on lisait il y a un an :
« Les trente premières de Feuille de Laurier ont produit 143,282 francs et vingt-cinq centimes de reettes au théâtre des Folies-Espagnoles. C'est 434 fr. 75 le plus que la Grande Cocotte, qui fut — ons'ensou- .'ient — un des plus grands succès de ce théâtre. »
Après quoi, on est tant soi peu étonné de lire cette
année :
<c Les trente premières de Fleur de Cactus ont produit 144, 391 francs de recettes au théâtre des Folies- Espagnoles. C'est 1,109 francs de plus que la Feuille
\^ de Laurier y qui fut — on s'en souvient un des plus
'grands succès de ce théâtre. »
On n'explique pas — cela va sans dire — que l'on a augmenté le prix des places; on néglige de faire savoir que l'on a augmenté le nombre des fauteuils ; non, un succès qui se respecte doit éclipser le succès qui l'a précédé, sans quoi il cesse d^être un succès.
Si bien que dans dix ans d'ici les théâtres sont con-
damnés à faire le double des recettes actuelles ou bie à jouer devant des salles à moitié vides.
Franchement il y a là un danger que je signale MM. les directeurs. Ils ont en ce moment, tousoi presque tous, atteint le maximum de la réclame ; qu'i ■ ne s'avisent pas de vouloir faire plus que le max mum. Je crois avoir démontré que c'est impossible.
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