LES F OURC HAMEAU LT
7 avril.
Le téléphone et le phonographe, si Ton avait pu en staller dans la salle du Théâtre-Français pendant les :rnières répétitions de la pièce d^Emile Augier, auient pu rendre de grands services à ceux qui tenaient savoir, à l'avance, de quoi il était/ question dans la
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nouvelle comédie de l'illustre auteur du Maria d'Olympe.
Les précautions les plus minutieuses ont été pri pour éloigner toute oreille indiscrète des répétitio Généralement ces précautions sont bien inutiles : oi beau donner des répétitions générales à huis-clc mettre les journalistes en quarantaine, consigner à porte les amis les plus intimes, le soir de la premi on est toujours sûr de rencontrer quelqu'un qui v^ glisse à l'oreille :
— Vous savez... c^est mauvais!
Ou:
— Vous allez passer une bonne soirée, c'est moi c vous le dis !
Ce quelqu'un complète naturellement son avis j des renseignements plus précis; il vous cite des scèi entières, des mots; souligne les faiblesses de telle tuation et fait ressortir les beautés de telle autre. B: il se trouve qu'avant le lever du rideau tout le moi est plus ou moins fixé sur ce qui va se passer.
Mais ce soir il n'en a pas été ainsi.
A ceux qui demandaient :
— Qu'est-ce que c'est que les Fourchambault ? On répondait :
— Ce sont les Fourchambault !
Et voilà tout.
Aussi la curiosité était-elle très-vivement excii L'affiche annonçait que l'on commencerait à h heures; à huit heures et quart, toutes les places — presque toutes — étaient occupées. Par extraordinai et, pour cette fois seulement, il n'y a pas eu de ret dataires. Inutile d'ajouter que la salle avait l'as} brillant et solennel des premières à sensation. La pc tique et TAcadémie/le gouvernement, la haute final et même le monde des petits théâtres y avaient t reprcsentanis nombreux. Pendant les cntr'actcs.
oyer et dans les couloirs, la circulation était à peu )rès impossible.
Au sortir de cette représentation , une des plus •mouvantes à laquelle nous ayons assisté depuis longemps, le rôle du chroniqueur frivole est extrêmement ifficile. Quand on a la tête encore toute pleine des telles choses que Ton vient d'entendre,, quand on tresaille encore au souvenir des scènes magnihques que on a vues se dérouler, il est bien pénible d'avoir à onstaterque la seconde toilette de M"^ Reichemberg st d'un goût charmant et que M"^ Croizette a paru 'ien grosse, bien grosse.
Cependant, comme aucun détail ne saurait être inifférent, quand il s'agit d'une œuvre qui sera le grand vénement de l'année théâtrale, je m'empresse de transrire tout ce que mon carnet contient de notes. Cette première, tant attendue, aurait dû avoir lieu epuis longtemps. Déjà, lorsque passa Hernani^ la colédie d'Augier était absolument prête. Le succès ! ersistant du drame de Victor Hugo prolongea l'at- ; mte.
\ Plus tard, la mort de M"^ Guyon occasionna un
ouveau retard; M'^^ Agar fut immédiatement enga-
ée pour reprendre le rôle de M"'^ Bernard, mais on
ut recommencer les répétitions avec elle.
' Du reste, toute cette période d'ajournements succes-
r. fs fut loin d'être inactive. iL'auteur et ses interprètes
\ i profitèrent avec ardeur.
t, Emile Augier, plus difficile à satisfaire que le public i ême, se livra à un travail incessant pour augmenter \ icore les éléments de succès, retouchant, perfectioni mt, cherchant de nouveaux mots et de nouveaux ; Têts. Jusqu'au dernier moment, cet excès de cons- I ence littéraire se manifesta chez le grand écrivain i amatique et motiva même un nouveau retard de 1 linze jours dans l'apparition de son œuvre.
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Selon leur habitude, les éminents comédiens de 1; rue Richelieu ne se sont pas montrés moins soigneux moins scrupuleux que l'auteur, ce qui prouve que dé cidément, au théâtre, la confiance en soi est en raisoi inverse du talent. Certes, le public s'imaginerait diffi cilement tout ce que représente de zèle, de dévoue ment, de recherches patientes et d'études laborieuseî pour de tels artistes, l'interprétation d'une comédi comme les Fourchambault.
Got et Coquelin surtout se sont livrés à un trava acharné. Abordant l'un et l'autre un rôle qui n'est pr absolument de leur emploi, ils se sont tellement iden tifiés avec leurs personnages, il les ont si sincèremer vécus que depuis longtemps déjà ils en étaient arriv( à faire abstraction de leur propre individualité. Ains lorsque Coquelin était rencontré ces jours-ci par u ami quelconque, celui-ci l'appelait en vain par se nom; il fallait le nommer Fourchambault pour qu se retournât.
Les deux artistes ont surtout pioché en commun grande scène du cinquième acte, qu'on' baptisait dé à la sortie de scène des deux hommes^ nom sous lequ elle est sans doute appelée à rester non moins célèb que la fameuse scène des trois hommes, de Dora.
Non contents de fouiller la situation de cette gran scène et d'en disséquer le dialogue pour réaliser K idéal, Got et Coquelin y songeaient encore, chacun son côté, en dehors des répétitions. Souvent l'un l'autre trouvait même un effet pour son partenaire et lui indiquait spontanément,
— J'ai pensé hier soir à telle chose pour vous, dis. Got, en expliquant son idée à Coquelin.
— Bravo! ripostait celui-ci; de mon côté, j'ai à vc soumettre une modification que vous feriez peut-é bien d'adopter.
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Et tout cela sans la moindre arrière-pensée de janisieou de susceptibilité.
Entre artistes de cette valeur. Il n'y a pas place pour .s considérations mesquines d^une vaine rivalité. L'émulation leur suffit.
On sait que, dans un rôle de mère destiné à Guyon, M''^ Agar faisait sa seconde rentrée au .héàtre- Français.
Il y a, dans la vie de M^'^ Agar, un fait qu'on a mal aconté et qui, à plusieurs reprises, a failli entraver sa arrière artistique. Lors des jours sinistres de la Comnune, M"^ Agar était à Paris avec la plupart de ses amarades de la Comédie. Un soir, sous prétexte de harité, les sanglants gredins du gouvernement révoluionnaire eurent la fantaisie d'organiser un concert aux Tuileries. Ils firent demander à M. Edouard Thierry, ilors administrateur général, de leur prêter le concours le quelques-uns de ses pensionnaires. M. Thierry Mia M"^ Agar de se dévouer. Il s'agissait de sauver le héàtre. Elle accepta. Lorsqu'elle se trouva au milieu ie la foule ignoble qui envahissait le palais, son courage fut mis à une rude épreuve : on lui demanda de iire la Marseillaise. Elle refusa. Or, ce que l'on ne sait pas, ce que le public n'a jamais su, je crois, c'est que — peu de jours après ce refus — M"^ Agar, suspecte, dénoncée à la préfecture de police par des lettres anonymes, fut emprisonnée et qu'elle n'a dû la vie qu'au dévouement d'un gardien qui laissa son cachot ouvert le jour de l'entrée des troupes à Paris.
M"® Agar a eu l'abnégation, ce soir, de porter des cheveux blancs. Mais il lui a été moins facile d'atténuer l'éclat de ses yeux qui démentait peut-être un peu l'âge qu'elle voulait paraître.
Les décors des Fourchambaiilt n'auront pas d'histoire. Ils sont ce qu'ils doivent être pour une comédie dont l'action ne se passe que dans des intérieurs bour-
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geois : d'un agencement parfait, mais d'une grande simplicité.
Cependant, M. Perrin trouve toujours un prétexte ingénieux pour donner carrière à ses goûts d'artiste Cette fois, ne pouvant rien offrir aux yeux dans ses décors mêmes, il a du moins profité des fenêtres poui faire exécuter de très-jolies toiles de fond qui nom montrent le Havre de près, de loin et sous toutes les faces. Par ces fenêtres on a successivement une vue du Havre à vol d'oiseau, prise de la côte d'Ingouville, un aspect du petit bassin et un autre du grand, pris d'un hôtel du Havre, avec sa forêt de mâts et son large quai formant la place du théâtre.
Tous les Havrais du Havre viendront voir cela.
Dans les coulisses, chacun était rayonnant. M. Delaunay, qui a décidément la bonne fortune d'être toujours semainier dans ces grandes occasions, questionnait avidement tous les visiteurs des entr'actes sur les impressions de la salle. M. Augier, qui a passé sa soirée dans le théâtre, se dérobait modestement et de son mieux aux comipliments que chacun s'empressait de lui apporter. Cependant il a dû, à la fin du spectacle, subir la douce violence de ses interprètes qui Font félicité chaleureusement, ce dont il les a remerciés en leur rendant la pareille avec une émotion éloquente.
On a remarqué que Got, littéralement acclamé au moment oîi il se présentait pour nommer l'auteur, en avait paru touché jusqu'aux larmes. Mais ce qu'on ne sait pas, c'est que, lié par une ancienne et constante amitié à l'éminent académicien, il était encore plus ému et plus heureux du triomphe de la pièce que de son grand succès personnel.
A ce sujet, signalons une innovation dans la façon de faire cette annonce. M. Got, qui a décidément la spécialité des innovations en pareil cas, s'est exprimé ainsi :
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a Messieurs, la pièce que la Comédie-Française
eu l'honneur de représenter devant vous est de \. Emile Augier. »
Il y a, dans cette nouvelle forme, une expression -ès-heureuse qui fait rejaillir sur les artistes, sociélires et pensionnaires sans exception, les honneurs de i soirée et les rend tous solidaires du succès.
Cette formule collective ne pouvait être mieux naugurée qu'à l'occasion d'une première qui restera une des plus belles de la Maison de Molière.
LA BRESILIENNE.
8 avril.
Lorsque M. Paul Meurice vint proposer aux direc- 3urs de la Porte-Saint-Martin de jouer, pour la première fois à Paris, le drame tiré des Misérables de ^ictor Hugo, ces messieurs, pleins de. confiance dans 3 nom rayonnant du grand poète, acceptèrent avec nthousiasme.
L'affaire fut conclue sans hésitation, et déjà IM. Ritt et Larochelle allaient remercier M. Meuice, lorsque ce dernier^ tirant de sa poche un volumineux rouleau de papier, tint à peu près ce langage :
^— Attendez. Je ne veux pas seulement vous procurer une bonne affaire, je vous en apporte deux. Outre 2s Misérables pour la Porte-Saint-Martin, voici un rame inédit pour l'Ambigu.
— Comment, s'écrièrent avec joie MM. Ritt et Laochelle, Victor Hugo a consenti à écrire un drame nédit pour la scène de l'Ambigu ! Mais c'est la forune !
— La pièce n'est pas de Victor Hugo.
— Ah ! et quel en est l'auteur ?
— Moi, fit modestement M. Meurice.
Les directeurs de la Porte-Saint-Martin devinren horriblement pâles, mais trop polis pour laisser voi leur désillusion, ils prirent en tremblant le manuscri que leur tendait M. Paul Meurice.
Et voilà à peu près comment la Brésilienne fi reçue et mise en répétition à l'Ambigu.
Les répétitions du nouveau drame ont été lentes ( pénibles.
De tous les auteurs dramatiques, M. Paul Meuric est assurément celui qui abuse le plus des béquets. (O entend par ce mot les changements, les amplihcatior qu'un auteur faità son manuscrit.)
Plus les répétitions avançaient, plus le nombre d( béquets se multipliait. Chaque jour, au début de J répétition, M. Meurice distribuait des béquets; deux heures, nouveaux béquets; à quatre heure autres béquets.
Les artistes l'appelaient Paul Béquet, le citoyen B quet, l'Homme-Béquet.
Ces malheureux ne savaient plus où donner de tête. M"« Fargueil, M"« Lody, M. Villeray, M. Gl< ment Just, à force de voir modifier ou amplifier leu rôles, finissaient par ne plus s'y reconnaître du tou Dès que M. Meurice apparaissait, tous se mettaiei à trembler, redoutant une nouvelle distribution.
Le souffleur de l'Ambigu a failli en faire une mal die. Hier soir encore, les directeurs de la Porte-Sain Martin ignoraient si la Brésilienne pourrait passt aujourd'hui. En effet, à cinq heures du soir, M. Mei rice les avait menacés d'un nouvel envoi de béque qui fort heureusement n'est pas arrivé.
Il faut rendre cette justice aux directeurs de l'An bigu, c'est qu'ils ont fait ce qu'ils onj pu pour assur» à « l'œuvre » de M. Paul Meurice un sort brillan
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S ont engagé tout exprès MM. Villeray et Clément
î, M"^ Fargueil, qui a déjà remporté à l'Ambigu
accès dont on se souvient encore, et la mignonne
Lody, pensionnaire de l'Odéon, à laquelle Bal-
10 fait des loisirs.
M"° Fargueil, pour faire honneur à son rôle, s'est
vrée à une grande dépense de toilettes. Ses robes de
nrées et de fêtes nocturnes ont dû lui coûter un bon
rix. Il me semble seulement que la célèbre artiste
v.ise un peu des robes à queue. Le public des hautes
nis de l'Ambigu n'a pu s'empêcher de manifester
.. étonnement toutes les fois que, par un de ces
louvements tournants dont elle a le secret, M"*' Far-
ucil faisait décrire un demi-cercle à sa traîne. Je suis
ersuadé que, dans toute la pièce, c'est là surtout ce
ui a frappé les spectateurs des galeries supérieures.
M. Deshayes a eu un joli succès d^entrée. Personne
le l'a reconnu. Il lui a suffi pour se transformer tota-
ement de se mettre une paire de favoris blonds du
aeilleur effet. Grâce à ces favoris, M. Deshayes — qui
oue le rôle d'un jeune docteur célèbre — avait bien
éellement l'air d'un médecin. C'était à lui demander
me consultation!
M. Victor Hugo assistait à la représentation — dans me loge de face.
Comme il a dû souffrir!
ALMA UINCANTATRICE.
9 avril.
M. Escudier est dans une bonne voie. Il a compris que le répertoire du Théâtre-Italien, si riche qu'il tût, commençait à s'user un peu, et que les habitués
les 'plus résignés s'en lassaient à la fin. Aussi, apn nous avoir donné dans le courant de la saison u opéra inédit d'un compositeur non moins inédit, ail offert, aux dilettanti parisiens, quelque chose ci . plus corsé encore : un ouvrage entièrement nouvea de l'auteur de Martha.
La partition nouvelle a son histoire : histoire asse piquante, ma foi.
Le directeur des Italiens avait eu l'idée de demar der à M. de Flotow un opéra pour l'Albani. M. d Flotow avait promis. Il s'était mis à Pœuvre. Quan il vint à Paris, il y a deux ou trois mois, il remit M. Escudier un ouvrage de M. Lauzières de Thé mines, le savant critique musical de la Patrie, u opéra en trois actes-et quatre tableaux. Les trois prc miers actes étaient complètement terminés, le qua trième tableau seul manquait.
— Eh quoi ! s'écria M. Escudier, je compte su vous, et vous me laissez dans l'embarras. Vous n'ave pas fini, vous avez encore tout un tableau à faire, ja mais nous ne serons prêts à temps !
— Mon Dieu! lui répondit M. de Flotow, qui res semble à M. Escudier comme le Groenland aux Trc piques, si vous avez peur d'un retard, je puis vous ol frir une autre partition, toute faite, celle-là. Le livre est de Saint-Georges ; le titre : Aima V Incantatrice.
— Un livret français! Vous n'y pensez pas! Est-c que nous aurons le temps de traduire?
Alors, M. Lauzières de Thémines, qui assistait la conversation, prit la parole et s'engagea formelle ment à adapter en peu de jours le texte de Saint Georges à la scène italienne.
Mais quand il commença son travail, il vit, no sans terreur, que ce texte était fort incomplet. Ainsi partout où il fallait deux couplets, Saint-Georges n'ei
ait fait qu'un seul. La mort ne lui avait pas laissé icmps d'achever sa besogne. Ce qui avait suffit au Lisicien était insuffisant pour l'exécution de l'œuvre. fallait donc non-seulement traduire, mais créer. . Lauzières se dit qu'un bon traducteur doit soufr et se taire « sans murmurer, » et — c^est le cas de dire — il mit les morceaux doubles.
Seulement — c'est ici que commence le côté amunt de l'histoire — quand l'opéra fut traduit, livré, , mis en répétition, M""' Sanz d'abord, M"*' Albani suite, s'en furent trouver l'auteur et lui demanrent de corser un peu leurs rôles.
— Je voudrais un boléro de plus? lui dit la Sanz.
— Bien, mon enfant.
— Si vous vouliez m'ajouter un air? lui dit l'Almi.
— Oui, mon enfant.
Puis ce fut le tour des changements. M. de Flow, avec une placidité sans pareille, consentit à tout
que ses interprètes semblaient désirer. Enfin, un ;au jour, M. Escudier lui-même prit le compositeur part.
— Mon Dieu, lui dit-il, elle est charmante votre .rtition, et cependant... il y manque quelque chose.
— Quoi donc ?
— Un duo pour la soprano et le ténor... un duo amour. Un opéra italien sans duo d'amour, ce n'est us un opéra italien !
— Vous avez raison ! répondit de Flotow. Et il composa son duo d'amour.
Bref, il fit plus de musique pour cet opéra complément achevé qu'il ne lui en restait à faire pour le latrième tableau de l'opéra de M. de Lauzières. Malgré tout on est parvenu à donner la première • Aima à l'époque fixée, de façon à profiter des der-
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nières représentations de l'AIbani avant son déj^ pour Londres.
Il est vrai que, pour cela, M. de Flotow, pen.' toute la durée des répétitions, est arrivé au théàtu huit heures du matin, aidant lui-même à copier musique, collant des bandes sur les mesures qi « voulait supprimer, tellement à sa besogne qu'il se p 4 sait de manger. Son déjeuner se composait généra i ment de pain trempé dans du café noir. Les répe tions commençaient le matin et continuaient le s quand on ne jouait pas. Grâce à l'exemple du maëst tout le monde déployait un zèle extraordinaire. . mais études n'ont été menées plus rondement. Il f; ajouter, à la gloire de M. de Flotow, que jamais aussi ne vit, dans un théâtre, compositeur plus accomr dant, plus doux, plus bienveillant.
On me raconte qu'à l'une des dernières répétitio M. Escudier s'était montré mécontent de la façon d( un morceau avait été compris par les artistes.
— Je trouve que cela ne va pas! dit-il à M. de F tow.
— Moi aussi ! répondit celui-ci.
— Mais alors... pourquoi ne leur en faites- vous j l'observation ?
— Oh ! cela leur ferait tant de peine !
Les décors à' Aima sont jolis, gais, lumineux; costumes — ceux des artistes surtout — sont d'i richesse souvent exagérée.
Que M''" Sanz, la cabaretière de Lisbonne, ne montre, pour le plus grand plaisir des yeux, de rie étoffes coquettement relevées sur sa jambe fine, pa encore. J'ai connu des cabaretières qui avaient écus.
Mais M"" Albani, l'incantatrice, une bohémiei sans sou ni maille, une pauvresse qui court les grai
lemins, n'a-t-elle pas tort de porter des soies lamées or à quarante-huit francs le mètre? C'est affaire de mvention, me direz-vous. Soit. Mais la convention a s limites, et j'ai regretté, quant à moi, cet excès de ixe qui a trop laissé percer la cantatrice sous l'incan- :trice.